« En revanche, quand deux femmes s’affrontent pour la
possession du même homme, ce dernier marche sans cesse sur des charbons
ardents, le souci permanent et la dissimulation épuisante l’habitent. Chacune
ne pense qu’à l’autre. Qui est la vraie ? Laquelle a le pouvoir ? La mère des
enfants ? La nouvelle compagne avec ses propres enfants ? Une concurrente plus
jeune en attente d’enfant ? Mettez la politique dans le coup, et vous obtenez
l’affaire sensationnelle du tweet. »
« Soleil, vigne... Autre beau titre possible : La Véranda de Nietzsche.»(Ph.Sollers)
mardi 26 juin 2012
lundi 25 juin 2012
L'homme de Hollande aimait-il les baies ?
« La révolution vient du futur, ramène le passé en spirale, fait monter la terre, déterre. " Notre ciel est la masse du peuple chinois" » (Mao)
« Les esclaves font l'histoire : les bourgeois la regardent.»
« Ce ne sont pas les professeurs qui font la langue. Ni l'inconscient.»
dimanche 24 juin 2012
" Courage à Sollers qui n'a pas démérité, qui se bat aux côtés des lecteurs depuis tant d' années ..."
« Nous devons être assez souples, pour n’avoir pas trop égard à nos résolutions. Laissons-nous aller où le hasard nous conduit ; ne craignons pas de changer nos projets ou notre attitude, pourvu que nous n’allions pas jusqu’à l’inconstance, le défaut le plus dangereux qui soit pour notre repos […]. Deux excès sont funestes à notre tranquillité : l’impossibilité de changer comme celle de ne rien supporter.»
« Gare à qui veut moraliser. L’explosion du néant est sans frein, n’en déplaise aux déclinologues. Ces brouillages quotidiens appellent une concentration incisive. Baltasar, encore : « Au lecteur : que je te désire singulier ! » « Entre deux mots, il faut choisir le moindre ; et les mots et les sons, s’ils sont brefs, ne sont qu’un moindre mal. » Bon, l’époque redevient favorable à l’écriture serrée, vigilante. »
jeudi 21 juin 2012
dimanche 17 juin 2012
jeudi 14 juin 2012
Ségolène et Valérie
« Si une jeune fille brune vous dit : " Les brunes viennent au monde par le con et les blondes par le trou du cul ", vous pouvez répondre hardiment que c'est un faux
dimanche 10 juin 2012
10 juin : Voilà le bonheur de Sollers
« Paix et tranquillité, voilà le bonheur.»
(Ping'an jiushi fu.)
« Comme toujours, ici, vers le dix juin, la cause est
entendue, le ciel tourne, l’horizon a sa brume permanente et chaude, on
entre dans le vrai théâtre des soirs. Il y a des orages, mais ils sont
retenus, comprimés, cernés par la force. On marche et on dort autrement,
les yeux sont d’autres yeux, la respiration s’enfonce, les bruits
trouvent leur profondeur nette. Cette petite planète, par plaques, a son
intérêt.
[…] »
vendredi 8 juin 2012
Jérôme Kerviel fume
« Exemple d'obscénité : chaque fois qu'ici même, dans le Véranda, on emploie le mot " amour " (l'obscénité cesserait si l'on disait, par dérision : l' "amur"). »
jeudi 7 juin 2012
J - 3 Vivement la Hollande !
« J'étais alors en Hollande, où l'occasion des guerres
qui n'y sont pas encore finies m'avait appelé; et comme je
retournais du couronnement de l'empereur vers l'armée, le
commencement de l'hiver m'arrêta en un quartier où, ne trouvant
aucune conversation qui me divertît, et n'ayant d'ailleurs, par
bonheur, aucuns soins ni passions qui me troublassent, je
demeurais tout le jour enfermé seul dans un poêle, où j'avais
tout le loisir de m'entretenir de mes pensées. Entre lesquelles
l'une des premières fut que je m'avisai de considérer que
souvent il n'y a pas tant de perfection dans les ouvrages
composés de plusieurs pièces, et faits de la main de divers
maîtres, qu'en ceux auxquels un seul a travaillé. Ainsi voit-on
que les bâtiments qu'un seul architecte a entrepris et achevés
ont coutume d'être plus beaux et mieux ordonnés que ceux que
plusieurs ont tâché de raccommoder, en faisant servir de
vieilles murailles qui avaient été bâties à d'autres fins.»
mercredi 6 juin 2012
Anja Plaschg fume
« Si j'étais resté fumeur, il est vraisemblable qu'en cet instant je me trouverais entre deux cigarettes. Ce serait comme maintenant : je ne fumerais pas.
