vendredi 26 octobre 2007

Alain Mabanckou ne fume toujours pas le cigare de Sollers




Sollers ? J’attends toujours qu’il m’offre un cigare, il me l’avait promis devant Josyane Savigneau, sans parti pris, dans le hall de l’hôtel Montalembert l’année dernière. Mais s’en souvient-il encore ? Allez ­savoir.
Sollers ? Je lirai son nouveau livre qu’il fait paraître chez Plon - il a donné les références… dans le JDD, bien sûr !

mercredi 24 octobre 2007

Gérard Guégan fume



vous lisez des romans pour vous y retrouver mais votre image n'y est jamais tout à fait exacte un romancier offre de vous envoyer par retour du courrier une nouvelle inédite dont vous serez l'héroïne ou le héros envoyez cinquante kleenex votre photo à poil de préférence une esquisse de votre caractère un récit de votre vie la liste de vos perversions sexuelles ainsi que votre signe astrologique écrivez à libération petite annonce 13987 où sollers déponctue in fine mao le panneau tandis que chez alfred eibel éditeur martinet désutopise t'serstevens et que guégan comprend at last que la perspective de jouir demain ne le consolera jamais de l'ennui d'aujourd'hui do you feel it do you chantent roche et brautigan au lointain de nos espérances perverties...

vendredi 19 octobre 2007

« Le Moi est fait de Temps comme l'Arbre de bois de la Forêt Profonde »



« Qu'est-ce que le moi ?» . Il n'est pas facile de répondre à la question à laquelle aboutit Préjugés et paradoxes de Nicolas Grimaldi. De cela même qu'il pense et imagine, qu'il sait qu'il est et qu'il ne sera plus, qu'il est fait de temps comme l'arbre de bois de la forêt profonde, le Moi tire tous ses heurs et ses malheurs. Ballotté entre sens et non-sens, livré à autrui et enfermé dans sa « guerre secrète intérieure » , tenant aux autres et par les autres, craignant toujours d'être celui à qui personne ne tient, capable de tout, incapable parfois du plus petit geste, constamment à la recherche du plaisir et du bonheur, maître dans l'art de les détruire l'un et l'autre, il sait qu'il doit se faire à chaque instant, tant bien que mal. Pourvu qu'il réalise, au moins, que « la justification de la vie est la vie elle-même » ! Il s'agit pas tant, en effet, de trouver un sens à l'existence que de savoir « quand et comment la vie se sent le plus intensément elle-même » , car l'essentiel n'est pas « de se demander quel est le but ou le bout de chemin, mais seulement de découvrir la meilleure manière de marcher »


mardi 16 octobre 2007

L'Amicale des personnages de Sollers


Philippe Sollers
Je l'ai ramenée chez moi, dans ma véranda, mais le désir était retombé, ennui... N'empêche que c'est aussi ce soir-là qu'elle s'est branlée consciencieusement sur le tapis, dans la bibliothèque... Je pensais que ça me réexciterait... Mais non... Je fumais sur la terrasse, je venais de temps en temps jeter un coup d'oeil pour vérifier si elle était sur le point de finir... Non, elle continuait à mouliner... Rien à faire... Bloquée... Son truc habituel ne marchait plus...

dimanche 14 octobre 2007

Serge Gainsbourg fume



Fumer un joint pourrait vous coûter cher. Selon «Le Parisien» de ce matin, les usagers de cannabis arrêtés en flagrant délit devront participer à des stages de prévention pouvant coûter jusqu’à 450 euros.
Il s’agira de sessions de formation de deux jours, durant lesquelles médecins, psychologues ou policiers évoqueront les dangers pour la santé du cannabis et son implication dans des accidents de la route, explique le président de la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et toxicomanies (Mildt), Etienne Apaire. Avec 5 millions de fumeurs de joints occasionnels et 1,2 million de consommateurs réguliers, la France bat des records en Europe. Le gouvernement, qui ne souhaite pas dépénaliser l’usage, constate que les politiques de santé publique ne semblent pas avoir été très efficaces jusqu’à présent pour endiguer cette progression, en particulier chez les jeunes. D’où l’idée de donner un tour de vis sans pour autant engorger des tribunaux déjà saturés.

vendredi 12 octobre 2007

Alina Reyes fume en forêt



Je me suis assise à la fenêtre de la véranda, pour fumer une cigarette. Sur les cinq fils électriques qui surplombaient la ruine et traçaient une portée, des oiseaux se sont disposés, puis mis à chanter. D'un haut-parleur lointain une musique sacrée, accompagnée d'une volée de cloches, s'est répandue sur la vile. J'ai fermé la fenêtre et me suis couchée, épuisée soudain par la montée de mon amour, qui s'élevait dans mon corps en un choeur somptueux.
Je suis habitée par une foule de musiciens exquis, et je t'aime, bel étrange homme. Entends-moi, là nue sur mon lit...



