« Attention aussi à ne pas s'habituer à considérer comme des "salauds" ceux qui ne nous apprécient pas : ça enlaidit. »
« Soleil, vigne... Autre beau titre possible : La Véranda de Nietzsche.»(Ph.Sollers)
mardi 8 mai 2012
dimanche 6 mai 2012
6 mai à 20h00
« J'ai cultivé mon hystérie avec jouissance et terreur. Maintenant, j'ai toujours le vertige, et aujourd'hui, 23 janvier 1862 6 mai 2012, j'ai subi un singulier avertissement, j'ai senti passer sur moi le vent de l'aile de l'imbécillité.»
samedi 5 mai 2012
J -1 (Fatigue)
Le monde ne marche que par le malentendu.
C'est par le malentendu universel que tout le monde s'accorde.
Car si, par malheur, on se comprenait, on ne pourrait jamais s'accorder.
L'homme d'esprit, celui qui ne s'accordera jamais avec personne, doit s'appliquer à aimer la conversation des imbéciles et la lecture des mauvais livres. Il en tirera des jouissances amères qui compenseront largement sa fatigue.
C'est par le malentendu universel que tout le monde s'accorde.
Car si, par malheur, on se comprenait, on ne pourrait jamais s'accorder.
L'homme d'esprit, celui qui ne s'accordera jamais avec personne, doit s'appliquer à aimer la conversation des imbéciles et la lecture des mauvais livres. Il en tirera des jouissances amères qui compenseront largement sa fatigue.
vendredi 4 mai 2012
J - 2 (Flute alors !)
« Socrate, la veille de sa mort, était en train d'apprendre un air de flûte.
- À quoi cela te servira-t-il ? lui dit-on.
- A savoir cet air avant de mourir. »
- A savoir cet air avant de mourir. »
la veille de sa mort, était en train d'apprendre un air de flûte. «A quoi cela te servira-t-il? lui dit-on. - A savoir cet air avant de mourir.»
jeudi 3 mai 2012
J -3 (Une chambre en Hollande)
Descartes n’exercera pas un
emploi d’intendant. Il ne passera pas le restant de ses jours en Italie.
Et comme peu de vies incitent autant que la sienne à rêver, à
l’imaginer autre, puisqu’elle a touché, à un moment ou à un autre, tous
les objets, tous les endroits, frémi des divers personnages qui leur
sont appariés, on résiste difficilement à la tentation de supposer, un
instant, que le connétable de Lesdiguières l’a pris à son service. La
question de savoir « comment nous devons vivre dans la Véranda », que Descartes se pose
depuis qu’il a quitté, l’année précédente, les Catholiques impériaux,
est réglée. Bien sûr, il sert dans l’armée, comme son père y songeait,
pour lui, dès sa naissance, comme lui-même n’a pas manqué de le faire au
sortir du collège, après avoir composé, pour sa propre gouverne, un
traité d’escrime. Mais il est logé dans quelque palais de marbre avec
les officiers, les gens des bureaux, et non plus dans la tranchée ou une
chambre basse munie d’un poêle, dans la désolation. À l’alternance des
marches, des combats de l’été et de l’oisiveté forcée de l’hiver succède
un travail régulier car il faut nourrir, vêtir, équiper les armées en
toute saison.
Enfin, à la fenêtre, l’opulence, la lumière dorée de la Lombardie ont remplacé la nuit glacée de l’Allemagne, l’œuvre d’art à laquelle s’apparente l’Italie, la vie colorée de ses rues et de ses places, les forêts de Moravie, les farouches habitants de l’Europe orientale. On peut se demander ce que l’obtention d’un tel emploi eût changé. L’irrésolution de Descartes est assez grande, encore, pour lui dérober ce que nous tenons, après coup, pour acquis. Mais nous savons que l’évidence ne s’impose qu’après de douloureuses et longues hésitations. Elle est conquise de haute lutte sur les possibles qui s’offrent, à chaque instant, comme un des visages que prendra, demain, la réalité, la négation inséparable de toute détermination. Le connétable n’est pas persuadé que le jeune gentilhomme venu de France par Bâle, Zurich, le Tyrol et Venise soit bien assidu au soin de tenir un compte rigoureux des dépenses de son armée. Il paraît trop curieux de trop de choses étrangères à cet emploi. Ou bien c’est Descartes qui juge qu’une charge importante le priverait de la liberté dont il a continuellement usé, dénonçant ses engagements pour voir autant de pays, de choses tant « naturelles » ou « civiles » qu’il en a l’envie.