Même raisonnement du veuf aux cabinets : « Si ma femme n'était pas morte, se dit-il, je serais vraisemblablement comme maintenant aux cabinets, c'est-à-dire sans ma femme. Elle ne peut donc me manquer. »
mardi 5 juin 2012
dimanche 3 juin 2012
Sollers Fête les Mères
" Donne-moi ton aubergine. Farcis ma crevasse en forme de bite, dit-elle. Enfonce-la dans mon bénitier et je la bénirai de mes eaux saintes. "
Elle se remit à rire, elle ne pouvait pas se retenir et les muscles de son vagin se contractaient et se détendaient tour à tour; il avait l'impression d'avoir enfoncé son aubergine dans un accordéon.
"Eh, dit-il, ça c'est vivre.
- Exact, répondit-elle. Tu ne pourrais pas dire plus vrai."
vendredi 1 juin 2012
Jacqueline Harpman fume inépuisablement
« Il est certain que, dans ma propre vie, l'idée d'être l'amante d'Olga n'a pas de sens. J'aime beaucoup la compagnie de certaines femmes, que je sens comme mes pairs, mais quand nous avons longuement bavardé, ou discuté avec sérieux, ri ou pleuré ensemble, vidé une bouteille de vin et parfois deux, que l'une de nous regarde l'autre partir au volant de sa voiture en lui disant : "Souviens-toi que tu es saoule et roule prudemment", j'ai fait avec elle tout ce qui me tente et, si l'acte actuel de ma vie s'y prête, je suis bien aise de retrouver le corps dur d'un homme et ce sexe inépuisablement surprenant qui, invité de façon sagace, propose toujours son énigme à la curiosité. »
jeudi 31 mai 2012
Sans sûr
« Et
quand elles s'asseyaient en fumant au fume-cigarette, elles te montraient
l'porte-monnaie à moustache, car c'était pas la mode des slips... »
mercredi 30 mai 2012
mercredi 23 mai 2012
Pierre Drieu la Rochelle fume
« Le tabac et la vérole font aussi, paraît-il, de fâcheuses interférences dont le lieu est le grand sympathique. Il agite la main pour évoquer d'affreux "métabolismes". J'ai toujours cru que mon impuissance vient du tabac au moins autant que de la vérole et de l'épuisement par l'abus. Curieux que j'aime plus le tabac que les femmes ? Non.»
dimanche 20 mai 2012
Aurélie Filippetti & Cécile Duflot fument ?
« Fumer un cigare, c'est fumer du feu. »
« Les peuples fumeurs, comme les Hollandais, qui ont fumé les premiers en Europe, sont essentiellement apathiques et mous; la Hollande n'a aucun excédent de population. »
« Les peuples fumeurs, comme les Hollandais, qui ont fumé les premiers en Europe, sont essentiellement apathiques et mous; la Hollande n'a aucun excédent de population. »
vendredi 18 mai 2012
Vítězslav Nezval fume
Au revoir ville de feux follets
triste paradis de ceux qui ont aimé et ne meurent pas
au revoir ville des acrobates
au revoir ville du sang des lumières dans les jardins et des étoiles
ton conte sauve les joies
dans lesquelles les saintes meurtrières s'expriment avec des roses
au revoir ville des poètes
je m'en vais pour revenir à toi en compagnie de mes doubles en des formes innombrables
au revoir ville de jouissances sans but
je m'en vais achever mon poème d'orgueil de tristesse de sang et d'étoiles
que le destin a fait choir au-dessus de mon lit
De l'autre côté la ville de l'ennui brillait
embellie par la nuit comme un cimetière
dont les lumières étourdissent le lointain
comme les lumières des cimetières
sous lesquels les familles meurent au tintement de l'or au froissement des cafards et au son de cris de douleur
que je n'entends pas.