jeudi 11 octobre 2007

« Tout ce qui n'est pas fictif est factice », disait Sollers



R. Debray :
C'est vrai : le chef est un effet et pas une cause. Il est la réalisation d'un désir collectif, le désir d'unité, et donc de vie, comme le rêve est la réalisation d'un désir individuel. Il n'y a de chef que pour un public particulier. Mon charismatique à moi, c'est le grotesque de l'autre. D'où les dangers du voyage. Sollers restait chez lui, Mao aussi. Le désir de chef est évidemment plus fort en période de crise, quand le tissu social se désagrège. C'est alors qu'on a besoin de retendre la Toile avec du symbolique. Parce que symbolique signifie deux choses : ce qui nous rassemble et ce qui nous dépasse. Le contraire du diabolique. On ne peut rassembler qu'au nom d'un imaginaire ou d'un idéal. « Tout ce qui n'est pas fictif est factice », disait Sollers en ce sens-là. Donc pas de chef sans légende, pas de chef terre à terre. Le pragmatique n'est que la moitié du programme. Le roi a deux corps ou ce n'est pas un roi. Il y a le corps physique et le corps mystique. Le corps physique a des tics, des verrues et des intestins. Mais « l e roi est mort, vive le roi », et le corps de la nation, qu'il incarne, ne meurt pas avec lui - c'est plus qu'une fonction, c'est un rôle. Quand la personne éclipse le personnage, ou quand l'acteur fait oublier le scénario à force de se mettre en scène lui-même, alors on est dans l'obscénité démocratique...

C'est notre crise de la représentation, on veut du direct, de l'instantané, du charnel. Du prénom, du tutoiement, des sosies à notre taille. Un trop d'incarnation tue l'incarnation. Cette fuite en avant dans la quotidienneté, avec tous les trucages de la fausse familiarité, va coûter cher, même si elle est dans l'air du temps. De Gaulle ignorait Philippe, et Alina restait en coulisse. La France y a gagné, non ?

mercredi 10 octobre 2007

Mouammar Kadhafi fume dans le réel



J'en viens à une question essentielle qu'il faut nous poser. Que nous est-il arrivé pour qu'à force de ne pas admettre l'infernalité, nous ayions débouché, au dernier siècle, sur l'horreur dans le réel ? Ce mouvement a eu lieu dans le passage de l'ère chrétienne à l'ère moderne, puis à l'ère planétaire. Que je sache, d'ailleurs, l'Église catholique en vient, dans sa catéchèse d'enfant, à oublier prudemment l'enfer, joignant son autorité séculaire à l'édulcoration de l'existence humaine, promise, sans avertissement sérieux de cet ordre, à la servilité globale.

dimanche 7 octobre 2007

Jacques Nolot qui a connu Roland Barthes, fume



Catherine M. : Par rapport à Roland Barthes, une biographie a été publiée récemment qui a été attaquée parce qu'elle rapporte des anecdotes, comme celles que vous racontez dans votre film, sur les pissotières. Est-ce que vous vous êtes demandé s'il fallait le dire ?

Je ne me suis pas posé la question. Je me suis plutôt demandé : « Est-ce que ça ne fait pas "Jacques Nolot qui a connu Roland Barthes" ? » Quand je l'ai connu, je ne savais pas qui c'était. Je croyais que c'était un professeur de province qui m'aimait parce que j'étais moi-même un jeune provincial. On s'est côtoyé trois ans comme ça. Alors je me suis dit : « Parle de pissotières, pas de sémantique. » Après, je trouvais astucieux de dire la vérité sur la roulure. Parce qu'il m'a en effet présenté à quelqu'un en disant : « C'est une roulure », ce que l'autre a pris au premier degré et qu'il a corrigé en rappelant l'étymologie du terme. Mais j'aime autant les « roulures » au premier degré. Les deux ne me dérangent pas.

vendredi 5 octobre 2007

Tulipe Sollers fume au "Bidule"




Je la regarde se branler sur son lit, moi assis dans un fauteuil dans la véranda, cigarette, ça c'est le sommet de méditation.

jeudi 4 octobre 2007

Catherine Frot fume



Insomnie

Maniaco insomniaque
À la dérive sans repaire
Inspiration d'ammoniaque
Émotion démoniaque
Défilé de mystères éphémères