Enfin, à la fenêtre, l’opulence, la lumière dorée de la Lombardie ont remplacé la nuit glacée de l’Allemagne, l’œuvre d’art à laquelle s’apparente l’Italie, la vie colorée de ses rues et de ses places, les forêts de Moravie, les farouches habitants de l’Europe orientale. On peut se demander ce que l’obtention d’un tel emploi eût changé. L’irrésolution de Descartes est assez grande, encore, pour lui dérober ce que nous tenons, après coup, pour acquis. Mais nous savons que l’évidence ne s’impose qu’après de douloureuses et longues hésitations. Elle est conquise de haute lutte sur les possibles qui s’offrent, à chaque instant, comme un des visages que prendra, demain, la réalité, la négation inséparable de toute détermination. Le connétable n’est pas persuadé que le jeune gentilhomme venu de France par Bâle, Zurich, le Tyrol et Venise soit bien assidu au soin de tenir un compte rigoureux des dépenses de son armée. Il paraît trop curieux de trop de choses étrangères à cet emploi. Ou bien c’est Descartes qui juge qu’une charge importante le priverait de la liberté dont il a continuellement usé, dénonçant ses engagements pour voir autant de pays, de choses tant « naturelles » ou « civiles » qu’il en a l’envie.
mercredi 2 mai 2012
J - 4 (Débat : extincteur)
« N'est-ce pas une constante française depuis 1789 ? La dénonciation moralisante est un jeu de langage inventé par les jacobins dans la période de la radicalisation de la Révolution. Ils avaient compris que pour survivre dans la turbulence permanente, il faut calomnier avant les autres. La calomnie est la première arme du peuple, ou mieux, des amis du peuple. »
mardi 1 mai 2012
lundi 30 avril 2012
J -6 (Montebourg fume ?)
« Montebourg me disait : "J'ai renoncé à l'amitié de deux hommes : l'un, parce qu'il ne m'a jamais parlé de lui; l'autre, parce qu'il ne m'a jamais parlé de moi." »
dimanche 29 avril 2012
J -7 ( Adieu ...)
« Un philosophe, retiré du monde dans sa Véranda, m'écrivait une lettre pleine de vertu et de raison. Elle finissait par ces mots : "Adieu, mon ami; conservez, si vous pouvez, les intérêts qui vous attachent à la société démocratique et libérale, mais cultivez les sentiments qui vous en séparent." »
vendredi 27 avril 2012
mercredi 25 avril 2012
J -11 (CAC 40 3233,46 +2,02% )
« "Nous cherchons peut-être des oreilles autant que des mots", clamait Nietzsche du fond de sa solitude. Il est plus facile de trouver un sexe qu'une oreille. »
lundi 23 avril 2012
Mickey Rourke fume
«Je ne vote pas.
Je n'ai jamais voté ni ne voterai jamais - j'entends librement. Je
m'amuse, et m'esclaffe, à l'idée que 51 pour cent des citoyens sont tout
et 49 pour cent zéro. Sans blague ! »
dimanche 22 avril 2012
J ( Avant d'y aller)
« Et les femmes, dans tout ça ? Elles sont inquiètes... Ça ne tourne pas comme prévu... Reflux, contrôle...Poulailler modèle... Pondeuses réglées... Séduction, fantaisie ? Envolées ! Désir ? Chloroforme. Fatigue ... Travail et fatigue...
Je continue, sous ma lampe dans la Véranda. À quoi bon ? Tout le monde s'en fout ...Personne ne lit plus rien... Se maintenir en forme ? C'est ça, rester à l'intérieur de la samedi 21 avril 2012
J -1 (Rester Humain )
« Qui peut se vanter de pouvoir rester un homme dans une telle situation ? » Fernando António Nogueira Pessõa
vendredi 20 avril 2012
jeudi 19 avril 2012
J - 3 (Le Temps des Cerises)
Qui a écrit dans son programme :
- " Vienne le temps des cerises et des jours heureux !"
- "L'interdiction des machines à voter."
mercredi 18 avril 2012
mardi 17 avril 2012
J - 5 (Bleu Blå Niebieski Blue Blau Azul Blu)
« Je ne demande à ma patrie ni pensions, ni honneurs, ni distinctions; je me trouve amplement récompensé par l'air que j'y respire; je voudrois seulement qu'on ne l'y corrompît point. »
lundi 16 avril 2012
J - 6 (Vert Green Grün Verde Zielony Grön)
« Le chef des républiques est un magistrat civil. Le hasard et la nécessité donna un chef militaire (stathouder) à la Hollande, et elle fit de grandes choses. »
dimanche 15 avril 2012
J -7 ( On fume encore)
Nicolas vient de nikos, qui signifie victoire et de laos,
qui veut dire peuple. Nicolas, c'est victoire du peuple, c'est-à-dire, des
vices qui sont populaires et vils. Ou bien simplement victoire, parce qu'il a
appris aux peuples, par sa vie et son enseignement, à vaincre les vices et les
péchés.
Nicolas peut venir encore de nikos, victoire et de laus, louange, comme si on disait louange victorieuse. Ou bien encore de nitor, blancheur et de laos, peuple, blancheur du peuple. Il eut en effet, dans sa personne, ce qui constitue la blancheur et la pureté; selon saint Ambroise, la parole divine purifie, la bonne confession purifie, une bonne pensée purifie, une bonne action purifie.
