LEKA ZOGU FILS DU DERNIER ROI. PRETENDANT AU TRONE DANS LA véranda DE SA MAISON DE LA BANLIEUE DE korca Albanie.
« Soleil, vigne... Autre beau titre possible : La Véranda de Nietzsche.»(Ph.Sollers)
samedi 22 septembre 2007
vendredi 21 septembre 2007
Ruth smoking
Vincent Descombes, c'est d'abord un style de philosophie qui déconcerte, tant il est méticuleux et tant il s'ingénie à décortiquer la qualité du raisonnement, avant de se pencher sur des thèses ou des propositions. Certes, l'oeuvre n'évite pas les "grands problèmes". Mais elle préfère les contourner par l'analyse des arguments et des définitions (par exemple, savoir ce dont on parle quand il est question de " véranda"). Cela tient à ce que la philosophie, chez Vincent Descombes, a une place essentielle, mais toujours "seconde". Que peut-elle, selon lui ? Avant tout dénouer les "noeuds mal placés qui se dressent devant notre tentative de comprendre où on en est et ce qu'on fait", dit-il à la suite de Wittgenstein. Elle a pour tâche de "débloquer" le mouvement des idées. "Je pense que la métaphysique ne peut pas décider de tout", insiste cet homme modeste, né en 1943, qui navigue entre l'université Johns-Hopkins (Baltimore), celle de Chicago et le Japon. La "grammaire philosophique" correcte et le juste langage priment sur l'être, dans ses travaux.
jeudi 20 septembre 2007
Airy Routier fume en pédalant

Autant l'avouer d'emblée : le gros beauf que je suis aime conduire sa voiture, y compris en ville, parfois - double transgression, dans l'air implacable du temps - en fumant un cigare. Un plaisir d'autant plus grand que j'en ai été officiellement privé, m'étant fait retirer mon permis après avoir perdu tous mes points, «victime» d'une répression que je considère aveugle, je m'en suis expliqué dans un livre (La France sans permis, Ed. Albin Michel) qui a fait polémique jusque dans les colonnes de ce journal. Mais, n'en déplaise aux ayatollahs toujours prompts à diaboliser pécheurs et mal-pensants, je suis en même temps un adepte du scooter et du ... vélo !
Le vélo, d'accord, mais avec des limites : pas question d'arriver trempé, essoufflé, le coeur battant. Les quelques tentatives de parcourir, matin et soir, les 11 kilomètres qui séparent ma véranda du «Nouvel Obs» resteront sans lendemain. Pas question, non plus, de s'affubler de l'attirail ridicule du parfait cycliste, avec casque et pinces à vélo. Heureusement, grâce à Decaux, tout a changé, à commencer par le vélo. Il est costaud, simple et robuste, accessible sans avoir à lever trop haut la patte, doté d'une vraie béquille et de trois vitesses bien étagées, ce qui est largement suffisant. Surtout, cette idée de le poser ici et de le rendre là est épatante. Encore faut-il pouvoir le décrocher : n'ayant pas reçu mon pass annuel, alors que j'ai envoyé en juillet mon chèque de caution de 150 euros à la mairie de Paris, j'en suis donc réduit à demander des tickets à la journée. Cela ne fonctionne, avec moi, que par à-coups.
Autre problème : comment rendre son vélo lorsque aucune place n'est libre à la station de destination ! Mais si l'on oublie ces bugs inévitables en période de rodage, quel plaisir de pédaler tranquillement sur de courtes distances, le nez en l'air et parfois le cigare au bec (pour couvrir les odeurs d'échappement). Sans se soucier des embouteillages. Ni de trouver l'endroit idoine pour éviter le vol ou la dégradation de son propre engin ! Pas question, cependant, d'afficher la moindre connivence avec les autres bobos à pédales : monter sur un Vélib', ce n'est pas forcément voter Delanoë ou écolo. C'est juste utiliser le moyen de transport urbain le plus fun du moment, même s'il est l'un des plus dangereux. Attention, cependant, les beaux jours sont peut- être derrière nous : «Pas d'indulgence pour les cyclistes», titrait récemment «le Monde» qui racontait comment l'utilisation du vélo ne mettait pas à l'abri des contraventions. Arrivent les heures plus sombres, avec le mauvais temps et la répression qui nous guette. Même à vélo, même à Vélib'.
lundi 10 septembre 2007
Jean-François Bizot fume

En mai 1970, Bizot lance le magazine Actuel, premier organe de presse «alternative» à la française, avec entre autres Michel-Antoine Burnier, Patrick Rambaud, et un certain Bernard Kouchner.
Actuel sera une expérience inouïe, limite, voire paranormale, où les textes sont parfois illisibles pour cause de typographie mal aux yeux. La faute sans doute à quelques abus dans un journal où on ne fume pas que la moquette.
Mais on peut lire dans Actuel aussi bien des reportages «live» sur les Black Panthers que les premiers émois de la militance homo.
Le magazine se passionne bien avant l’heure pour toutes les cultures alternatives, de l’écologie post-Beatnik au hip-hop.
dimanche 9 septembre 2007
Le Dimanche, Sollers écoute « la Voix de la Terre »