triste paradis de ceux qui ont aimé et ne meurent pas
au revoir ville des acrobates
au revoir ville du sang des lumières dans les jardins et des étoiles
ton conte sauve les joies
dans lesquelles les saintes meurtrières s'expriment avec des roses
au revoir ville des poètes
je m'en vais pour revenir à toi en compagnie de mes doubles en des formes innombrables
au revoir ville de jouissances sans but
je m'en vais achever mon poème d'orgueil de tristesse de sang et d'étoiles
que le destin a fait choir au-dessus de mon lit
De l'autre côté la ville de l'ennui brillait
embellie par la nuit comme un cimetière
dont les lumières étourdissent le lointain
comme les lumières des cimetières
sous lesquels les familles meurent au tintement de l'or au froissement des cafards et au son de cris de douleur
que je n'entends pas.
mercredi 16 mai 2012
Nouveau troupeau
La méthode de travail du Gouvernement
Le Premier ministre a présenté les grands principes qui régiront
l’organisation du travail gouvernemental. Ils répondront au double
impératif d’efficacité et d’exemplarité.
Il a souligné [...]
mardi 15 mai 2012
Le Changement est arrivé
« Quand un événement attendu, dont l'idée nous agite, est sur le point de se produire, l'esprit se relâche, l'obsession tombe, les âcretés de l'impatience ou de la crainte sont expulsées du sang : ce qui doit arriver est désormais hors de nous. »
dimanche 13 mai 2012
j + 7 (Charlotte fume toujours)
« C'est d'une certaine Charlotte, étudiante alors à Sciences Po, que je tiens le partage entre " heures ouvrables" et " heures couchables". Ce tandem eut le don de me séduire sur-le-champ, et je le fis mien dans les années 70 quand je donnais mes deux téléphones, bureau et domicile. On pouvait me joindre à tel numéro "aux heures ouvrables", et à tel autre "aux heures couchables". Je me demande d'où sortait cette petite fantaisie. J'imagine qu'elle est apparue vers la fin des années 60 et qu'elle s'est vite perdue dans les sables estudiantins.»
mardi 8 mai 2012
Adrienne Monnier fume
« Attention aussi à ne pas s'habituer à considérer comme des "salauds" ceux qui ne nous apprécient pas : ça enlaidit. »
dimanche 6 mai 2012
6 mai à 20h00
« J'ai cultivé mon hystérie avec jouissance et terreur. Maintenant, j'ai toujours le vertige, et aujourd'hui, 23 janvier 1862 6 mai 2012, j'ai subi un singulier avertissement, j'ai senti passer sur moi le vent de l'aile de l'imbécillité.»
samedi 5 mai 2012
J -1 (Fatigue)
Le monde ne marche que par le malentendu.
C'est par le malentendu universel que tout le monde s'accorde.
Car si, par malheur, on se comprenait, on ne pourrait jamais s'accorder.
L'homme d'esprit, celui qui ne s'accordera jamais avec personne, doit s'appliquer à aimer la conversation des imbéciles et la lecture des mauvais livres. Il en tirera des jouissances amères qui compenseront largement sa fatigue.
C'est par le malentendu universel que tout le monde s'accorde.
Car si, par malheur, on se comprenait, on ne pourrait jamais s'accorder.
L'homme d'esprit, celui qui ne s'accordera jamais avec personne, doit s'appliquer à aimer la conversation des imbéciles et la lecture des mauvais livres. Il en tirera des jouissances amères qui compenseront largement sa fatigue.
vendredi 4 mai 2012
J - 2 (Flute alors !)
« Socrate, la veille de sa mort, était en train d'apprendre un air de flûte.
- À quoi cela te servira-t-il ? lui dit-on.
- A savoir cet air avant de mourir. »
- A savoir cet air avant de mourir. »
la veille de sa mort, était en train d'apprendre un air de flûte. «A quoi cela te servira-t-il? lui dit-on. - A savoir cet air avant de mourir.»
jeudi 3 mai 2012
J -3 (Une chambre en Hollande)
Descartes n’exercera pas un
emploi d’intendant. Il ne passera pas le restant de ses jours en Italie.