Les docteurs d'Argos ont écrit sa légende. D'après Isidore, Argos est une ville de la Grèce, d'où est venu aux Grecs le nom d'Argolides. On trouve ailleurs que le patriarche Méthode l’a écrite en grec. Jean la traduisit en latin et y fit des augmentations.
Nicolas peut venir encore de nikos, victoire et de laus, louange, comme si on disait louange victorieuse. Ou bien encore de nitor, blancheur et de laos, peuple, blancheur du peuple. Il eut en effet, dans sa personne, ce qui constitue la blancheur et la pureté; selon saint Ambroise, la parole divine purifie, la bonne confession purifie, une bonne pensée purifie, une bonne action purifie.
Les docteurs d'Argos ont écrit sa légende. D'après Isidore, Argos est une ville de la Grèce, d'où est venu aux Grecs le nom d'Argolides. On trouve ailleurs que le patriarche Méthode l’a écrite en grec. Jean la traduisit en latin et y fit des augmentations.
Nicolas, citoyen de Patras, dut le jour à de riches et saints parents. Son père
Epiphane et sa mère Jeanne l’engendrèrent en la première fleur de leur âge et
passèrent le reste de leur vie dans la continence. Le jour de sa naissance, il
se tint debout dans le bain ; de plus il prenait le sein une fois seulement,
la quatrième (mercredi) et la sixième férie (vendredi).
Devenu grand (1m62), il évitait les divertissements, et préférait ...
Devenu grand (1m62), il évitait les divertissements, et préférait ...
samedi 14 avril 2012
J -8 (Céleste Médiateur)
Durant le temps de notre révolte, nous avons pris des
engagements, nous avons entretenu des correspondances avec les ennemis de notre
prince; et comme dit le prophète Isaïe, Percussimus fœdus cum morte et cum
inferno fecimus pactum : « Nous avons fait un traité avec la mort et
lié une société avec l'enfer, » c'est-à-dire que nous sommes entrés avec le
monde dans des attachements criminels. Maintenant pour jouir du bénéfice de
cette paix que notre céleste Médiateur a négociée, il faut renoncer à
tous ces traités et rompre pour jamais ces intelligences; c'est la condition
qu'on nous impose, et elle est couchée en termes formels dans le même prophète
Isaïe : Delebitur fœdus vestrum cum morte et pactum vestrum cum inferno non
stabit : « Votre traité avec la mort sera cassé et votre pacte avec
l'enfer ne tiendra pas. »
vendredi 13 avril 2012
jeudi 12 avril 2012
mercredi 11 avril 2012
J - 11 (Relax)
« Une phrase de Cioran (101 ans) dont je me porte garant avec mon existence : " Une
mardi 10 avril 2012
Marcela Iacub fume
Vénus deviennent des monstres effrayants, elles ont presque toutes des bouches du XVIIe siècle, édentées ou pire encore, avec quelques grandes dents déchaussées qu'elles sucent. C'est assez abominable...»
dimanche 8 avril 2012
La liberté envers et contre tout.
Les singes vivant en groupe rejettent, paraît-il, ceux d'entre eux qui d'une façon ou d'une autre ont frayé avec des humains. Un tel détail, combien on regrette qu'un Swift ne l'ait pas connu !
jeudi 5 avril 2012
mercredi 4 avril 2012
Albert Cossery fume
- Tu te trompes. Ils font semblant de s'amuser, mais ce n'est qu'une ruse. En vérité, ils complotent contre le gouvernement. Sinon pourquoi resteraient-ils oisifs ?
- Peut-être qu'ils trouvent la vie plus agréable à ne rien faire. C'est une philosophie nouvelle. Ils sont décidés à la mettre en pratique.
dimanche 1 avril 2012
Après Nicolas
Giorgio Colli : Après Nietzsche
Les « grandes âmes ont peu à attendre de la justice des générations futures, dès lors qu’elles s’adressent à leur présent avec une dureté véritable ». Et au lendemain de la cérémonie de clôture d’un siècle amer, c’est Nietzsche qui meurt une seconde fois, avec les festivités annoncées du centenaire de sa mort. Parce que les questions soulevées par lui sont encore là, suspendues, toujours plus inextricablement mêlées à notre incapacité d’y répondre. Piètres OEdipes modernes, pliant devant le sphinx, ou faisant mine de n’avoir pas entendu. Le vingtième siècle est terminé, et Après Nietzsche évoque un temps qui n’est pas advenu, le temps présent d’un « savoir non détaché de la vie ».
Écrit au sortir de quinze années consacrées à établir, avec Mazzino Montinari, l’édition des Œuvres complètes de Nietzsche, ce « petit livre sans notes » parle des «conquêtes» de la pensée de Nietzsche, mais aussi de ses retentissantes et glorieuses défaites. Il témoigne contre une modernité qui, au nom d’une certaine science, d’une certaine perspective historique, d’une raison détachée du logos, n’a pas su aller après Nietzsche, et s’est abandonnée aux délices de Capoue des apparences.
Inscription à :
Articles (Atom)