Craquement de fumée
Dans la nuit allumée
Allumettes et goudron
Pressent comme des citrons
Des cigarettes goudron

Nicotine addictive
Dépressive et lascive
Aux sévices réactive
Délice leitmotiv
Dévotion sensitive
À la vie émotive

lundi 1 octobre 2007

Une famille heureuse



Dans la véranda du 221 de l’allée des Frênes, un voisin a découvert jeudi soir les corps pendus de la famille Demeester au complet. Christine et René, les parents, ainsi qu’Angélique et Olivier, les enfants, sont retrouvés morts. « La dernière fois que j’ai vu René, c’était mardi dans la matinée », se souvient Danièle Langlet, qui demeure dans cette ruelle paisible de Coulogne, près de Calais (Pas-de-Calais). Depuis, plus de nouvelles. Jusqu’à ce que les sapeurs-pompiers, urgentistes et policiers investissent les lieux dans la soirée de jeudi pour confirmer le drame.

dimanche 30 septembre 2007

Philippe Lacoue-Labarthe fume




En tant qu’étudiant de Lacoue-Labarthe, on se trouvait dans une double bind par rapport à lui comme professeur, c’est-à-dire, comme figure d’autorité et de responsabilité. Si on avait du respect pour lui, pour sa grande connaissance et son intégrité intellectuelle, il fallait aussi se rapporter - c’est-à-dire, réfléchir – à ses faiblesses, ses actes parfois irresponsables, et surtout sa lutte personnelle. Sur cette lutte, l’on ne savait sûrement pas beaucoup, mais elle était si manifeste que personne (et surtout ses étudiants) ne pouvait y être indifférant. Quel était le sens de tout cela ? Quand d’autres professeurs sont faibles et irresponsables, cela provoque le mépris et la colère des étudiants. Chez Lacoue-Labarthe, elle engendrait aussi la sympathie et la réflexion. Pourquoi ? Parce qu’on comprenait que l’effondrement, « la désaissie », était tout aussi nécessaire que la maîtrise de soi et l’autorité intellectuelle. Et si on voulait être étudiant de Lacoue-Labarthe (comme de Blanchot et de Derrida), il faudrait en tirer toutes les conséquences. Non seulement pour le caractère du travail, mais aussi pour la figure virile du philosophe professeur. Le corps masculin devait porter et témoigner de son effondrement (sans rédemption, sans alibi), tout en maintenant jusqu’au bout les valeurs de lucidité et d’intégrité intellectuelles. Un jour Derrida n’a-t-il pas parlé d’« une modestie hantée par le diable », en spécifiant ce qui l’intéresse encore dans désir du philosophe ?

À la fin d’un entretien très fort que Lacoue-Labarthe a accordé à mes compatriotes David Barison et Daniel Ross pour le film Der Ister, il est venu á parler d’un emphysème historial, étant la conséquence des camps de mort.

Nous sommes non pas asphyxiés, parce que ça s’oublie, qu’après tout, on respire peu, mais on respire encore, mais disons que l’humanité, en tout cas l’humanité Européenne, en tout cas, c’est large, très large, a des difficultés pulmonaires. [L-L. rit]

Il est sur le point d’allumer une cigarette. Il l’allume, et l’on se rend compte que, de cette manière, il signe, en tournant son souffle.

vendredi 28 septembre 2007

Edie Sedgwick fume



Une journée vraiment courte. Il ne s'est pas passé grand-chose. Je suis allé faire des courses, j'ai fait deux ou trois commissions, suis revenu à la véranda, j'ai téléphoné... Ouais, c'est tout. Une brève journée.

mardi 25 septembre 2007

André Gorz fume



André et Dorine reçoivent ensemble, à Vosnon dans un village de l'Aube, à 35 kilomètres de Troyes,, au seuil de la belle maison simple avec une véranda pour laquelle ils ont quitté Paris dans les années 1980. Du pré d'un hectare autour d'elle, ils ont fait un jardin avec deux cents arbres. Il est comme d'habitude, amical, discret, chaleureux ; elle aussi. Ils ont vieilli, lui moins qu'elle dont la pâleur frappe et les maux se taisent ; lui a pour elle toutes sortes d'attentions ; elle aussi pour lui.

Il est en pleine santé, l'air fragile comme il l'a toujours eu, mais le corps mince et musclé, on le devine à sa démarche. Elle est diaphane et souriante, précautionneuse : la douleur guette un geste de trop pour bondir sur elle. Ils sont accueillants, posent des questions ; on est venu pour leur en poser sans les mettre sur le gril. Elle ne veut pas participer à l'entretien : c'est son livre à lui, il est le peintre, elle le modèle ; c'est lui qu'on est venu voir, dit-elle, pas le sujet du tableau à qui le tableau suffit bien et dans lequel elle ne se reconnaît pas tout à fait, même s'il dit la vérité, sa vérité à lui. Une subjectivité reste une subjectivité.

