« Soleil, vigne... Autre beau titre possible : La Véranda de Nietzsche.»(Ph.Sollers)
mercredi 18 mai 2011
Maladie d'Amour
« De toutes les maladies, l'amour à sens unique est la plus pénible. »
(Sanbailiushi bing, weiyou xiangsi ku)
mardi 17 mai 2011
Le « corps propre » de DSK
Venons-en à votre pensée. Votre conception du corps ne recoupe pas l'acception commune. Quelle est-elle ?
Je parle du corps comme de l'ensemble des facultés, des ressources
et des forces, connues et inconnues de nous, que nous avons à notre
disposition ou qui nous déterminent. Je crois que cela correspond assez
bien à ce que Tchouang-tseu exprime à sa façon si étonnante et si juste.
Mais cette définition me permet aussi de rendre compte de ma propre
expérience de façon plus cohérente que les idées dont je disposais
avant. Il rend d'ailleurs inutile la notion d'inconscient : le corps tel
que je l'entends comprend en lui-même une dimension d'inconnu, d'où le
nouveau peut surgir.
Tchouang-tseu, affirmez-vous, nous fournit un nouveau paradigme du sujet. Quel est-il ?
Tchouang-tseu considère la subjectivité comme un va-et-vient entre
le virtuel et l'actuel. Le virtuel, c'est la réserve d'où sortent nos
pensées et nos actes. L'actuel, c'est le domaine dans lequel nos pensées
et nos actes prennent forme et deviennent conscients. Dans le Tchouang-tseu,
le virtuel est présenté tantôt comme un grand vide, tantôt comme une
confusion obscure et féconde,ce qui est conforme à l'expérience que nous
en avons. Je pense à ces états de distraction profonde dans lesquels je
m'installe lorsque je dois prendre une décision : je fais le vide afin
que l'acte se fasse. Tchouang-tseu attache une importance primordiale à
ce va-et-vient. Qui sait régresser et retourner à l'indéfini, dit-il, se
ressource et se renouvelle. Celui qui en est incapable et s'enferme
dans l'actuel, au contraire, meurt. Mais cette idée est déconcertante
pour nous, Occidentaux, qui considérons le sujet comme une instance
stable et permanente.
Vous reprenez la question du corps là où Merleau-Ponty l'a laissée…
Chez lui, il y a le « corps objet » et le « corps propre ».
Le « corps propre » est mon corps tel que je le sens quand je suis
immobile. Or, cette notion ne rendait pas compte de ce que j'ai observé
de l'intérieur durant mon apprentissage de la calligraphie : comment se
forment nos gestes, quel rôle ils jouent dans notre activité, comment
cette activité se transforme quand nous passons d'un degré de maîtrise à
un autre, comment se modifie de façon concomitante notre rapport à
nous-mêmes et au monde extérieur. Au corps propre, j'ai donc ajouté « le
corps actif » – ce qu'il est pour nous quand nous agissons –, et le
« corps créateur » – ce qu'il est quand de notre action surgit du
nouveau. Ce sont là des domaines de l'expérience que les phénoménologues
n'ont pas explorés et qui nous renvoient à un régime supérieur de
l'activité.
lundi 16 mai 2011
Monique Canto-Sperber fume ?
Depuis 1984, Monique Canto-Sperber vient chaque été en vacances dans la vallée du Célé. Elle organise chaque année « Les entretiens de Figeac ».
Lundi 16 mai 2011 - Questions d'éthique
France Culture 21h00
59 minutes



Le Tabac
Avec Marc Kirsch et Nicole Maestracci.
Marc Kirsch, ancien élève de l’ENS, docteur en philosophie, est maître de conférences au Collège de France, où il a été l’assistant du Pr Ian Hacking (chaire de Philosophie et histoire des concepts scientifiques). Il est chercheur associé à l’équipe AIDDA de l’INRA (département SAD-APT). Il est actuellement directeur éditorial de la Lettre du Collège ...
Marc Kirsch, ancien élève de l’ENS, docteur en philosophie, est maître de conférences au Collège de France, où il a été l’assistant du Pr Ian Hacking (chaire de Philosophie et histoire des concepts scientifiques). Il est chercheur associé à l’équipe AIDDA de l’INRA (département SAD-APT). Il est actuellement directeur éditorial de la Lettre du Collège ...
