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jeudi 9 juin 2011

Dominique Strauss-Kitsch






Il s'ensuit que l'accord catégorique avec l'être a pour idéal esthétique un monde où la merde est niée et où chacun se comporte comme si elle n'existait pas. Cet idéal esthétique s'appelle le kitsch.
C'est un mot allemand qui est apparu au milieu du XIXe siècle sentimental et qui s'est ensuite répandu dans toutes les langues. Mais l'utilisation fréquente qui est faite a gommé sa valeur métaphysique originelle, à savoir : le kitsch, par essence, est la négation absolue de la merde; au sens littéral comme au sens figuré : le kitsch exclut de son champ de vision tout ce que l'existence humaine a d'essentiellement inacceptable.


mercredi 8 juin 2011

DSK plaide "not guili-guili "


Elle dit avec tristesse, sans agressivité, presque tendrement : « Tes cheveux sentent très fort depuis plusieurs mois. Ils puent le sexe . Je ne voulais pas te le dire. Mais voilà je ne sais combien de nuits que tu me fais respirer le sexe d'une de tes maîtresses.»



jeudi 16 octobre 2008

« Les Pieds dans l'eau et la cigarette »


Une telle continuité dans la délation autorise aussi à mettre en doute les accusations dirigées contre l'écrivain et à souligner en quoi les inquisiteurs d'aujourd'hui utilisent non seulement les méthodes, mais parfois même le travail de leurs prédécesseurs. Les spécialistes de la lutte antitotalitaire auraient-ils négligé d'ouvrir leurs manuels d'histoire policière ? Ils n'auraient pas manqué d'y remarquer, par exemple, qu'au lendemain de la reprise en main soviétique, les services secrets tchèques, dans leur zèle infatigable, semblent avoir fabriqué quantité de faux visant à discréditer les dissidents, Kundera étant alors l'un des plus fameux. Grossièrement tapé à la machine, le document impliquant le romancier pourrait être, aussi bien, l'un de ces chiffons de papier accumulés dans les archives, offrant aux procureurs du futur une matière abondante et confuse, propice à la dénonciation de n'importe qui selon les intérêts du jour.

dimanche 19 août 2007

Milan Kundera fume



La véranda de la cinéaste est pleine de discours et de fumée, à travers lesquels l'un des hommes (il peut avoir dans la trentaine) regarde attentivement Sollers depuis un long moment : « J'ai l'impression d'avoir entendu parler de toi, lui dit-il enfin.
- De moi ? » fit Sollers avec satisfaction.
L'homme demanda à Sollers si ce n'était pas lui, le jeune garçon qui allait chez le peintre depuis l'enfance.
Sollers était heureux de pouvoir, par le truchement d'une relation commune, se lier plus solidement à cette société de gens inconnus, et il s'empressa d'acquiescer.
« Mais tu n'es pas allé le voir depuis longtemps dit l'homme.
- Oui, depuis longtemps.
- Et pourquoi ? »
Sollers ne savait que répondre, et il haussa les épaules.
« Je sais pourquoi, moi, Ça risquerait de gêner ta carrière.»
Sollers essaya le ton ironique : « Ma carrière ?
- Tu publies des vers, tu récites dans les meetings, la maîtresse de maison fait un film sur toi pour soigner ta réputation politique. Tandis que le peintre n'a pas le droit d'exposer. Tu sais qu'il a été traité d'ennemi du peuple dans la presse ?»