La terre est en danger, le dimanche aussi, autant faire d'une pierre deux coups. Le pape Benoît XVI appelle ainsi les catholiques à préserver le sens originel de cette journée – consacrée à Dieu et au repos – et à en faire aussi un moment de réflexion sur la nécessité de protéger la planète, création de Dieu en danger.
Benoît XVI a commencé la dernière journée de sa visite en Autriche par la célébration d'une messe dans la cathédrale Saint-Étienne de Vienne, célèbre pour son toit de tuiles colorées et son clocher de 136 mètres. Il a déploré dans son sermon la place selon lui trop importante accordée aujourd'hui aux loisirs le dimanche, au détriment des valeurs traditionnelles. Tout en reconnaissant qu'il était bon d'avoir des loisirs, Benoît XVI a rappelé qu'ils devaient être chargés de sens et permettre de remercier Dieu.
Il a également qualifié le dimanche de « fête hebdomadaire de la création », ajoutant que cette journée devait rappeler, chaque semaine, les dangers encourus par l'environnement. « À une époque où la création semble être menacée de tant de façons différentes par l'activité humaine, nous devrions nous tourner en toute conscience vers cette dimension du dimanche », a-t-il déclaré en allemand.
Dimanche dernier, Benoît XVI a célébré en Italie le premier rassemblement de jeunesse « écologique », affirmant aux 500.000 personnes présentes que les dirigeants mondiaux devaient prendre des décisions courageuses avant qu'il ne soit trop tard.
Initié à l'époque du précédent pape Jean Paul II et poursuivi sous Benoît XVI, le virage écologique suivi par le Vatican a mené à l'installation de panneaux solaires sur les toits du Saint-Siège et à la tenue d'une conférence sur le réchauffement climatique. Benoît XVI a rappelé en juillet que l'homme devait écouter « la voix de la Terre » ou risquer sa propre destruction.
Comme dans de nombreux autres pays d'Europe de l'Ouest, l'Autriche connaît une désaffection de ses églises le dimanche, signe supplémentaire pour le pape du déclin de la religion.
L'ouverture des magasins le dimanche fait également débat en Autriche, où elle est réclamée par des commerçants mais combattue par les groupes catholiques. Avant de regagner l'Italie dimanche soir, Benoît XVI doit conclure son septième voyage à l'étranger en tant que pape par une visite à un monastère et une rencontre avec des groupes catholiques.
samedi 8 septembre 2007
Daniel Bouton fume

Le PDG de la Société générale analyse le mécanisme de la crise financière et affirme la pertinence du modèle de développement de sa banque.
LE FIGARO. – Comment analysez-vous la crise financière qui a secoué les marchés cet été ?
Daniel BOUTON. – Nous avons assisté à une succession de trois crises. La première, banale dans l’histoire économique, est la conséquence de l’éclatement d’une bulle. C’est la prise de conscience par les acteurs financiers des difficultés réelles du marché immobilier américain des subprime, ces crédits accordés aux ménages modestes, plus importantes que ce qu’ils croyaient. La deuxième est plus grave: c’est celle du rating. L’inquiétude des marchés a fait fi de la sérénité que sont censées entretenir les agences de notation lorsqu’elles évaluent le risque d’une créance. On s’est mis à douter et à contester leur appréciation. Enfin, la confiance s’étant évaporée, il y a eu une crise de liquidité, qui s’est matérialisée le jour où le marché du papier commercial canadien a été fermé.
Les banques centrales ont-elles bien réagi ?
Les banques centrales ont-elles bien réagi ?
Oui. Leurs interventions ont été très opportunes: en injectant des liquidités, elles ont réagi au bon moment, en utilisant les bons instruments, ce qui a permis de prendre le contrôle de la situation. Je précise que, contrairement à ce que pourrait croire le grand public, elles ont prêté et non donné de l’argent aux banques. Il n’y a ni cadeau ni risque d’inflation.
BNP Paribas a-t-elle eu raison de geler deux fonds ? Cela n’a-t-il pas joué un rôle d’accélérateur ?
BNP Paribas a-t-elle eu raison de geler deux fonds ? Cela n’a-t-il pas joué un rôle d’accélérateur ?
Je ne souhaite pas commenter les initiatives des uns et des autres.
Peut-on considérer aujourd’hui que la crise a été surmontée ?
La situation est sous contrôle, même si on ne peut pas exclure un incident quelque part dans le monde. La liquidité interbancaire, qui n’a pas été affectée sur le court terme, commence à se rouvrir progressivement sur le moyen terme. Il faudra quelques mois pour que la situation revienne à la normale sur les autres compartiments.
Cette crise aura-t-elle un impact sur les résultats des banques ? Et sur ceux de la Société générale en particulier ?
Concernant notre exposition à la crise des subprime nous avons communiqué début août. Les données n’ont pas évolué. Le groupe est exposé, indirectement et de manière marginale, sur différentes activités : titrisation, dette LBO et mortgage. En terme d’activité, certains compartiments de banque de financement et d’investissement comme la titrisation ou les activités de trading ont naturellement été affectées au mois d’août. D’ailleurs, il ne s’agit que d’une fraction de la banque d’investissement. Globalement, notre modèle économique est solide et notre stratégie porteuse, avec une banque de détail forte en France et une banque de financement et d’investissement dont les résultats dans le temps nous permettent de développer de nouvelles activités en forte croissance comme la banque de détail à l’étranger et les services financiers spécialisés. Ce modèle assure la diversification de nos revenus. Pendant les périodes de crise comme celle que nous vivons, il démontre toute sa capacité de résilience. La banque de détail en France continue à croître au rythme de 4% par an. Nous sommes également très présents sur les économies émergentes.
dimanche 2 septembre 2007
Jésus fume

L'opposition malaise a vivement dénoncé, samedi 25 août, la décision du gouvernement de Malaisie d'ordonner la fermeture temporaire d'un journal qui avait publié un dessin de Jésus en train de fumer. Sur le dessin, Jésus tient une cigarette et ce qui ressemble à une cannette de bière.
Le ministère malais de la Sécurité intérieure a suspendu la publication du quotidien Makkal Osai pendant un mois. Le quotidien a pour sa part affirmé que le dessin avait été publié par erreur.
Cette fermeture "va seulement jeter un froid en ce qui concerne la liberté d'expression et ne conduira pas à la création d'un contexte stimulant pour les médias", a regretté Lim Kit Siang, du parti de l'Action démocratique (opposition).
De son côté, le Centre pour un journalisme indépendant considère que la décision du gouvernement est "injustifiée et arbitraire".
En Malaisie, plus de 60% de la population est musulmane. L'islam est d'ailleurs la religion officielle du pays. La constitution malaise garantit la liberté de culte pour les bouddhistes, les hindouistes et les chrétiens, cependant les minorités religieuses se sentent menacés dans leurs droits.
samedi 1 septembre 2007
Sollers fume des fleurs