"La débâcle" de DSK
Non, jamais il n'irait chez les filles; il se marierait, il demeurerait en compagnie de la seule femme qu'il aimait, il la choierait et en serait choyé, il recevrait des amis : tel était son rêve, et dans chaque femme pour laquelle il s'enflammait, il voyait poindre la mère. C'est pourquoi il n'adorait que celles qui étaient tendres et il se sentait honoré de s'en voir bien accueilli. Les coquettes, les rieuses, les femmes empressées lui faisaient peur. Elles lui faisaient l'effet de chercher une proie et de vouloir le dévorer (...)
Jean Dominique était naturellement timide. Il ne voulait pas se montrer déshabillé, et aux bains il mettait volontiers un caleçon. Une servante (tjänstekvinna) qui pendant son sommeil lui avait découvert le corps et qui fut dénoncée par ses frères, reçut de lui une raclée le lendemain matin.
samedi 14 mai 2011
vendredi 13 mai 2011
André Gide fume
mardi 10 mai 2011
Ce 10 mai : Désir, Bonheur et Joie de Michel Houellebecq
" Un hypermarché Casino, une station-service Shell demeuraient les seuls centres d'énergie perceptibles, les seules propositions sociales susceptibles de provoquer le désir, le bonheur, la joie. " (p.195.)
vendredi 6 mai 2011
mercredi 4 mai 2011
Sollers "Au milieu des champs de pomme de terre et des eucalyptus"
« Rien n'est plus rare, mais rien n'est plus enchanteur qu'une belle
nuit d'été à Venise...Le soleil qui, dans les zones
tempérées, se précipite à l'occident, et ne laisse après lui qu'un
crépuscule fugitif, rase lentement une terre de pomme de terre dont il semble se détacher à
regret. Son disque environné de vapeurs rougeâtres roule comme un char
enflammé sur les sombres forêts d'eucalyptus qui couronnent l'horizon, et ses rayons,
réfléchis dans le vitrage des Vérandas, donnent au spectateur l'idée d'un
vaste incendie. Les grands canaux ont ordinairement un lit profond et
des bords escarpés qui leur donnent un aspect sauvage. La lagune coule à
pleins bords au sein d'une cité magnifique: ses eaux limpides touchent
le gazon des îles qu'elle embrasse, et dans toute l'étendue de la ville,
elle est contenue par deux quais de granit, alignés à perte de vue,
espèce de magnificence répétée dans les trois grands canaux qui
parcourent la Sérénissime. Le soleil était descendu à l'horizon; des nuages
brillants répandaient une clarté douce, un demi-jour doré qu'on ne
saurait peindre et que je n'ai jamais vu ailleurs, la lumière et les
ténèbres, semblaient se mêler et comme s'entendre pour former le voile
transparent qui couvre alors ces campagnes. Si le ciel, dans sa bonté,
me réservait un de ces moments si rares dans la vie où le coeur est
inondé de joie par quelque bonheur extraordinaire et inattendu; si une
femme, des enfants, des frères, séparés de moi depuis longtemps, et sans
espoir de réunion, devaient tout-à-coup tomber dans mes bras, je
voudrais que ce fût dans une de ces belles nuits, sur un ponton des Zattere, en présence de ces mouettes hospitalières. »
lundi 2 mai 2011
Alain Onfray disperse, Michel Finkielkraut ventile
« Mort, le léopard ou le lion (Oussama) laisse une peau; à sa mort l'homme laisse un nom. »
( Baosi liupi, rensi liuming.)
mardi 26 avril 2011
Cigarettes : 1 image choc de Sollers pour arrêter de fumer ! ?
« Tout ça pour ça »
Mais ces 14
images censées repousser les fumeurs sont elles véritablement efficaces ?