Selon des proches, c'est une amie qui a constaté le drame lundi matin. Des messages affichés sur leur porte précisaient qu'il fallait "prévenir la gendarmerie".


samedi 22 septembre 2007

Leka Zogu fume



LEKA ZOGU FILS DU DERNIER ROI. PRETENDANT AU TRONE DANS LA véranda DE SA MAISON DE LA BANLIEUE DE korca Albanie.

vendredi 21 septembre 2007

Ruth smoking



Vincent Descombes, c'est d'abord un style de philosophie qui déconcerte, tant il est méticuleux et tant il s'ingénie à décortiquer la qualité du raisonnement, avant de se pencher sur des thèses ou des propositions. Certes, l'oeuvre n'évite pas les "grands problèmes". Mais elle préfère les contourner par l'analyse des arguments et des définitions (par exemple, savoir ce dont on parle quand il est question de " véranda"). Cela tient à ce que la philosophie, chez Vincent Descombes, a une place essentielle, mais toujours "seconde". Que peut-elle, selon lui ? Avant tout dénouer les "noeuds mal placés qui se dressent devant notre tentative de comprendre où on en est et ce qu'on fait", dit-il à la suite de Wittgenstein. Elle a pour tâche de "débloquer" le mouvement des idées. "Je pense que la métaphysique ne peut pas décider de tout", insiste cet homme modeste, né en 1943, qui navigue entre l'université Johns-Hopkins (Baltimore), celle de Chicago et le Japon. La "grammaire philosophique" correcte et le juste langage priment sur l'être, dans ses travaux.

jeudi 20 septembre 2007

Airy Routier fume en pédalant



Autant l'avouer d'emblée : le gros beauf que je suis aime conduire sa voiture, y compris en ville, parfois - double transgression, dans l'air implacable du temps - en fumant un cigare. Un plaisir d'autant plus grand que j'en ai été officiellement privé, m'étant fait retirer mon permis après avoir perdu tous mes points, «victime» d'une répression que je considère aveugle, je m'en suis expliqué dans un livre (La France sans permis, Ed. Albin Michel) qui a fait polémique jusque dans les colonnes de ce journal. Mais, n'en déplaise aux ayatollahs toujours prompts à diaboliser pécheurs et mal-pensants, je suis en même temps un adepte du scooter et du ... vélo !
Le vélo, d'accord, mais avec des limites : pas question d'arriver trempé, essoufflé, le coeur battant. Les quelques tentatives de parcourir, matin et soir, les 11 kilomètres qui séparent ma véranda du «Nouvel Obs» resteront sans lendemain. Pas question, non plus, de s'affubler de l'attirail ridicule du parfait cycliste, avec casque et pinces à vélo. Heureusement, grâce à Decaux, tout a changé, à commencer par le vélo. Il est costaud, simple et robuste, accessible sans avoir à lever trop haut la patte, doté d'une vraie béquille et de trois vitesses bien étagées, ce qui est largement suffisant. Surtout, cette idée de le poser ici et de le rendre là est épatante. Encore faut-il pouvoir le décrocher : n'ayant pas reçu mon pass annuel, alors que j'ai envoyé en juillet mon chèque de caution de 150 euros à la mairie de Paris, j'en suis donc réduit à demander des tickets à la journée. Cela ne fonctionne, avec moi, que par à-coups.
Autre problème : comment rendre son vélo lorsque aucune place n'est libre à la station de destination ! Mais si l'on oublie ces bugs inévitables en période de rodage, quel plaisir de pédaler tranquillement sur de courtes distances, le nez en l'air et parfois le cigare au bec (pour couvrir les odeurs d'échappement). Sans se soucier des embouteillages. Ni de trouver l'endroit idoine pour éviter le vol ou la dégradation de son propre engin ! Pas question, cependant, d'afficher la moindre connivence avec les autres bobos à pédales : monter sur un Vélib', ce n'est pas forcément voter Delanoë ou écolo. C'est juste utiliser le moyen de transport urbain le plus fun du moment, même s'il est l'un des plus dangereux. Attention, cependant, les beaux jours sont peut- être derrière nous : «Pas d'indulgence pour les cyclistes», titrait récemment «le Monde» qui racontait comment l'utilisation du vélo ne mettait pas à l'abri des contraventions. Arrivent les heures plus sombres, avec le mauvais temps et la répression qui nous guette. Même à vélo, même à Vélib'.

lundi 10 septembre 2007

Jean-François Bizot fume


En mai 1970, Bizot lance le magazine Actuel, premier organe de presse «alternative» à la française, avec entre autres Michel-Antoine Burnier, Patrick Rambaud, et un certain Bernard Kouchner.