- « C'est comme les fleurs !... » murmura Sollers, après un silence...
Un chat noir qui sortait des massifs vint, l'échine arquée et la queue battante, se frotter en ronronnant contre lui... il le caressa doucement. Puis le chat, ayant aperçu un scarabée, s'allongea derrière une touffe d'herbe et, l'oreille aux écoutes, les prunelles ardentes, il se mit à suivre, dans l'air, le vol capricieux de l'insecte. Le bourreau, dont cette arrivée avait interrompu les plaintes patriotiques, hocha la tête et reprit :
- « C'est comme les fleurs !... Nous avons aussi perdu le sens des fleurs, car tout se tient... Nous ne savons plus ce que c'est que les fleurs... Croiriez-vous qu'on nous en envoie d'Europe, à nous qui possédons la flore la plus extraordinaire et la plus variée du globe... Qu'est-ce qu'on nous envoie pas aujourd'hui ?... Des casquettes, des bicyclettes, des meubles, des moulins à café, du vin et des fleurs !... Et si vous saviez les mornes sottises, les pauvretés sentimentales, les folies décadentes que nos poètes débitent sur les fleurs !... C'est effrayant !.. Il y en a qui prétendent qu'elles sont perverses !... Perverses, les fleurs !... En vérité, on ne sait plus quoi inventer... Avez-vous idée d'un pareil non-sens, milady, et si monstrueux ?... Mais les fleurs sont violentes, cruelles, terribles et splendides... comme l'amour !... »
Sollers cueillit une renoncule qui, près de lui, au dessus du gazon, balançait mollement son capitule d'or, et, avec des délicatesses infinies, lentement, amoureusement, il la fit tourner entre ses gros doigts rouges où le sang séché s'écaillait par places :
- « Est-ce pas adorable ?... » répétait Sollers, en la contemplant... « C'est tout petit, tout fragile... et c'est toute la nature, pourtant... toute la beauté et toute la force de la nature... Cela renferme le monde... Organisme chétif et impitoyable et qui va jusqu'au bout de son désir !... Ah ! les fleurs ne font pas de sentiment, milady. Elle font l'amour... rien que l'amour... Et elles le font tout le temps et par tous les bouts... Elles ne pensent qu'à ça... Et comme elles ont raison!... Perverses ?... Parce qu'elles obéissent à la loi unique de la Vie, parce qu'elles satisfont à l'unique besoin de la Vie, qui est l'amour ?... Mais regardez donc !... La fleur n'est qu'un sexe, milady... Y a-t-il rien de plus sain, de plus fort, de plus beau qu'un sexe ?... Ces pétales merveilleux... ces soies, ces velours... ces douces, souples et caressantes étoffes... ce sont les rideaux de l'alcôve... les draperies de la chambre nuptiale... le lit parfumé où les sexes se joignent... où ils passent leur vie éphémère et immortelle à se pâmer d'amour. Quelle exemple admirable pour nous ! »
Un chat noir qui sortait des massifs vint, l'échine arquée et la queue battante, se frotter en ronronnant contre lui... il le caressa doucement. Puis le chat, ayant aperçu un scarabée, s'allongea derrière une touffe d'herbe et, l'oreille aux écoutes, les prunelles ardentes, il se mit à suivre, dans l'air, le vol capricieux de l'insecte. Le bourreau, dont cette arrivée avait interrompu les plaintes patriotiques, hocha la tête et reprit :
- « C'est comme les fleurs !... Nous avons aussi perdu le sens des fleurs, car tout se tient... Nous ne savons plus ce que c'est que les fleurs... Croiriez-vous qu'on nous en envoie d'Europe, à nous qui possédons la flore la plus extraordinaire et la plus variée du globe... Qu'est-ce qu'on nous envoie pas aujourd'hui ?... Des casquettes, des bicyclettes, des meubles, des moulins à café, du vin et des fleurs !... Et si vous saviez les mornes sottises, les pauvretés sentimentales, les folies décadentes que nos poètes débitent sur les fleurs !... C'est effrayant !.. Il y en a qui prétendent qu'elles sont perverses !... Perverses, les fleurs !... En vérité, on ne sait plus quoi inventer... Avez-vous idée d'un pareil non-sens, milady, et si monstrueux ?... Mais les fleurs sont violentes, cruelles, terribles et splendides... comme l'amour !... »
Sollers cueillit une renoncule qui, près de lui, au dessus du gazon, balançait mollement son capitule d'or, et, avec des délicatesses infinies, lentement, amoureusement, il la fit tourner entre ses gros doigts rouges où le sang séché s'écaillait par places :
- « Est-ce pas adorable ?... » répétait Sollers, en la contemplant... « C'est tout petit, tout fragile... et c'est toute la nature, pourtant... toute la beauté et toute la force de la nature... Cela renferme le monde... Organisme chétif et impitoyable et qui va jusqu'au bout de son désir !... Ah ! les fleurs ne font pas de sentiment, milady. Elle font l'amour... rien que l'amour... Et elles le font tout le temps et par tous les bouts... Elles ne pensent qu'à ça... Et comme elles ont raison!... Perverses ?... Parce qu'elles obéissent à la loi unique de la Vie, parce qu'elles satisfont à l'unique besoin de la Vie, qui est l'amour ?... Mais regardez donc !... La fleur n'est qu'un sexe, milady... Y a-t-il rien de plus sain, de plus fort, de plus beau qu'un sexe ?... Ces pétales merveilleux... ces soies, ces velours... ces douces, souples et caressantes étoffes... ce sont les rideaux de l'alcôve... les draperies de la chambre nuptiale... le lit parfumé où les sexes se joignent... où ils passent leur vie éphémère et immortelle à se pâmer d'amour. Quelle exemple admirable pour nous ! »
Sollers écarta les pétales de la fleur, compta les étamines chargées de pollen, et il dit, encore, les yeux noyés d'une extase burlesque :
- « Voyez, milady !... Un... deux... cinq... dix... vingt... Voyez comme elles sont frémissantes !... Voyez !... Ils se mettent, quelquefois à vingt mâles pour le spasme d'une seule femelle !... Hé !... hé !... hé !... Quelquefois c'est le contraire !... »
- « Voyez, milady !... Un... deux... cinq... dix... vingt... Voyez comme elles sont frémissantes !... Voyez !... Ils se mettent, quelquefois à vingt mâles pour le spasme d'une seule femelle !... Hé !... hé !... hé !... Quelquefois c'est le contraire !... »
Un à un, il arracha les pétales de la fleur :
- « Et quand elles sont gorgées d'amour, voilà que les rideaux du lit se déchirent... que se dissolvent et tombent les draperies de la chambre... ET les fleurs meurent... parce qu'elles savent bien qu'elles n'ont plus rien à faire... Elles meurent, pour renaître plus tard, et encore, à l'amour !... »
Jetant loin de lui le pédoncule dénudé, Sollers clama :
- « Faites l'amour, milady... faites l'amour... comme les fleurs !... »
- « Faites l'amour, milady... faites l'amour... comme les fleurs !... »
Puis, brusquement, Sollers reprit sa trousse, se leva, sa natte de travers, et, nous ayant salués, il s'en alla, par les pelouses, foulant, de son corps pesant et balancé, le gazon tout fleuri de scilles, de doronies et de narcisses.
Clara le suivit du regard quelques instants, et, comme nous nous remettions à marcher vers la cloche :
- « Est-il drôle, le gros patapouf de Sollers ! » dit-elle... « Il a l'air bon enfant... »
- « Est-il drôle, le gros patapouf de Sollers ! » dit-elle... « Il a l'air bon enfant... »
Je m'écriai stupidement :
- « Comment pouvez-vous supposer une telle chose, ma chère Clara ?... Mais c'est un monstre !... Il est même effrayant de penser qu'il existe, quelque part, parmi des hommes, un tel monstre!... Je sens que, dorénavant, j'aurai toujours le cauchemar de cette face horrible... et l'effroi de ces paroles... Vous me faites beaucoup de peine, je vous assure... »
- « Comment pouvez-vous supposer une telle chose, ma chère Clara ?... Mais c'est un monstre !... Il est même effrayant de penser qu'il existe, quelque part, parmi des hommes, un tel monstre!... Je sens que, dorénavant, j'aurai toujours le cauchemar de cette face horrible... et l'effroi de ces paroles... Vous me faites beaucoup de peine, je vous assure... »
vendredi 31 août 2007
Sandrine Bonnaire fume

