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dimanche 12 novembre 2017

Roger Grenier fume...



« Un homme politique dont je tairai le nom a dit des sottises sur la Princesse de Clèves et, en réaction à ces propos, les professeurs d’Henri-IV m’ont demandé de faire une conférence sur ce sujet. Ce livre marque le début d’une nouvelle forme de roman classique. Camus a écrit un très bel article sur la question et qui a pour titre : « L’Intelligence et l’échafaud ».  Dans cet article, Camus part de l’anecdote suivante : au moment de conduire Louis XVI à l’échafaud, celui-ci avait souhaité remettre une lettre pour Marie-Antoinette à un gardien, qui a répondu qu’il était là pour le conduire à l’échafaud et non pour faire ses commissions. En partant de cette histoire, Camus avance l’idée que le roman, depuis La Princesse de Clèves, ne fait pas les commissions mais va droit au but, sans digressions.»






lundi 31 décembre 2012

Sollers forniquera et lira des journaux en 2013 !




« Il m'a toujours semblé que nos concitoyens avaient deux fureurs : les idées et la fornication. À tort et à travers, pour ainsi dire. Gardons-nous, d'ailleurs, de les condamner; ils ne sont pas les seuls, toute l'Europe en es là. Je rêve parfois de ce que diront de nous les historiens futurs. Une phrase leur suffira pour l'homme moderne : il forniquait et lisait des journaux. Après cette forte définition, le sujet sera, si j'ose dire épuisé. 
- Les Hollandais, oh non, ils sont beaucoup moins modernes ! »

samedi 3 mars 2012

Albert Camus fume



Vivre et penser avec Albert Camus

samedi 03.03.2012 - 09h07
France Culture/ Répliques

Vivre et penser avec Albert Camus
Invité(s) :
Michel Onfray, philosophe, auteur de "Cynismes" et "Les sagesses antiques" éd. Grasset, "Philosopher comme un chien" éd. Galilée.
Maurice Weyembergh, docteur en philosophie 



samedi 21 janvier 2012

« Une république immanente, horizontale, contractuelle »





Onfray propose une généalogie nietzschéenne du tempérament libertaire de Camus, quand la psyché de l’enfant se forme à travers des expériences aussi douloureuses que bienheureuses et douces. Il est vrai que Camus lui même donne une clé lorsqu’il écrit, en 1945 : « L’homme que je serais si je n’avais pas été l’enfant que je fus ! » L’enfance de Camus, qui mêle la lumière, le soleil et la Méditerranée,qui s’inscrit dans la passion du sport, du théâtre et des livres, fonde la constitution organique de cette sensibilité qu’Onfray qualifie de « tempérament anarchiste, ce mot caractérisant quiconque refuse de suivre autant que de guider».

Dans Noces, Camus reprend et commente l’expression de Pindare, si précieuse aux yeux de Nietzsche : « Ce n’est pas si facile de devenir ce qu’on est. » Pourtant, toute la vie philosophique de Camus est entièrement tournée vers un seul impératif existentiel : devenir ce qu’il est. Onfray nous rappelle que le thème philosophique central de l’oeuvre de Camus est la folie du meurtre. Comment comprendre la mise à mort d’un autre ou de soi ? Camus se penche, tour à tour, sur l’écrasement de la rébellion (Révolte dans les Asturies), l’attentat des nihilistes (Les Justes), le crime menant à l’échafaud (L’Étranger), le meurtre légal dans l’histoire (L’Homme révolté), la folie sanguinaire du tyran (Caligula), le suicide (Le Mythe de Sisyphe) ou les crimes de masse du totalitarisme (La Peste ou L’État de siège). Il faut y insister : « Camus n’a cessé de réfléchir sur le crime légal, l’assassinat idéologique, le meurtre de soi, de son prochain,la mise à mort programmée, légitimée. » L’Ordre libertaire,c’est donc le portrait d’un homme constamment révolté devant l’injuste, devant l’injustifiable.Camus fait preuve d’un engagement sans tremblement. Il décrit, montre et rapporte, journaliste au plus beau sens du terme, explique Onfray, lorsqu’il présentifie ce qui, sans lui, nous demeurerait lointain, vague et imprécis. Philosophe libertaire et abolitionniste ? « Camus ne pense pas avec des idées, des concepts, mais avec des vérités concrètes. Il est un philosophe de la radicalité immanente ou, si l’on veut, un penseur radical de l’immanence.