Actuel sera une expérience inouïe, limite, voire paranormale, où les textes sont parfois illisibles pour cause de typographie mal aux yeux. La faute sans doute à quelques abus dans un journal où on ne fume pas que la moquette.

Mais on peut lire dans Actuel aussi bien des reportages «live» sur les Black Panthers que les premiers émois de la militance homo.

Le magazine se passionne bien avant l’heure pour toutes les cultures alternatives, de l’écologie post-Beatnik au hip-hop.

dimanche 9 septembre 2007

Le Dimanche, Sollers écoute « la Voix de la Terre »



La terre est en danger, le dimanche aussi, autant faire d'une pierre deux coups. Le pape Benoît XVI appelle ainsi les catholiques à préserver le sens originel de cette journée – consacrée à Dieu et au repos – et à en faire aussi un moment de réflexion sur la nécessité de protéger la planète, création de Dieu en danger.

Benoît XVI a commencé la dernière journée de sa visite en Autriche par la célébration d'une messe dans la cathédrale Saint-Étienne de Vienne, célèbre pour son toit de tuiles colorées et son clocher de 136 mètres. Il a déploré dans son sermon la place selon lui trop importante accordée aujourd'hui aux loisirs le dimanche, au détriment des valeurs traditionnelles. Tout en reconnaissant qu'il était bon d'avoir des loisirs, Benoît XVI a rappelé qu'ils devaient être chargés de sens et permettre de remercier Dieu.

Il a également qualifié le dimanche de « fête hebdomadaire de la création », ajoutant que cette journée devait rappeler, chaque semaine, les dangers encourus par l'environnement. « À une époque où la création semble être menacée de tant de façons différentes par l'activité humaine, nous devrions nous tourner en toute conscience vers cette dimension du dimanche », a-t-il déclaré en allemand.

Dimanche dernier, Benoît XVI a célébré en Italie le premier rassemblement de jeunesse « écologique », affirmant aux 500.000 personnes présentes que les dirigeants mondiaux devaient prendre des décisions courageuses avant qu'il ne soit trop tard.

Initié à l'époque du précédent pape Jean Paul II et poursuivi sous Benoît XVI, le virage écologique suivi par le Vatican a mené à l'installation de panneaux solaires sur les toits du Saint-Siège et à la tenue d'une conférence sur le réchauffement climatique. Benoît XVI a rappelé en juillet que l'homme devait écouter « la voix de la Terre » ou risquer sa propre destruction.

Comme dans de nombreux autres pays d'Europe de l'Ouest, l'Autriche connaît une désaffection de ses églises le dimanche, signe supplémentaire pour le pape du déclin de la religion.

L'ouverture des magasins le dimanche fait également débat en Autriche, où elle est réclamée par des commerçants mais combattue par les groupes catholiques. Avant de regagner l'Italie dimanche soir, Benoît XVI doit conclure son septième voyage à l'étranger en tant que pape par une visite à un monastère et une rencontre avec des groupes catholiques.

samedi 8 septembre 2007

Daniel Bouton fume



Le PDG de la Société générale analyse le mécanisme de la crise financière et affirme la pertinence du modèle de développement de sa banque.


LE FIGARO. – Comment analysez-vous la crise financière qui a secoué les marchés cet été ?
Daniel BOUTON.Nous avons assisté à une succession de trois crises. La première, banale dans l’histoire économique, est la conséquence de l’éclatement d’une bulle. C’est la prise de conscience par les acteurs financiers des difficultés réelles du marché immobilier américain des subprime, ces crédits accordés aux ménages modestes, plus importantes que ce qu’ils croyaient. La deuxième est plus grave: c’est celle du rating. L’inquiétude des marchés a fait fi de la sérénité que sont censées entretenir les agences de notation lorsqu’elles évaluent le risque d’une créance. On s’est mis à douter et à contester leur appréciation. Enfin, la confiance s’étant évaporée, il y a eu une crise de liquidité, qui s’est matérialisée le jour où le marché du papier commercial canadien a été fermé.
Les banques centrales ont-elles bien réagi ?
Oui. Leurs interventions ont été très opportunes: en injectant des liquidités, elles ont réagi au bon moment, en utilisant les bons instruments, ce qui a permis de prendre le contrôle de la situation. Je précise que, contrairement à ce que pourrait croire le grand public, elles ont prêté et non donné de l’argent aux banques. Il n’y a ni cadeau ni risque d’inflation.