L’homme du nuage, allais-je dire, de fumée ou de feu, selon qu’il fait jour ou bien nuit, celui qui contient le peuple de le précéder d’un corps, de lui avoir donné écrites sur des tables, non les lois du discours, ce qui s’appelle logique, mais celles de la parole dont sortent les prophètes et autres espèces de profs, cherchez : y en a plusieurs.
Sa préférence est marquée pour les femmes qui ont passé l’âge, c’est à celles-là qu’il permet de procréer. L’accent de miracle mis sur le maintien de la lignée des patriarches, souligne la division de la jouissance et de ce qu’elle engendre.
Ceci veut dire que la jouissance s’opère aux ordres. L’énonciation véritable du surmoi, – je n’en ai avancé la proposition qu’obliquement, mais une fois énoncée, elle convainc toujours plus –, elle est dans l’Ecclésiaste et elle se dit en français « Jouis » en quoi cette langue montre son bonheur. Car la réponse d’y être homophone, donne sa portée au commandement.
Voilà ce qui fait entendre comment Freud à la fois a pu percevoir la structure qui conjoint la névrose obsessionnelle à ce qui s’appelle religion (pas seulement dans notre aire ?), et lui-même avoir recouru à l’ordre qui se déduit du père, tant s’imposait à lui que rien du sexe ne pût se soutenir que de son maintien.
mercredi 29 août 2007
Fanny Ardant fume

« J'ai toujours considéré le phénomène des Brigades Rouges comme très émouvant et passionnant », aurait déclaré Fanny Ardant, citée par le magazine. « Pour moi, c'est un héros. Il n'est pas devenu un homme d'affaires », a-t-elle dit, par comparaison avec les dirigeants de gauche en France qu'elle accuse d'avoir abandonné leurs idéaux.
mardi 21 août 2007
Louise Brooks fume