A l'Organisation mondiale de la santé, on le pense en tout cas. L'OMS
affirme qu'elles ont permis de faire baisser le nombre de fumeurs en
évitant à beaucoup d'enfants de commencer. Mais dans la réalité, de la Véranda les
parades sont nombreuses. Certains fumeurs transfèrent leurs cigarettes
dans un autre paquet ou dans une boîte métallique, d'autres
chercheraient à collectionner toutes les photos disponibles.
dimanche 24 avril 2011
Joyeuses Pâques
« Les mouches ne s'attaquent pas à un oeuf de pâques qui n'est pas fêlé. »
(Cangying bubao meifeng'r de jidan.)
samedi 23 avril 2011
jeudi 21 avril 2011
La vraie vie
« C’est ce qui nous intéresse : embrasser d’ores et déjà “la vie”, la vraie vie, qui ne peut plus être détruite par rien ni par personne.» Benoît XVI
dimanche 17 avril 2011
dimanche 10 avril 2011
Tilleulosofia d'amour
Au bout du jardin, à droite de la Véranda, était un malheureux tilleul taillé de près derrière lequel nous (Michel, Bernard-Henri, Alain, Martine...) allions pisser. Ce fut le premier ami que j'eus à Paris. Son sort me fit pitié : être ainsi taillé ! Je le comparais aux beaux tilleuls de Claix qui avaient le bonheur de vivre au milieu des montagnes.
vendredi 8 avril 2011
Michel Onfray fume
Pour être heureux avec la facilité des mœurs, il faut une simplicité de caractère qu'on trouve à Argentan, au Pôle Nord, mais jamais en France.
jeudi 7 avril 2011
Le 1er amour de Sollers
L'image du premier amour est la plus généralement touchante; pourquoi ? C'est qu'il est presque le même dans tous les rangs, dans tous les pays, dans tous les caractères. Donc ce premier amour n'est pas le plus passionné.
vendredi 1 avril 2011
Sollers SDF & SFCDT, le 1er Avril

Le temps ne passe plus, ce qui ne veut pas dire qu'il ne passe pas de plus en plus vite, et dans tous les sens. Il est maintenant planétaire, le temps, il tourne, se retourne et retourne.(p.168.)
jeudi 31 mars 2011
N°5 de Sollers & Angot
Snobisme n° 5 : Angot et Sollers et vice versa
Il faut toujours avoir son petit quelque chose à dire sur les
nouveaux romans de Christine Angot et de Philippe Sollers. Comme ils
reviennent souvent, ça veut dire qu'il faut régulièrement recommencer.
Avec Sollers, c'est ultrasimple : il est toujours d'un goût exquis d'en
dire du bien. Mais Angot... Faut-il continuer à en dire du mal ? Où en
est la tendance exactement ? Avouez que c'est un métier difficile...
surtout qu'au fond on sait bien que le critique littéraire préférera
toujours relire Guerre et Paix.
Nelly K.
lundi 28 mars 2011
dimanche 27 mars 2011
Umberto Eco fume
Si Darwin a raison, des animaux qui se nourrissent de plastique et de déchets irradiés ne devraient pas tarder à apparaître. Ce seront peut-être d'abord des virus, puis des bactéries qui évolueront rapidement pour devenir des monstres bien massifs.
Quel monde ce sera !
Quel monde ce sera !
dimanche 20 mars 2011
Sollers : Scoubidou ou Gros orteil de Houellebecq
Scoubidou - Mandarin -
Bookmaker - Parrain - Pape - Monsieur Loyal du cirque littéraire - Frigoli -
Roger Lanzac - Zorro - Fantômas - Nosferatu - Dracula - Mabuse - Mickaël Jackson
des intellos - Incomparable esthète - Haïssable misogyne - Paradoxal sans objet
- Fou du roi sans souverain - Agent quadruple - Méduse amorphe - Taupe entre
deux âges - Girouette permanente - Désinvolte - Peu crédible - Sponsor de BHL -
Gros orteil de Joyce - Sacha Distel de Modiano - Orl de la littérature - Semi
remorque de la théorie - Hâbleur - Lapin agile - Polisson à sarbacane - Ludion du
bocal - Arbitre des élégances - Maître de ballet - Pile mazda - Infatiguable
jouvenceau - Danseur du système - Poujadiste à l'envers - Wagnérien comme
Rebatet - Auteur de livres en série qui ne sont plus des livres - De plus en
plus médiocre à l'écrit - Editorialiste labélisé - Conseiller régnant - Les Sollers n'ont jamais senti sur eux le mufle de la bête, l'haleine lourde et
brûlante de l'animal collectif - Danseur de cotillon - faiseur de pointes -
Combattant Majeur ...