BNP Paribas a-t-elle eu raison de geler deux fonds ? Cela n’a-t-il pas joué un rôle d’accélérateur ?
Je ne souhaite pas commenter les initiatives des uns et des autres.

Peut-on considérer aujourd’hui que la crise a été surmontée ?
La situation est sous contrôle, même si on ne peut pas exclure un incident quelque part dans le monde. La liquidité interbancaire, qui n’a pas été affectée sur le court terme, commence à se rouvrir progressivement sur le moyen terme. Il faudra quelques mois pour que la situation revienne à la normale sur les autres compartiments.

Cette crise aura-t-elle un impact sur les résultats des banques ? Et sur ceux de la Société générale en particulier ?
Concernant notre exposition à la crise des subprime nous avons communiqué début août. Les données n’ont pas évolué. Le groupe est exposé, indirectement et de manière marginale, sur différentes activités : titrisation, dette LBO et mortgage. En terme d’activité, certains compartiments de banque de financement et d’investissement comme la titrisation ou les activités de trading ont naturellement été affectées au mois d’août. D’ailleurs, il ne s’agit que d’une fraction de la banque d’investissement. Globalement, notre modèle économique est solide et notre stratégie porteuse, avec une banque de détail forte en France et une banque de financement et d’investissement dont les résultats dans le temps nous permettent de développer de nouvelles activités en forte croissance comme la banque de détail à l’étranger et les services financiers spécialisés. Ce modèle assure la diversification de nos revenus. Pendant les périodes de crise comme celle que nous vivons, il démontre toute sa capacité de résilience. La banque de détail en France continue à croître au rythme de 4% par an. Nous sommes également très présents sur les économies émergentes.

dimanche 2 septembre 2007

Jésus fume


L'opposition malaise a vivement dénoncé, samedi 25 août, la décision du gouvernement de Malaisie d'ordonner la fermeture temporaire d'un journal qui avait publié un dessin de Jésus en train de fumer. Sur le dessin, Jésus tient une cigarette et ce qui ressemble à une cannette de bière.
Le ministère malais de la Sécurité intérieure a suspendu la publication du quotidien Makkal Osai pendant un mois. Le quotidien a pour sa part affirmé que le dessin avait été publié par erreur.

Cette fermeture "va seulement jeter un froid en ce qui concerne la liberté d'expression et ne conduira pas à la création d'un contexte stimulant pour les médias", a regretté Lim Kit Siang, du parti de l'Action démocratique (opposition).
De son côté, le Centre pour un journalisme indépendant considère que la décision du gouvernement est "injustifiée et arbitraire".

En Malaisie, plus de 60% de la population est musulmane. L'islam est d'ailleurs la religion officielle du pays. La constitution malaise garantit la liberté de culte pour les bouddhistes, les hindouistes et les chrétiens, cependant les minorités religieuses se sentent menacés dans leurs droits.

samedi 1 septembre 2007

Sollers fume des fleurs




- « C'est comme les fleurs !... » murmura Sollers, après un silence...

Un chat noir qui sortait des massifs vint, l'échine arquée et la queue battante, se frotter en ronronnant contre lui... il le caressa doucement. Puis le chat, ayant aperçu un scarabée, s'allongea derrière une touffe d'herbe et, l'oreille aux écoutes, les prunelles ardentes, il se mit à suivre, dans l'air, le vol capricieux de l'insecte. Le bourreau, dont cette arrivée avait interrompu les plaintes patriotiques, hocha la tête et reprit :

- « C'est comme les fleurs !... Nous avons aussi perdu le sens des fleurs, car tout se tient... Nous ne savons plus ce que c'est que les fleurs... Croiriez-vous qu'on nous en envoie d'Europe, à nous qui possédons la flore la plus extraordinaire et la plus variée du globe... Qu'est-ce qu'on nous envoie pas aujourd'hui ?... Des casquettes, des bicyclettes, des meubles, des moulins à café, du vin et des fleurs !... Et si vous saviez les mornes sottises, les pauvretés sentimentales, les folies décadentes que nos poètes débitent sur les fleurs !... C'est effrayant !.. Il y en a qui prétendent qu'elles sont perverses !... Perverses, les fleurs !... En vérité, on ne sait plus quoi inventer... Avez-vous idée d'un pareil non-sens, milady, et si monstrueux ?... Mais les fleurs sont violentes, cruelles, terribles et splendides... comme l'amour !... »