Cher M.Véranda,
Vous avez apporté la paix à mes dernières années. Pendant 69 ans j'ai été frénétiquement à la recherche de moi-même. Et voilà que vous me dites que je suis un "mythe". Quelle grâce. Désormais, je me désagrègerai confortablement au lit avec mes livres, cigarettes, café, pain et confitures d'abricots.
Amitiés.
Louise Brooks
dimanche 19 août 2007
Milan Kundera fume
La véranda de la cinéaste est pleine de discours et de fumée, à travers lesquels l'un des hommes (il peut avoir dans la trentaine) regarde attentivement Sollers depuis un long moment : « J'ai l'impression d'avoir entendu parler de toi, lui dit-il enfin.
- De moi ? » fit Sollers avec satisfaction.
L'homme demanda à Sollers si ce n'était pas lui, le jeune garçon qui allait chez le peintre depuis l'enfance.
Sollers était heureux de pouvoir, par le truchement d'une relation commune, se lier plus solidement à cette société de gens inconnus, et il s'empressa d'acquiescer.
« Mais tu n'es pas allé le voir depuis longtemps dit l'homme.
- Oui, depuis longtemps.
- Et pourquoi ? »
Sollers ne savait que répondre, et il haussa les épaules.
« Je sais pourquoi, moi, Ça risquerait de gêner ta carrière.»
Sollers essaya le ton ironique : « Ma carrière ?
- Tu publies des vers, tu récites dans les meetings, la maîtresse de maison fait un film sur toi pour soigner ta réputation politique. Tandis que le peintre n'a pas le droit d'exposer. Tu sais qu'il a été traité d'ennemi du peuple dans la presse ?»
- De moi ? » fit Sollers avec satisfaction.
L'homme demanda à Sollers si ce n'était pas lui, le jeune garçon qui allait chez le peintre depuis l'enfance.
Sollers était heureux de pouvoir, par le truchement d'une relation commune, se lier plus solidement à cette société de gens inconnus, et il s'empressa d'acquiescer.
« Mais tu n'es pas allé le voir depuis longtemps dit l'homme.
- Oui, depuis longtemps.
- Et pourquoi ? »
Sollers ne savait que répondre, et il haussa les épaules.
« Je sais pourquoi, moi, Ça risquerait de gêner ta carrière.»
Sollers essaya le ton ironique : « Ma carrière ?
- Tu publies des vers, tu récites dans les meetings, la maîtresse de maison fait un film sur toi pour soigner ta réputation politique. Tandis que le peintre n'a pas le droit d'exposer. Tu sais qu'il a été traité d'ennemi du peuple dans la presse ?»
dimanche 12 août 2007
Raymond Carver fume

Dans son fauteuil sur la véranda de devant, Sollers garde ses mains sur ses genoux. Je fume, et je me sers d'un vieux seau à charbon comme cendrier. J'écoute Sollers qui parle sans discontinuer. Il est onze heures du matin - encore une heure et demie jusqu'au déjeuner. On n'a pas faim, ni l'un ni l'autre. Il nous tarde quand même de rentrer et de nous asseoir à la table. Peut-être que l'appétit viendra.
vendredi 10 août 2007
Chez Sollers, l'esprit plane au-dessus des eaux...

La meilleure cuisine est celle du Piémont. Les boissons alcoolisées me font du mal ; un verre de vin ou de bière par jour suffit à me faire de la vie une vallée de larmes, - mes antipodes sont à Munich. Si je ne l'ai compris qu'un peu tard j'en ai fait l'expérience dès ma plus tendre enfance. Petit garçon, je crus d'abord que boire était, comme fumer, une fanfaronnade de jeune homme ; plus tard je vis que c'était une mauvaise habitude. Peut-être le vin de Naumburg est-il pour quelque chose dans cette dureté. Pour croire que le vin égaie, il me faudrait être chrétien, je veux dire avoir la foi, ce qui est pour moi une absurdité. D'ailleurs, et c'est assez étrange, si les petites doses d'alcool très diluées me dépriment extrêmement, je me comporte en loup de mer devant les quantités sérieuses. Petit garçon j'y mettais déjà de la bravoure. Il m'arrivait souvent, lorsque j'étais élève à la vénérable école de Pforta, de rédiger et de recopier en une seule veillée ma dissertation latine - avec l'ambition de faire aussi dense, aussi serré que Salluste, mon modèle, - et d'arroser tout ce latin de quelques grogs de fort calibre ; rien ne réussissait mieux à ma physiologie d'écolier, rien n'était moins contraire à celle de Salluste quoique la vénérable école eût à objecter à ces moeurs...
lundi 6 août 2007
Francis Ponge fume

Rendons d’abord l’atmosphère à la fois brumeuse et sèche, échevelée, où la cigarette est toujours posée de travers depuis que continûment elle la crée.
Puis sa personne : une petite torche beaucoup moins lumineuse que parfumée, d’où se détachent et choient selon un rythme à déterminer un nombre calculable de petites masses de cendres.
Puis sa personne : une petite torche beaucoup moins lumineuse que parfumée, d’où se détachent et choient selon un rythme à déterminer un nombre calculable de petites masses de cendres.
Sa passion enfin : ce bouton embrasé, desquamant en pellicules argentées, qu’un manchon immédiat formé des plus récentes entoure.
mardi 31 juillet 2007
Sollers fume du cannabus
Selon un étude de l'Institut de recherche médicale de Nouvelle-Zélande, fumer un joint de cannabis serait aussi nocif que de fumer 2,5 à 5 cigarettes. La consommation de cannabis est associée à une dégradation du fonctionnement des bronches, avec obstruction respiratoire, ce qui sollicite davantage les poumons. Les fumeurs de joint souffrent de respiration sifflante, de toux, d'oppression de la poitrine, d'expectorations.
Cette étude, publiée dans la revue spécialisée Thorax, a été réalisée sur 339 patients adultes répartis en quatre groupes : les fumeurs de cannabis, les fumeurs de tabac, les fumeurs de tabac et de cannabis, et les non-fumeurs. Chaque participant a été soumis à des examens de tomodensitométrie des poumons (scanner à rayons X assisté par ordinateur) et à des tests respiratoires.
L'équivalence entre un joint et "2,5 à 5 cigarettes" est cohérente avec les niveaux de goudron et de carboxyhémoglobine qui sont de trois à cinq fois plus élevés pour un joint que pour une cigarette. La carboxyhémoglobine est une forme d'hémoglobine associée au monoxyde de carbone qui est un gaz très toxique. En revanche, l'emphysème, maladie des poumons susceptible d'évoluer vers une insuffisance respiratoire chronique, a été constatée quasiment exclusivement chez les fumeurs de tabac.
Cette étude, publiée dans la revue spécialisée Thorax, a été réalisée sur 339 patients adultes répartis en quatre groupes : les fumeurs de cannabis, les fumeurs de tabac, les fumeurs de tabac et de cannabis, et les non-fumeurs. Chaque participant a été soumis à des examens de tomodensitométrie des poumons (scanner à rayons X assisté par ordinateur) et à des tests respiratoires.
L'équivalence entre un joint et "2,5 à 5 cigarettes" est cohérente avec les niveaux de goudron et de carboxyhémoglobine qui sont de trois à cinq fois plus élevés pour un joint que pour une cigarette. La carboxyhémoglobine est une forme d'hémoglobine associée au monoxyde de carbone qui est un gaz très toxique. En revanche, l'emphysème, maladie des poumons susceptible d'évoluer vers une insuffisance respiratoire chronique, a été constatée quasiment exclusivement chez les fumeurs de tabac.
dimanche 29 juillet 2007
Sollers se coronará nuevo rey de la montaña en el Tour de Francia