Et comme peu de vies incitent autant que la sienne à rêver, à
l’imaginer autre, puisqu’elle a touché, à un moment ou à un autre, tous
les objets, tous les endroits, frémi des divers personnages qui leur
sont appariés, on résiste difficilement à la tentation de supposer, un
instant, que le connétable de Lesdiguières l’a pris à son service. La
question de savoir « comment nous devons vivre dans la Véranda », que Descartes se pose
depuis qu’il a quitté, l’année précédente, les Catholiques impériaux,
est réglée. Bien sûr, il sert dans l’armée, comme son père y songeait,
pour lui, dès sa naissance, comme lui-même n’a pas manqué de le faire au
sortir du collège, après avoir composé, pour sa propre gouverne, un
traité d’escrime. Mais il est logé dans quelque palais de marbre avec
les officiers, les gens des bureaux, et non plus dans la tranchée ou une
chambre basse munie d’un poêle, dans la désolation. À l’alternance des
marches, des combats de l’été et de l’oisiveté forcée de l’hiver succède
un travail régulier car il faut nourrir, vêtir, équiper les armées en
toute saison.
Enfin, à la fenêtre, l’opulence, la lumière dorée de la Lombardie ont remplacé la nuit glacée de l’Allemagne, l’œuvre d’art à laquelle s’apparente l’Italie, la vie colorée de ses rues et de ses places, les forêts de Moravie, les farouches habitants de l’Europe orientale. On peut se demander ce que l’obtention d’un tel emploi eût changé. L’irrésolution de Descartes est assez grande, encore, pour lui dérober ce que nous tenons, après coup, pour acquis. Mais nous savons que l’évidence ne s’impose qu’après de douloureuses et longues hésitations. Elle est conquise de haute lutte sur les possibles qui s’offrent, à chaque instant, comme un des visages que prendra, demain, la réalité, la négation inséparable de toute détermination. Le connétable n’est pas persuadé que le jeune gentilhomme venu de France par Bâle, Zurich, le Tyrol et Venise soit bien assidu au soin de tenir un compte rigoureux des dépenses de son armée. Il paraît trop curieux de trop de choses étrangères à cet emploi. Ou bien c’est Descartes qui juge qu’une charge importante le priverait de la liberté dont il a continuellement usé, dénonçant ses engagements pour voir autant de pays, de choses tant « naturelles » ou « civiles » qu’il en a l’envie.
Enfin, à la fenêtre, l’opulence, la lumière dorée de la Lombardie ont remplacé la nuit glacée de l’Allemagne, l’œuvre d’art à laquelle s’apparente l’Italie, la vie colorée de ses rues et de ses places, les forêts de Moravie, les farouches habitants de l’Europe orientale. On peut se demander ce que l’obtention d’un tel emploi eût changé. L’irrésolution de Descartes est assez grande, encore, pour lui dérober ce que nous tenons, après coup, pour acquis. Mais nous savons que l’évidence ne s’impose qu’après de douloureuses et longues hésitations. Elle est conquise de haute lutte sur les possibles qui s’offrent, à chaque instant, comme un des visages que prendra, demain, la réalité, la négation inséparable de toute détermination. Le connétable n’est pas persuadé que le jeune gentilhomme venu de France par Bâle, Zurich, le Tyrol et Venise soit bien assidu au soin de tenir un compte rigoureux des dépenses de son armée. Il paraît trop curieux de trop de choses étrangères à cet emploi. Ou bien c’est Descartes qui juge qu’une charge importante le priverait de la liberté dont il a continuellement usé, dénonçant ses engagements pour voir autant de pays, de choses tant « naturelles » ou « civiles » qu’il en a l’envie.
mercredi 2 mai 2012
J - 4 (Débat : extincteur)
« N'est-ce pas une constante française depuis 1789 ? La dénonciation moralisante est un jeu de langage inventé par les jacobins dans la période de la radicalisation de la Révolution. Ils avaient compris que pour survivre dans la turbulence permanente, il faut calomnier avant les autres. La calomnie est la première arme du peuple, ou mieux, des amis du peuple. »
mardi 1 mai 2012
lundi 30 avril 2012
J -6 (Montebourg fume ?)
« Montebourg me disait : "J'ai renoncé à l'amitié de deux hommes : l'un, parce qu'il ne m'a jamais parlé de lui; l'autre, parce qu'il ne m'a jamais parlé de moi." »
dimanche 29 avril 2012
J -7 ( Adieu ...)
« Un philosophe, retiré du monde dans sa Véranda, m'écrivait une lettre pleine de vertu et de raison. Elle finissait par ces mots : "Adieu, mon ami; conservez, si vous pouvez, les intérêts qui vous attachent à la société démocratique et libérale, mais cultivez les sentiments qui vous en séparent." »
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