« Quoique en général Bernard-Henri n’estime pas les hommes (ni les femmes),
il ne leur montrera point de mépris, parce qu’il les plaint et s’attendrit
sur eux. Ne pouvant leur donner le goût des biens réels, il, leur laisse les
biens de l’opinion dont ils se contentent, de peur que, les leur ôtant à pure
perte, il ne les rendît plus malheureux qu’auparavant. Il n’est donc point
disputeur ni contredisant ; il n’est pas non plus complaisant et flatteur ; il
dit son avis sans combattre celui de personne, parce qu’il aime la liberté
par-dessus toute chose, et que franchise en est un des plus beaux droits. »
« Soleil, vigne... Autre beau titre possible : La Véranda de Nietzsche.»(Ph.Sollers)
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dimanche 28 juin 2020
jeudi 16 avril 2020
dimanche 16 septembre 2018
mercredi 4 juillet 2007
Alexis Philonenko fume
Sans l’échec de la liberté chez Kant qui le conduit à dire après Luther que l’homme est courbe, versus in amorem sui, une opposition frappante pourrait être dégagée entre le « système » de Rousseau et la philosophie transcendantale.
Chez Rousseau, en effet, droit à l’État de nature, l’homme ne cesse de se courber dans la société, tandis qu’il suit l’immonde sentier qui mène de l’être au paraître, et finit par ne plus exister que dans son masque.
Chez Kant, en revanche, comme le suggère l’image de la forêt, que nous avons analysée, l’homme originairement égoïste, semblable à un bois courbe se redresse dans la société, en fonction de l’affrontement des égoïsmes. Il y a donc chez Kant une rectification des courbures.
Dans le système de Rousseau, la solution du problème de la courbure toujours plus accentuée, consiste dans une Révolution qu’il est « blâmable de désirer et impossible de prévoir ».
L’achèvement du redressement, selon Kant, serait un effet de grâce, qui par une Réforme fondamentale des cœurs permettrait d’abolir l’ultime courbure de l’homme, incapable par lui-même de s’élever à une société parfaite.
On va donc chez Rousseau du droit au courbe et du courbe à la Révolution politique immanente (en supposant qu’elle se produise et que ses effets soient bénéfiques).
On va donc chez Kant du courbe au droit approximatif et de celui-ci à la Grâce, Révolution transcendante, qu’on ne peut prévoir, mais qu’on doit désirer de toutes ses forces, parce qu’il n’y a pas à se poser la question de savoir si ses effets seront ou non bénéfiques.
On voit par cette remarque, si simple, combien les systèmes de Rousseau et de Kant (en dépit des emprunts que ce dernier a pu faire à l’autre) sont opposés et franchement contradictoires sur ce point.
L’achèvement du redressement, selon Kant, serait un effet de grâce, qui par une Réforme fondamentale des cœurs permettrait d’abolir l’ultime courbure de l’homme, incapable par lui-même de s’élever à une société parfaite.
On va donc chez Rousseau du droit au courbe et du courbe à la Révolution politique immanente (en supposant qu’elle se produise et que ses effets soient bénéfiques).
On va donc chez Kant du courbe au droit approximatif et de celui-ci à la Grâce, Révolution transcendante, qu’on ne peut prévoir, mais qu’on doit désirer de toutes ses forces, parce qu’il n’y a pas à se poser la question de savoir si ses effets seront ou non bénéfiques.
On voit par cette remarque, si simple, combien les systèmes de Rousseau et de Kant (en dépit des emprunts que ce dernier a pu faire à l’autre) sont opposés et franchement contradictoires sur ce point.
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