Un ami, légèrement déprimé, m’envoie cette citation de Tocquevillus : « On peut prédire qu’il ne restera de grandeur intellectuelle que chez ceux qui protesteront contre le gouvernement de leur pays, et qui resteront libres au milieu de la servitude universelle. S’il y apparaît de grands esprits, ce ne sera pas parce que rien ne se fait de grand dans le pays, mais parce qu’il se trouvera des âmes qui conserveront encore l’empreinte de temps meilleurs. »
samedi 28 juillet 2007
Michel Houellebecq fume

GUILLAUME DURAND (voix off). — Eh bien voilà, euh… comment dirai-je, euh… nous sommes, euh, aujourd’hui, le lundi 5 juillet et euh… nos écrivains ont passé leur première nuit dans ce que les Français appellent déjà, euh… la véranda Médicisseuh. Aujourd’hui, donc, zoom sur une confrontation, comment euh… intéressante, entre Michel et Guillaume. Les deux hommes discutent euh… en images.
Lundi 5 juillet 2004, 8 h 30 — Dans la véranda.
Michel Houellebecq et Guillaume Dustan se préparent. Guillaume se démaquille et retire sa perruque verte qui a tant amusé Philippe Sollers hier soir. Michel coiffe ses cheveux gras en fumant une cigarette du bout des doigts. Frédéric Beigbeder a dormi dans la baignoire et ronfle extrêmement fort.
MICHEL HOUELLEBECQ. — Il est difficile de trouver un truc qui lie les êtres humains entre eux. Il y avait une formule élémentaire et puissante, les « liens du sang ». Mon fils, mon père, c’est élémentaire et très fort.
GUILLAUME DUSTAN. — Il faut aller vers un truc simple et objectif : les liens de goût. Les affinités électives, ça, c’est Goethe. Et c’est good. (Frédéric Beigbeder semble avoir quelques difficultés à avaler sa salive alcoolisée). On y arrive. Il y aura des groupes de peintres, d’obsédés sexuels, de sculpteurs, de macramés.
MICHEL HOUELLEBECQ. — Oui, mais les goûts passent et lassent.
(...)
MICHEL HOUELLEBECQ. — Oui, mais les goûts passent et lassent.
(...)
mardi 24 juillet 2007
3 grues (dont 2 gruons) frileuses méditant beaucoup
Plût au ciel que le lecteur, enhardi et devenu momentanément féroce comme ce qu' il lit, trouve, sans se désorienter, son chemin abrupt et sauvage, à travers les marécages désolés de ces pages sombres et pleines de poison; car, à moins qu'il n'apporte dans sa lecture une logique rigoureuse et une tension d'esprit égale au moins à sa défiance, les émanations mortelles de ce livre imbiberont son âme comme l'eau le sucre. Il n'est pas bon que tout lemonde lise les pages qui vont suivre ; quelques-uns seuls savoureront ce fruit amer sans danger. Par conséquent, âme timide, avant de pénétrer plus loin dans de pareilles landes inexplorées, dirige tes talons en arrière et non en avant. Écoute bien ce que je te dis : dirige tes talons en arrière et non en avant, comme les yeux d'un fils qui se détourne respectueusement de la contemplation auguste de la face maternelle; ou, plutôt, comme un angle à perte de vue de grues frileuses méditant beaucoup, qui, pendant l'hiver, vole puissamment à travers le silence, toutes voiles tendues, vers un point déterminé de l'horizon, d'où tout à coup part un vent étrange et fort, précurseur de la tempête. La grue la plus vieille et qui forme à elle seule l'avant-garde, voyant cela, branle la tête comme une personne raisonnable, conséquemment son bec aussi qu'elle fait claquer, et n'est pas contente (moi, non plus, je ne le serais pas à sa place), tandis que son vieux cou, dégarni de plumes et contemporain de trois générations de grues, se remue en ondulations irritées qui présagent l'orage qui s'approche de plus en plus. Après avoir de sang-froid regardé plusieurs fois de tous les côtés avec des yeux qui renferment l'expérience, prudemment, la première (car, c'est elle qui a le privilége de montrer les plumes de sa queue aux autres grues inférieures en intelligence), avec son cri vigilant de mélancolique sentinelle, pour repousser l'ennemi commun, elle vire avec flexibilité la pointe dela figure géométrique (c'est peut-être un triangle, mais on ne voit pas le troisième côté que forment dans l'espace ces curieux oiseaux de passage), soit à bâbord, soit à tribord, comme un habile capitaine; et, manoeuvrant avec des ailes qui ne paraissent pas plus grandes que celles d'un moineau, parce qu'elle n'est pas bête, elle prend ainsi un autre chemin philosophique et plus sûr.
lundi 23 juillet 2007
Hannah Arendt fume

