jeudi 20 octobre 2011

Georges Pompidou (mobile) fume


Nicolas Sarkozy lance jeudi, en Haute-Marne, le Centre Pompidou mobile qui exposera des œuvres majeures dans toute la France. 


C'est une expérience unique au monde, séduisante dans la forme comme dans le fond. À partir d'aujourd'hui, à Chaumont-sur-Marne, et pendant deux ans, quatorze œuvres majeures du Centre Pompidou vont voyager de ville en ville, hébergées dans une structure légère et sophistiquée, tenant du chapiteau. En 2010, pour le lancement du projet de Metz, le Centre Pompidou avait choisi une exposition, avec un thème limpide et fédérateur, sobrement baptisée Chefs-d'œuvre. Là encore, la simplicité a prévalu: car le fil directeur de ce qui est montré dans le Pompidou Mobile est la couleur. La structure elle-même est rouge et bleue, couleurs qui se voient de loin. L'entrée est rouge. Au toit, quelques tubes métalliques, qui «rappellent le bâtiment parisien conçu en 1972 par Renzo Piano et Richard Rogers», s'amuse Patrick Bouchain, l'architecte à qui l'on doit la structure.


À l'intérieur, les murs sont blancs. Mais le bleu de Picasso, l'orange d'Yves Klein, le jaune de Kupka, les cercles de Sonia Delaunay, l'illusion de Yaacov Agam ou la vache de Niki de Saint Phalle feront le reste. Ils forment un parcours subtil, d'œuvres connues, déjà vues, mais que l'on regardera autrement. «La couleur a inspiré les plus grands, mais elle est aussi une porte d'entrée pour les enfants», remarque Emma Lavigne, conservatrice au Centre Pompidou, en charge de cette première exposition.

Le thème, estime de son côté Alain Seban, le président du Centre, devrait parler à tous. Y compris à ceux qui ne mettent jamais les pieds dans un musée, que cela soit pour des raisons d'éloignement géographique ou culturel. C'est là un des fondements de ce projet: partir à la rencontre d'un public éloigné de l'art moderne et contemporain. Après tout, plus de la moitié des Français ne mettent jamais les pieds dans une exposition, faute de savoir ou de pouvoir.

Né en 2007, ce projet de «démocratisation culturelle» a rapidement suscité l'intérêt, mais a pris du temps pour se mettre sur pied. «Beaucoup ont craint pour la sécurité des œuvres, rappelle Alain Seban, et puis, il a fallu trouver des financements.» Les œuvres seront dûment gardées, exposées dans une «cimaise-caisson», sorte de coffre-fort vitré. Des caméras surveilleront le public. Voilà pour les objectifs sécuritaires. Quant à l'argent pour la structure, il a été trouvé du côté du ministère de la Culture, et d'une série de mécènes (GDF-Suez, la Fondation Total, la Parisienne, le groupe Galeries Lafayette).

Les villes, quant à elles, paieront 200.000 euros pour trois mois de présence. Le Pompidou mobile sera ouvert six jours sur sept, et une médiation est prévue. Le principe de la gratuité totale a été décidé, afin de toucher le plus grand nombre, notamment les scolaires qui formeront le gros des troupes des visiteurs. Est-ce cela qui a séduit le président de la République ? En tout cas ce dernier a annoncé sa venue, aujourd'hui, auprès du maire Luc Chatel, et indiqué qu'il visiterait le lieu.

Après Chaumont, d'autres villes, comme Cambrai, Boulogne-sur-Mer, Le Havre, Nantes et Libourne, puis Aubagne, auront les honneurs de ce Beaubourg léger. «Tous les créneaux de visites sont déjà occupés», se rejouit Emma Lavigne.

Claire Bommelaer
Le Figaro




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