Sollers cueillit une renoncule qui, près de lui, au dessus du gazon, balançait mollement son capitule d'or, et, avec des délicatesses infinies, lentement, amoureusement, il la fit tourner entre ses gros doigts rouges où le sang séché s'écaillait par places :

- « Est-ce pas adorable ?... » répétait Sollers, en la contemplant... « C'est tout petit, tout fragile... et c'est toute la nature, pourtant... toute la beauté et toute la force de la nature... Cela renferme le monde... Organisme chétif et impitoyable et qui va jusqu'au bout de son désir !... Ah ! les fleurs ne font pas de sentiment, milady. Elle font l'amour... rien que l'amour... Et elles le font tout le temps et par tous les bouts... Elles ne pensent qu'à ça... Et comme elles ont raison!... Perverses ?... Parce qu'elles obéissent à la loi unique de la Vie, parce qu'elles satisfont à l'unique besoin de la Vie, qui est l'amour ?... Mais regardez donc !... La fleur n'est qu'un sexe, milady... Y a-t-il rien de plus sain, de plus fort, de plus beau qu'un sexe ?... Ces pétales merveilleux... ces soies, ces velours... ces douces, souples et caressantes étoffes... ce sont les rideaux de l'alcôve... les draperies de la chambre nuptiale... le lit parfumé où les sexes se joignent... où ils passent leur vie éphémère et immortelle à se pâmer d'amour. Quelle exemple admirable pour nous ! »

Sollers écarta les pétales de la fleur, compta les étamines chargées de pollen, et il dit, encore, les yeux noyés d'une extase burlesque :
- « Voyez, milady !... Un... deux... cinq... dix... vingt... Voyez comme elles sont frémissantes !... Voyez !... Ils se mettent, quelquefois à vingt mâles pour le spasme d'une seule femelle !... Hé !... hé !... hé !... Quelquefois c'est le contraire !... »

Un à un, il arracha les pétales de la fleur :
- « Et quand elles sont gorgées d'amour, voilà que les rideaux du lit se déchirent... que se dissolvent et tombent les draperies de la chambre... ET les fleurs meurent... parce qu'elles savent bien qu'elles n'ont plus rien à faire... Elles meurent, pour renaître plus tard, et encore, à l'amour !... »

Jetant loin de lui le pédoncule dénudé, Sollers clama :
- « Faites l'amour, milady... faites l'amour... comme les fleurs !... »

Puis, brusquement, Sollers reprit sa trousse, se leva, sa natte de travers, et, nous ayant salués, il s'en alla, par les pelouses, foulant, de son corps pesant et balancé, le gazon tout fleuri de scilles, de doronies et de narcisses.

Clara le suivit du regard quelques instants, et, comme nous nous remettions à marcher vers la cloche :
- « Est-il drôle, le gros patapouf de Sollers ! » dit-elle... « Il a l'air bon enfant... »

Je m'écriai stupidement :
- « Comment pouvez-vous supposer une telle chose, ma chère Clara ?... Mais c'est un monstre !... Il est même effrayant de penser qu'il existe, quelque part, parmi des hommes, un tel monstre!... Je sens que, dorénavant, j'aurai toujours le cauchemar de cette face horrible... et l'effroi de ces paroles... Vous me faites beaucoup de peine, je vous assure... »

vendredi 31 août 2007

Sandrine Bonnaire fume


L’homme du nuage, allais-je dire, de fumée ou de feu, selon qu’il fait jour ou bien nuit, celui qui contient le peuple de le précéder d’un corps, de lui avoir donné écrites sur des tables, non les lois du discours, ce qui s’appelle logique, mais celles de la parole dont sortent les prophètes et autres espèces de profs, cherchez : y en a plusieurs.

Sa préférence est marquée pour les femmes qui ont passé l’âge, c’est à celles-là qu’il permet de procréer. L’accent de miracle mis sur le maintien de la lignée des patriarches, souligne la division de la jouissance et de ce qu’elle engendre.

Ceci veut dire que la jouissance s’opère aux ordres. L’énonciation véritable du surmoi, – je n’en ai avancé la proposition qu’obliquement, mais une fois énoncée, elle convainc toujours plus –, elle est dans l’Ecclésiaste et elle se dit en français « Jouis » en quoi cette langue montre son bonheur. Car la réponse d’y être homophone, donne sa portée au commandement.