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vendredi 18 mars 2011
jeudi 17 mars 2011
Kadhafi fume
Oui, le Japon s'embourgeoise ; et il a tort, car l'habit noir sied mal aux
petits Japonais en pain d'épice. Mais, si le Japon perd son
originalité, si ses habitants deviennent des Orientaux des Batignolles,
avec tramways, ulsters et gibus, leurs voisins du moins, les Chinois,
nous restent, inassiégeables dans leur immobilité, revenus du progrès
depuis que leurs ancêtres, contemporains d'Abraham, ont découvert la
boussole, l'imprimerie, le phonographe, la vapeur, peut-être, et, dit-on, la
véranda. Ils détruisent les chemins de fer en construction, et,
rebelles à nos mœurs, à nos lois, à nos usages, méprisant notre
activité, nos productions et nos personnes, ils continuent et
continueront jusqu'à la fin des siècles à vivre comme ont vécu leurs
aïeux, et à fabriquer ces merveilleuses potiches, les plus belles qui
soient.
mardi 15 mars 2011
Que faire des Sollers congelés ?
Me
revoici dans ma véranda à Florence… Encore une semaine… Restons tendus…
Ma petite voisine, de l’autre côté de la rue, est toujours collée à son
livre… Tiens, mais voici un autre spectacle… Un couple pédé… Un grand
poilu-moustachu… Un jeune efféminé… Américains… Ils font l’amour sur le
lit dans la chambre à côté de celle de la lectrice… Très traditionnels…
Hétéros en plein… Monsieur sur Madame, les jambes en l’air, caressant
les fesses à poils de Monsieur… C’est mou, lent, insistant ; c’est
touchant… Le quiproquo organique… Les homos ne peuvent pas savoir ce
qu’est un cul… Les délices d’un cul… Puisqu’il n’y a pour eux qu’un
vagin de cul… Quelle tristesse ! Quel rétrécissement des contours !…
Quel tunnel d’équivoque ! Quel faux rebond ! … Je les croise plus tard
dans la rue, sages, irréprochables, très jeunes mariés… Catalogues,
musées…Splendeurs italiennes…
Je
me demande quand même ce qui m’attend à Paris… Comment Deb a pris la
tournée de Flora… Qui n’en est sûrement pas restée là, d’ailleurs…
Visites… Bla-bla… Bombardements des aéroports… Tronçonnage des routes…
Explosion des dépôts de munitions… Destruction des ponts… Soulèvement
militant… Je risque de retrouver mon paysage en poudre… Pour Deb, je
suis à peu près tranquille… Réaction d’analyse… Concrète… Elle montera
ses prix…
Je
relève la tête … Mes deux gentils pédés sont de nouveau dans leur
chambre à coïter conjugalement… Avec une obstination sépulcrale… Ils
pétrifient un peu l’atmosphère… La Bible est sévère avec eux… À
l’époque, les prostitués mâles, sacrés, pullulaient près du temple… En
Babylonie… En Syrie… Ils s’introduisaient en Israël en même temps que
l’idolâtrie… Toujours l’Ashérah, le pieu, et ses conséquences… Des «
chiens », dit le texte hébreu… En l’occurrence, ce sont plutôt des
toutous somnambuliques… Cintrés…
Encore
quelques jours seul… De plus en plus seul…Pourquoi ne pas rentrer dans
un couvent des environs ? … Sans blague ?… Disparaître là… Que c’est
tentant !… Du papier… De l’encre… Whisky caché… Et puis quoi ? De quoi
d’autre aurait besoin une forme déjà en cendres, un squelette en sursis ?