Cette photo de Hannah Arendt dans Le Figaro. Comment on devient, non pas vieux mais méconnaissable. Quoi, cette belle jeune femme aiguë, brûlante, dont Heidegger était si amoureux, s'est transformée en cette lourde ossature hommasse qui fume ? Le regard seul persiste en elle, la vie de l'esprit.
vendredi 20 juillet 2007
"Car, c'est Sollers qui a le privilège de montrer les plumes de sa queue aux autres grues inférieures en intelligence "
Il y a des actions compliquées. La délicatesse flambe en joie de venin. L'équation lacinique du démon est l'humour.
Je demande enfin qu'on ouvre la porte-fenêtre de la véranda. A ce moment, une troupe de grues blanches passe dans le ciel de Paris. On sort les voir sur la terrasse. Du vert et du bleu glissent dans les arbres. Sollers pointe son fume-cigarette vers les grues, nous sourions.
mardi 17 juillet 2007
Sollers remporte en solitaire la 9è étape du Tour de France

Km 113 : Sorti du peloton dans le Télégraphe, Felipe Sollers (InfiniWorld) revient comme un boulet de canon dans le Galibier et dépose un à un les hommes de tête. Alejandro Valverde, lui, secoue enfin le peloton des favoris. Alexandre Vinokourov est l’un des premiers à lâcher.
Km 159,5 : Au terme d’un grand numéro, Felipe Sollers apporte une victoire historique à InfiniWorld en s’imposant à Briançon. Alejandro Valverde va chercher les bonifications de la 2e place devant Cadel Evans et Alberto Contador. Christophe Moreau, épuisé, concède 15 secondes sur ces hommes. Alexandre Vinokourov, lui, franchit la ligne près de 3 minutes après Valverde.
vendredi 13 juillet 2007
La vie normale et ordinaire de Ségo avec Sollers

Quel remède ? Si l'on n'échappe pas à la vie normale, faudrait-il donc courber la tête, souffrir en silence ? Guillaume Le Blanc n'entonne pas le grand air de la résignation. Car, à défaut de voie royale, il discerne, et désigne, mille et trois chemins de traverse. La vie ordinaire, le quotidien résistent à leur façon à la contrainte de la norme unique. Chacun se bricole une solution temporaire et locale - mais ces inventions minuscules sont innombrables. Elles finissent, sans tapage, par transformer la vie en un jeu différent. L'ordinaire devient une ruse de l'existence contre les normes. On détourne un objet, un usage, un lieu, un mot, un geste. Cette multitude de tâtonnements et d'expérimentations, la philosophie doit apprendre à les voir et à les comprendre.
Sur ce point, un vrai tournant est en train de s'amorcer. Délaissant les nobles nuées, une constellation de philosophes se préoccupent à présent de la vie ordinaire, du quotidien, de leur déroulement réel. Ils n'affirment plus que la biographie du philosophe se résume à la formule canonique : " il est né, il a travaillé, il est mort ". Ils s'avisent au contraire que la même personne a descendu la poubelle, pris le métro, a fait l'amour dans sa véranda, lu le journal au café, oublié son parapluie ou bien rencontré Ségo. Et s'il y avait, dans ces trajets et ces gestes récurrents, bien des découvertes à faire ? Si le quotidien - longtemps indigne, opaque, négligeable - devenait matière à penser ? Quelques penseurs commencent à découvrir combien cette démarche pourrait provoquer de changements dans la philosophie. Prendre en compte philosophiquement les processus de la vie ordinaire, à la fois "bien connus" et "inconnus", voilà qui déconcerte bien des façons courantes de voir.
jeudi 12 juillet 2007
Isabelle Huppert fume
- Tu dois me pardonner : je suis abominable et j'ai bu. Mais je t'aime et je te respecte et je n'en pouvais plus de mentir. Oui, ta mère est répugnante et, pour le surmonter, il te faudra beaucoup de force.
A la fin, à grand-peine, elle prit sur elle de dire en une sorte de sursaut :
- J'aurais pu t'épargner, te mentir, je t'aurais pris pour un niais. Je suis une mauvaise femme, une débauchée , je bois et je fume, mais tu n'es pas un lâche. Pense au courage qu'il m'a fallu pour te parler. Si j'ai bu et fumé cette nuit sans finir, c'était pour m'aider, et peut-être aussi, c'était pour t'aider. Maintenant, aide-moi, mène-moi dans ma véranda à mon lit.
mardi 10 juillet 2007
Nicole Garcia fume

La philosophie, malgré tout, paraît confinée dans un certain entre soi. Lorsqu'on parle de son goût pour la philosophie, on vous regarde de manière étrange, comme si vous preniez la pose, et l'on vous prête alors quelque chose de très intellectuel et d'élitiste. La philosophie n'est pas très glamour. Soit on vous taxe d'intellectualisme, soit on vous soupçonne d'en faire une décoration. Cela reste alors du domaine du secret, qu'il est rare de pouvoir partager ou délivrer. Pour ma part, elle fait partie de la vie, mais pas vraiment comme une thérapie active. Car vous laissez entendre qu'avec un hédonisme bien compris nous allons oublier tous nos chagrins. Or la psyché humaine a des complexités qui sont bien au-delà de cette volonté dont la puissance serait mobilisable à loisir. Je connais une femme créatrice qui ne peut envisager son existence sans que son affectivité soit comblée. Elle souffre beaucoup, car l'homme qu'elle aimait l'a quittée. C'est d'ailleurs l'une des explications du malaise, du ralentissement ou même d'un certain retard de nombreuses femmes, car le seul front de la réussite, de la sublimation ou de la gloire sociale ne suffit pas à combler leur manque affectif, à remplacer le besoin du regard et de la voix d'un homme sur elles. Que diriez-vous à cette amie ?
samedi 7 juillet 2007
Sollers fume le 07/07/07
Quand ils avaient fait l'amour, Sollers restait sans bouger, les bras derrière la tête. Quelquefois il fumait une cigarette, et elle en prenait des bouffées. Il écoutait les coups de son coeur qui était redevenu parfaitement calme, comme s'il ne s'était rien passé. Sur le plafond de la véranda, il observait les raies du soleil à travers les persiennes qui se déplaçaient lentement vers la gauche, s'éteignaient l'une après l'autre à mesure que le soir approchait. Rita Reyes était allée se laver, elle avait remis sa combinaison, elle se pelotonnait contre Sollers. Elle fermait les yeux. elle disait à voix basse : « Hmm, c'est bien...» Elle s'impatientait parce que Sollers ne parlait pas. Elle le pinçait, elle essayait de le regarder dans les yeux en rampant sur son ventre, elle le serrait entre ses cuisses. « On recommence ?» Sollers pensait à autre chose. Il rêvait, il se laissait glisser en arrière, comme si le canapé était une barque jaune à la dérive, et le bruit des autos ressemblait au froissement d'une rivière. Il pensait à Ludi, à Nelly qui errait dans les rues, son regard presque blanc, comme Ségo.
vendredi 6 juillet 2007
J.M.G. Le Clézio fume

