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mardi 25 octobre 2011

Le mauvais côté de l'universel



 Scarlett Johansson



" Il n'y aura pas de fin à ce monde parce qu'il y aura toujours quelque chose de cette altérité radicale qui nous guette. Mais ce n'est plus une négativité active, politique, rationnelle, aux prises avec l'histoire. C'est l'imminence d'une revanche, d'une résurrection de tout ce qui a été exilé de l'autre côté du miroir, et assigné à résidence dans la représentation servile du monde des vainqueurs, la revanche de tous ceux qui sont tombés du mauvais côté de l'universel. Cette puissance dont nous faisons tous partie, même sans le savoir, cette puissance louche de l'autre côté du miroir, et son fantôme hante le monde réalisé.Plus le monde se réalise, plus cette illusion radicale est active."



mercredi 23 mai 2007

La machine somnambulique et célibataire de Sárközy


Le jogging lui aussi relève du performatif. Jogger n'est pas courir, c'est faire courir son corps. C'est un jeu qui s'appuie sur la performance informelle du corps, qu'il s'emploie simultanément à épuiser et à détruire. L'« état second » du jogging correspond littéralement à cette opération seconde, à ce décrochement machinique. La jouissance, ou la douleur, n'en est ni sportive ni charnelle, ce n'est pas celle d'une dépense physique pure, c'est celle de la dématérialisation et du fonctionnement sans fin (le corps du jogger est semblable à une machine de Tinguely), c'est l'ascèse et l'extase du performatif. Le faire-courir se double d'ailleurs très vite d'un laisser-courir, le corps s'hypnotisant dans sa performance et courant tout seul en l'absence du sujet, comme une machine somnambulique et célibataire (autre machine analogue : la décuplette de Jarry, où les morts continuent de pédaler tout seuls). Le côté interminible du jogging (comme la psychanalyse) tient d'ailleurs à ce caractère de performance sans finalité, sans objectif, sans illusion.
Ce qui n'a pas de fin n'a pas de raison de s'arrêter.