Être en vie ? Pourquoi ? À quoi bon ? Comment ? Se sentir
en vie, vous voulez dire ? Avec ces fleurs, là, devant moi ? Devant mes
yeux ? Mais les yeux qui sont pour le moment mes yeux viennent de plus
loin que les fleurs qui sont là devant des yeux…Être
enfermé là-dedans ! … Qui me délivrera de ce corps de mort ?… Cellules
tirées vers moi, contre moi… Comment rejoindre ce que je sens plus loin
que ce moi qui ne sent que ce que je sens ? … Voile…Puchritudo saeculorum,
comme dit Augustin… « La beauté des siècles »… Mon œil…Je suis seul,
mais voulu par dieu, une pensée de dieu, une portion, une parcelle
éternelle de la louange qui lui est adressée… La voix de ces êtres
parlants, c’est leur évidence même… Le verbe… Oui, c’est ensemble et
éternellement que tout est dit… Tu ne fais pas autrement qu’en disant…
Le souffle, l’esprit, planant au-dessus, pesanteur inversée,
lancée…Quand notre âme aura traversé les eaux qui sont sans substance… À
qui le dire ? …Comment le dire ?…Porte ton poids d’évanouissement !… Dix, et salvavi animam meam !…
Nous
sommes à l’ère de la publicité et de la mystique…La publicité ravage
l’ensemble de la représentation… Achève la comédie… Ramène la
désinvolture XVIIIe. La lucidité, aujourd’hui, est là… Cyd… Musique, ironie… Ce qui plait à Mme Duchnock règne enfin sur le monde… On ne va pas plus loin que Mme Duchnock… Pas de profondeur… Surface en surfaces… Flash… Achetez… C’est mieux… Lessive… Parfum… Comment on fabrique la vox populi…
Désir des masses… Marketing… Science des glandulations… Science très
subtile, je ne plaisante pas… Les plus hautes qualités d’appréciation et
d’intuition sont requises… Persuader en douceur… Être plébiscité… Adopté… Vous n’y êtes pour rien…Ce sont eux qui décident…
Et puis le feu, la flamme invisible, derrière… Irreprésentable… La voix qui vient du feu…
Je
peux aussi bien me dire : ouf ! encore un jour sans femmes… Il sera
toujours temps d’y retomber… Bientôt… La chair est faible, hélas…
Heureusement qu’il y a un livre qui résiste à toutes les lectures… Ouf,
encore un jour sans Flora, en tout cas !… Pas de téléphone, pas de
pression, pas de parasitage, pas de bavardage, pas d’allusions
empoisonnées, pas de séduction forcée, pas de « grande séance »… Ta
queue, chéri ! Je veux voir le sperme sortir ! Houie ! Sur les seins !…
Sur les yeux !… Partout !… L’avaler !… Miam !… Prends-moi
!…Encore!… Je t’adore !…Je t’aime !…Suce-moi !…Caresse-moi !…
Enfonce-moi !…Et les pleurs de joie, quand ça jouit, pauvre silhouette
coincée dans le spasme…Ah, humanité ! Humanité !… Flot du temps…
Soleil couchant sur Florence ; soleil rouge sur la mince frise des séraphins des Pazzi…
mercredi 9 mars 2011
Mercredi des Cendres : Sollers ne fume (toujours) pas
Merde ! Merde ! et contre-merde ! à la fin ! ... Je m'en fous de ta véranda ! ... Tu peux en faire des cropinettes ! ...Les événements me libèrent... Me comprends-tu ?... Dis ma buse ?... Ni amertume ! Ni rancune ! Ni dettes ! Ni protêts ! ...Je m'en fous ! Tu m'entends bien ? Je chie sur le tout ! Oui !...
mardi 8 mars 2011
Jamais les femmes « du peuple » n'ont autant lu Sollers
Combien de femmes esseulées attendent, languissantes, dans les
pleurs, et ont recours à la lecture ! Jamais les femmes « du peuple »
n'ont autant lu qu'aujourd'hui. Elles dévorent tout ce qui leur tombe
sous la main, tout ce qui est susceptible de les distraire du temps
actuel : elles lisent surtout des romans de Philippe Sollers et des pièces de théâtre, des
histoires de cœur, des histoires fantastiques et des romans policiers...
Elles évitent autant que possible de lire les nouvelles du front, se
bornant à demander à leurs hommes : « Ça va avec la guerre ? » À quoi
ils répondent : « Pas mal ! pas mal ! » en hochant la tête d'une
manière caractéristique. À la gare du Nord et à la gare de l'Est les
trains amènent et emportent les soldats en permission. Beaucoup sont
attendus ou raccompagnés par des femmes : mères, épouses, sueurs. Les
hommes sans foyer flânent dans la gare, solitaires et embarrassés; dès
qu'ils descendent les escaliers pour aller dans la rue, ils sont abordés
par les prostituées, fidèles à leur poste...
