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mercredi 13 janvier 2010

« Des horreurs à la BNF »


Je m’étonne cependant que l’on n’ait pas pensé à Guy Debord. Cette idée m’est venue en retrouvant un exemplaire de sa Correspondance (Fayard), « farci » de coupures de presse. J’avais découpé dans un numéro de Madame Figaro une chronique de Stéphane Bern, « Des honneurs à la BNF », consacrée au grand dîner qui «a permis aux mécènes de se réunir pour racheter les archives de l’auteur de la Société du spectacle».

L’épouse de Debord, Alice, souriait sur une photographie, aux côtés d’Antoine Gallimard, avec d’autres présents, comme Pierre Bergé, Christine Albanel, Philippe Sollers ou le prince de Broglie. Voilà un comité facile à mobiliser pour l’entrée des cendres de G.D. dans la temple véranda des hommes illustres…


L’épouse de Debord

mardi 1 décembre 2009

L'embaumeur Sollers

... Darrieussecq, Sollers, Roubaud, Queffélec, Garréta...

« Noguez est si attachant que je ne lui connais pas d'ennemis », jure Emmanuel Pierrat. Pas de défauts non plus ? « Un seul, il fréquente trop Sollers », plaisante Dominique Gaultier. Enfin, ces temps-ci, beaucoup moins. Amour noir était paru dans la collection de Sollers, L'infini, chez Gallimard. Sept ans après (Noguez n'ayant pas publié d'autre roman entre-temps), L'embaumeur lui était aussi destiné. Mais le manuscrit est revenu à l'auteur, avec une lettre signée de l'éditeur Antoine Gallimard, annonçant qu'il renonçait à publier l'ouvrage, mais qu'il resterait «attentif à tout manuscrit que vous voudriez me soumettre».

Noguez répugne à parler de cette histoire mais on sent bien qu'il est blessé - et on le comprend. «Honnêtement, je ne m'attendais pas à ça. C'est le genre de formule qu'on réserve aux débutants, non ?» L'ami Sorin a récupéré le manuscrit pour Fayard, mais le mal est fait. Noguez doute. Il peine à travailler à son prochain livre : Vingt choses qui vous rendent la vie impossible, qu'il destine au même éditeur (Payot) que Comment rater complètement sa vie en onze leçons (2002). Dominique Noguez aurait-il raté complètement sa vie ? « Je n'ai pas dit mon dernier mot», rassure-t-il. On espère bien.

jeudi 25 juin 2009

Et enfin Sollers vint dans la véranda




Ceux qui n’auraient pas été convaincus par ce bouquet de gloses, auront au moins l’occasion de se divertir en lisant l’entretien copieux de Noguez avec Sollers, crânement titré Montherlant, tel quel. On y apprend qu’après ses masques d’Artaud, de Rimbaud, de Sade, de Casanova, le sémillant directeur d’une revue qui n’aura JAMAIS cité le nom de Montherlant réussit un rétablissement spectaculaire, une sorte de faena miraculeuse: avant nous tous, il avait compris et défendu devant Mauriac (voir le Bloc-notes du 28 novembre 1958) le Don Juan de Montherlant qu’il avait trouvé «pas mal du tout». Il enchaîne sur une relecture des Jeunes filles (en montrant, signale Noguez, le tome 1 des Romans dans la Pléiade), dérive sur Lévi-Strauss, qui récupéra le fauteuil de Montherlant à l’Académie, ajoute une pincée de Nietzsche. C’est pour ça qu’on l’aime…infiniment.


mardi 13 novembre 2007

Raphaël Sorin fume trop





Je sais depuis longtemps ce qui te tracasse : « Etre Antonin Artaud ou rien. » Egaler Picasso. Ressembler à Mozart. Dépasser Proust. Et Dante ou Homère. En art, une œuvre ne suffit pas, même géniale. Souvent, à un détail près, tu deviens une légende ou reste un quidam. Des légendaires, j’en ai approché : Godard (boyard maïs), Burroughs (imper et galure d’extraterrestre), Gainsbourg (montre Cartier), Hallier (œil de verre), Warhol (perruque blanc et vert), Lebovici (Monsieur Motus). Et Sollers ? J’ai beau chercher, rien. Une des plus belles histoires de culte poussé jusqu’au bout me revient : l’affichiste Savignac raconte que, admirateur et élève de Cassandre, il fumait les mégots du Maître.
Qui fumera les tiens, Philippe ?