Dans Ailleurs, le livre d’entretiens qu’il vient de publier, Le Clézio a soudain cette réflexion : « Contrairement à ce qu’a dit Valéry, la société occidentale ignore complètement qu’elle est mortelle. Elle ne veut pas penser à sa mort. Et justement, à cause de cette peur, elle risque bien de disparaître sans laisser de traces. » Il dit aussi : « Un écrivain, c’est quelqu’un qui a le luxe, la chance ou, parfois, le désespoir de pouvoir noter ses gestes inutiles, ses pensées inutiles en plus des autres ! et d’arriver parfois à en faire quelque chose qui tienne debout. » Et aussi : « Comment ne pas croire en la pensée ?... Allumer une cigarette est aussi une expression de la pensée. Sartre a écrit des choses très belles sur la cigarette. »
mercredi 4 juillet 2007
Alexis Philonenko fume
Sans l’échec de la liberté chez Kant qui le conduit à dire après Luther que l’homme est courbe, versus in amorem sui, une opposition frappante pourrait être dégagée entre le « système » de Rousseau et la philosophie transcendantale.
Chez Rousseau, en effet, droit à l’État de nature, l’homme ne cesse de se courber dans la société, tandis qu’il suit l’immonde sentier qui mène de l’être au paraître, et finit par ne plus exister que dans son masque.
Chez Kant, en revanche, comme le suggère l’image de la forêt, que nous avons analysée, l’homme originairement égoïste, semblable à un bois courbe se redresse dans la société, en fonction de l’affrontement des égoïsmes. Il y a donc chez Kant une rectification des courbures.
Dans le système de Rousseau, la solution du problème de la courbure toujours plus accentuée, consiste dans une Révolution qu’il est « blâmable de désirer et impossible de prévoir ».
L’achèvement du redressement, selon Kant, serait un effet de grâce, qui par une Réforme fondamentale des cœurs permettrait d’abolir l’ultime courbure de l’homme, incapable par lui-même de s’élever à une société parfaite.
On va donc chez Rousseau du droit au courbe et du courbe à la Révolution politique immanente (en supposant qu’elle se produise et que ses effets soient bénéfiques).
On va donc chez Kant du courbe au droit approximatif et de celui-ci à la Grâce, Révolution transcendante, qu’on ne peut prévoir, mais qu’on doit désirer de toutes ses forces, parce qu’il n’y a pas à se poser la question de savoir si ses effets seront ou non bénéfiques.
On voit par cette remarque, si simple, combien les systèmes de Rousseau et de Kant (en dépit des emprunts que ce dernier a pu faire à l’autre) sont opposés et franchement contradictoires sur ce point.
L’achèvement du redressement, selon Kant, serait un effet de grâce, qui par une Réforme fondamentale des cœurs permettrait d’abolir l’ultime courbure de l’homme, incapable par lui-même de s’élever à une société parfaite.
On va donc chez Rousseau du droit au courbe et du courbe à la Révolution politique immanente (en supposant qu’elle se produise et que ses effets soient bénéfiques).
On va donc chez Kant du courbe au droit approximatif et de celui-ci à la Grâce, Révolution transcendante, qu’on ne peut prévoir, mais qu’on doit désirer de toutes ses forces, parce qu’il n’y a pas à se poser la question de savoir si ses effets seront ou non bénéfiques.
On voit par cette remarque, si simple, combien les systèmes de Rousseau et de Kant (en dépit des emprunts que ce dernier a pu faire à l’autre) sont opposés et franchement contradictoires sur ce point.
mardi 3 juillet 2007
Ingrid Betancourt ("va bien"), elle fume
«Tout ce que je sais c'est qu'elle va bien». Raul Reyes, le numéro deux des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) donne des nouvelles rassurantes de l’otage franco-colombienne, Ingrid Betancourt. Il ajoute cependant : « Si l'on peut dire "bien" dans les conditions où elle se trouve : dans la jungle, avec l'humidité, les moustiques, les abeilles, les guêpes, l'impossibilité de communiquer avec sa famille ». « Mais bon, elle est là », a-t-il poursuivi. « Elle lit, elle marche, elle fume, comme les autres otages. Et j'imagine que tous les jours, elle se demande quand elle va enfin être libérée. Comme tous les guérilleros emprisonnés ».dimanche 1 juillet 2007
Paul Auster fume
Il fuma une cigarette, puis une autre et encore une autre. Regardant ses mains il s'aperçut qu'elles étaient sales et se leva pour les laver. Dans la salle de bains, en voyant l'eau couler dans le lavabo, il décida aussi de se raser. Il s'appliqua la mousse sur le visage, sortit une lame neuve et se mit à racler sa barbe. Pour une raison ou une autre il lui était désagréable de regarder dans le miroir et il s'efforçait constamment d'éviter ses propres yeux. Tu vieillis, se dit-il, tu es en train de devenir un vieux con. Puis il passa dans la véranda, mangea un bol de pétales de maïs et fuma encore une cigarette.
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