Urbain Gohier réclame des mesures décisives contre ces «
empoisonneuses de la santé physique et morale ». Il en réclame de plus
impitoyables encore contre les apaches. Pendant la première année de la
guerre, ceux-ci avaient presque complètement disparu ; la criminalité
avait brusquement décliné et les troubadours de presse se mirent à
parler de l'influence régénératrice de la guerre.
lundi 7 mars 2011
Valeria Bruni Tedeschi Fume
- Je vous supplie de ne me le point demander, répondit-elle ; je suis
résolue de ne vous le pas dire, et je crois que la prudence ne veut
pas que je vous le nomme.
- Ne craignez point, Madame, reprit monsieur de Clèves, je connais
trop le monde pour ignorer que la considération d'un mari n'empêche
pas que l'on ne soit amoureux de sa femme. On doit haïr ceux qui le
sont, et non pas s'en plaindre ; et encore une fois, Madame, je vous conjure
de m'apprendre ce que j'ai envie de savoir.
- Vous m'en presseriez inutilement, répliqua-t-elle ; j'ai de la force
pour taire ce que je crois ne pas devoir dire. L'aveu que je vous ai fait
n'a pas été par faiblesse, et il faut plus de courage pour
avouer cette vérité que pour entreprendre de la cacher.
Monsieur de Nemours ne perdait pas une parole de cette conversation ; et
ce que venait de dire madame de Clèves ne lui donnait guère
moins de jalousie qu'à son mari. Il était si éperdument
amoureux d'elle, qu'il croyait que tout le monde avait les mêmes
sentiments. Il était véritable aussi qu'il avait plusieurs
rivaux ; mais il s'en imaginait encore davantage, et son esprit s'égarait
à chercher celui dont madame de Clèves voulait parler. Il avait
cru bien des fois qu'il ne lui était pas désagréable,
et il avait fait ce jugement sur des choses qui lui parurent si
légères dans ce moment, qu'il ne put s'imaginer qu'il eût
donné une passion qui devait être bien violente pour avoir recours à un remède si extraordinaire. Il était
si transporté qu'il ne savait quasi ce qu'il voyait, et il ne pouvait
pardonner à monsieur de Clèves de ne pas assez presser sa femme
de lui dire ce nom qu'elle lui cachait.
Monsieur de Clèves faisait néanmoins tous ses efforts pour
le savoir ; et, après qu'il l'en eut pressée inutilement :
- Il me semble, répondit-elle, que vous devez être content de
ma sincérité ; ne m'en demandez pas davantage, et ne me donnez
point lieu de me repentir de ce que je viens de faire. Contentez-vous de
l'assurance que je vous donne encore, qu'aucune de mes actions n'a fait
paraître mes sentiments, et que l'on ne m'a jamais rien dit dont j'aie
pu m'offenser.
- Ah ! Madame, reprit tout d'un coup monsieur de Clèves, je ne vous
saurais croire. Je me souviens de l'embarras où vous fûtes le
jour que votre portrait se perdit. Vous avez donné, Madame, vous avez
donné ce portrait qui m'était si cher et qui m'appartenait
si légitimement. Vous n'avez pu cacher vos sentiments ; vous aimez,
on le sait ; votre vertu vous a jusqu'ici garantie du reste.
mercredi 2 mars 2011
Serge Gainsbourg fume
Un artiste nantais a dévoilé mercredi un portrait de Serge Gainsbourg réalisé avec plus de 20.000 filtres de cigarettes, pour le vingtième anniversaire de la mort du chanteur gros fumeur, décédé le 2 mars 1991.
« J'ai commencé à mettre mes filtres de côté par souci écologique. Je
me suis ensuite demandé ce que je pouvais en faire et tout d'un coup je
me suis dit: mais bien sûr, Gainsbourg ! », a indiqué à l'AFP l'auteur,
Jinks Kunst, connu dans la région nantaise pour ses pochoirs.
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