Voilà ce qui fait entendre comment Freud à la fois a pu percevoir la structure qui conjoint la névrose obsessionnelle à ce qui s’appelle religion (pas seulement dans notre aire ?), et lui-même avoir recouru à l’ordre qui se déduit du père, tant s’imposait à lui que rien du sexe ne pût se soutenir que de son maintien.

mercredi 29 août 2007

Fanny Ardant fume



« J'ai toujours considéré le phénomène des Brigades Rouges comme très émouvant et passionnant », aurait déclaré Fanny Ardant, citée par le magazine. « Pour moi, c'est un héros. Il n'est pas devenu un homme d'affaires », a-t-elle dit, par comparaison avec les dirigeants de gauche en France qu'elle accuse d'avoir abandonné leurs idéaux.

mardi 21 août 2007

Louise Brooks fume



Cher M.Véranda,

Vous avez apporté la paix à mes dernières années. Pendant 69 ans j'ai été frénétiquement à la recherche de moi-même. Et voilà que vous me dites que je suis un "mythe". Quelle grâce. Désormais, je me désagrègerai confortablement au lit avec mes livres, cigarettes, café, pain et confitures d'abricots.

Amitiés.
Louise Brooks


dimanche 19 août 2007

Milan Kundera fume



La véranda de la cinéaste est pleine de discours et de fumée, à travers lesquels l'un des hommes (il peut avoir dans la trentaine) regarde attentivement Sollers depuis un long moment : « J'ai l'impression d'avoir entendu parler de toi, lui dit-il enfin.
- De moi ? » fit Sollers avec satisfaction.
L'homme demanda à Sollers si ce n'était pas lui, le jeune garçon qui allait chez le peintre depuis l'enfance.
Sollers était heureux de pouvoir, par le truchement d'une relation commune, se lier plus solidement à cette société de gens inconnus, et il s'empressa d'acquiescer.
« Mais tu n'es pas allé le voir depuis longtemps dit l'homme.
- Oui, depuis longtemps.
- Et pourquoi ? »
Sollers ne savait que répondre, et il haussa les épaules.
« Je sais pourquoi, moi, Ça risquerait de gêner ta carrière.»
Sollers essaya le ton ironique : « Ma carrière ?
- Tu publies des vers, tu récites dans les meetings, la maîtresse de maison fait un film sur toi pour soigner ta réputation politique. Tandis que le peintre n'a pas le droit d'exposer. Tu sais qu'il a été traité d'ennemi du peuple dans la presse ?»

dimanche 12 août 2007

Raymond Carver fume


Dans son fauteuil sur la véranda de devant, Sollers garde ses mains sur ses genoux. Je fume, et je me sers d'un vieux seau à charbon comme cendrier. J'écoute Sollers qui parle sans discontinuer. Il est onze heures du matin - encore une heure et demie jusqu'au déjeuner. On n'a pas faim, ni l'un ni l'autre. Il nous tarde quand même de rentrer et de nous asseoir à la table. Peut-être que l'appétit viendra.


vendredi 10 août 2007

Chez Sollers, l'esprit plane au-dessus des eaux...


La meilleure cuisine est celle du Piémont. Les boissons alcoolisées me font du mal ; un verre de vin ou de bière par jour suffit à me faire de la vie une vallée de larmes, - mes antipodes sont à Munich. Si je ne l'ai compris qu'un peu tard j'en ai fait l'expérience dès ma plus tendre enfance. Petit garçon, je crus d'abord que boire était, comme fumer, une fanfaronnade de jeune homme ; plus tard je vis que c'était une mauvaise habitude. Peut-être le vin de Naumburg est-il pour quelque chose dans cette dureté. Pour croire que le vin égaie, il me faudrait être chrétien, je veux dire avoir la foi, ce qui est pour moi une absurdité. D'ailleurs, et c'est assez étrange, si les petites doses d'alcool très diluées me dépriment extrêmement, je me comporte en loup de mer devant les quantités sérieuses. Petit garçon j'y mettais déjà de la bravoure. Il m'arrivait souvent, lorsque j'étais élève à la vénérable école de Pforta, de rédiger et de recopier en une seule veillée ma dissertation latine - avec l'ambition de faire aussi dense, aussi serré que Salluste, mon modèle, - et d'arroser tout ce latin de quelques grogs de fort calibre ; rien ne réussissait mieux à ma physiologie d'écolier, rien n'était moins contraire à celle de Salluste quoique la vénérable école eût à objecter à ces moeurs...

lundi 6 août 2007

Francis Ponge fume



Rendons d’abord l’atmosphère à la fois brumeuse et sèche, échevelée, où la cigarette est toujours posée de travers depuis que continûment elle la crée.

Puis sa personne : une petite torche beaucoup moins lumineuse que parfumée, d’où se détachent et choient selon un rythme à déterminer un nombre calculable de petites masses de cendres.

Sa passion enfin : ce bouton embrasé, desquamant en pellicules argentées, qu’un manchon immédiat formé des plus récentes entoure.