« Soleil, vigne... Autre beau titre possible : La Véranda de Nietzsche.»(Ph.Sollers)
dimanche 31 janvier 2010
samedi 30 janvier 2010
Angelina Jolie fume

Chaque année, il faut dire que l’orchestre y met du cœur. On change un peu les paroles, mais ce sont toujours plus ou moins les mêmes musiques. On rit, on s’amuse, on en redemande. Donnons quelques exemples de rengaines, histoire de savoir de quoi nous parlons. Une trouvaille récente : La Bibliothèque nationale de France vient de créer un nouveau prix littéraire, destiné à récompenser un écrivain majeur d’aujourd’hui. Il a été décerné au printemps dernier. Qui est l’heureux lauréat ? Philippe Sollers. Et qui figure dans le jury du prix ? Julia Kristeva, épouse de l’heureux lauréat. Très joli, bravo. Quelqu’un s’est-il ému qu’une institution d’état fonctionne tranquillement au népotisme ?
Il est vrai qu’on a là une figure récurrente du folklore. Pour ne donner que deux autres exemples, Yannick Haenel et François Meyronnis publient en 2005 Poker, un livre d’entretiens avec Sollers, précédé de quelques pages d’adoration lyrique (”Il y a en effet chez Sollers [...] cette force d’acuité qui lui permet d’avoir accès aux expériences verbales les plus extrêmes” ; “l’étrange individu nommé Philippe Sollers est capable de jouir des tourbillons de la case vide ; il est donc le mieux placé pour entendre Yannick Haenel, me dis-je, avec une extravagante modestie”). Et qui publie ce livre d’adoration envers Sollers ? Mais Sollers, bien sûr, dans sa collection de “L’Infini”. Pas mal. Peu de temps après, le prix Décembre couronne Yannick Haenel, pour un roman publié dans la collection “L’Infini”. Et qui figure dans le jury du prix ? Philippe Sollers, éditeur de l’heureux lauréat. Car toute peine mérite salaire. C’est à ce prix qu’on arrive
vendredi 29 janvier 2010
Sollers : le Sillon Parfait
Nul besoin n'est aux épouses de mouvements lascifs. Au contraire la femme se gêne elle-même et contrarie la conception, si par des déhanchements voluptueux elle stimule le désir de l'homme et sollicite un épanchement immodéré et épuisant. C'est rejeter le soc sollers du sillon, c'est détourner le jet de la semence. Bonne pour les courtisanes, cette agitation ! Elles évitent ainsi l'embarras des grossesses fréquentes tout en donnant à leurs amants un raffinement de plaisir. Mais nos épouses n'ont pas besoin de cet artifice.
jeudi 28 janvier 2010
Marianne N° 666
mercredi 27 janvier 2010
D'après Sollers ça s' réchauffe...

Ces armes, ces chevaux, ces soldats, ces canons,
Ne soutiennent pas seuls l'honneur des nations.
Je lui répondis tout de suite, étant à l'aile de mon régiment et de celui de
Nous avons des
lundi 25 janvier 2010
Brigitte Fontaine fume
dimanche 24 janvier 2010
L'épaisse et le fluide Sollers
Les accords formés par Vénus offrent une grande diversité ; tel homme est fait pour féconder telle femme ; de tel autre, c'est telle autre femme qui recevra le mieux le fardeau de la grossesse. Maintes femmes restées stériles au cours de plusieurs hyménées ont fini par trouver un homme capable de les rendre mères et de les enrichir d'une douce famille. Et des hommes dont plusieurs épouses quoique fécondes avaient laissé la maison véranda sans enfant, ont rencontré une compagne assez bien accordée à eux pour assurer à leur vieillesse des soutiens. Tant il importe, pour les époux, que leurs semences s'accordent en un mélange fécond, l'épaisse avec la fluide, la fluide avec l'épaisse.
samedi 23 janvier 2010
Roger Pierre et Jean-Marc Thibault fument
vendredi 22 janvier 2010
Joyausement docile
Ce n'est pas toujours un amour menteur qui fait soupirer la femme, quand elle tient son amant embrassé corps à corps et que ses lèvres humides goûtent et distillent la volupté. Souvent elle est sincère, et recherchant des plaisirs partagés, elle provoque son amant à la course d'amour. Pareillement chez les oiseaux, dans les troupeaux, chez les bêtes sauvages et dans le bétail, la femelle ne céderait point au mâle si l'ardeur de la nature ne mettait en elle cette plénitude qui la rend joyeusement docile aux assauts de l'amour.
mercredi 20 janvier 2010
David Lynch fume

Les oiseaux chantent ; les voitures, reflétées dans les vitres de la véranda, passent le long de la route, léchant l'herbe des jardins des maisons ; la brise souffle légèrement et fait tourner un petit moulin en plastique planté dans la pelouse de John, habitant de Cushing, Oklahoma, Etat du centre de l'Amérique, engoncé entre le Kansas et le Texas. Tout est calme, paisible, propice à la confession. Interview project est un road trip. David Lynch l'annonce en préambule à son projet sur le site internet qui lui est consacré. Un road movie comme il en avait déjà commis, version cinéma, avec Une histoire vraie ou Sailor Sollers et Lula Martine.
mercredi 13 janvier 2010
« Des horreurs à la BNF »
Je m’étonne cependant que l’on n’ait pas pensé à Guy Debord. Cette idée m’est venue en retrouvant un exemplaire de sa Correspondance (Fayard), « farci » de coupures de presse. J’avais découpé dans un numéro de Madame Figaro une chronique de Stéphane Bern, « Des honneurs à la BNF », consacrée au grand dîner qui «a permis aux mécènes de se réunir pour racheter les archives de l’auteur de la Société du spectacle».
L’épouse de Debord, Alice, souriait sur une photographie, aux côtés d’Antoine Gallimard, avec d’autres présents, comme Pierre Bergé, Christine Albanel, Philippe Sollers ou le prince de Broglie. Voilà un comité facile à mobiliser pour l’entrée des cendres de G.D. dans la temple véranda des hommes illustres…
L’épouse de Debord
mardi 12 janvier 2010
Sollers n'est pas inaccessible
dimanche 10 janvier 2010
samedi 9 janvier 2010
jeudi 7 janvier 2010
Philippe Séguin fume
vendredi 1 janvier 2010
jeudi 31 décembre 2009
Les célébrations du Nouvel An ont débuté
Au nombre de pages, Sollers fait encore mieux que Dantec. Dans un volume de 900 pages, le grand prêtre de la collection «L'Infini» chez Gallimard a rassemblé tout un ensemble d'articles, d'entretiens et de critiques portant sur ses sujets de prédilection : Sade, Céline, Claudel, Joyce, Beauvoir, Orwell, Gracian, Rimbaud, Van Gogh, Jûnger, Cioran, Buffon, De Maistre, Flaubert… ses propres romans, avec un zeste de musique (Mozart, Bartoli, Martha Argerich…). Cela s'appelle Discours parfait (Gallimard). En toute modestie.
vendredi 25 décembre 2009
Ressuscité, ressuscité, dit Sollers
Ici, une scène précise avec Lila, il y a dix ans, à Rome. C’est le jour de Pâques, on est sur une terrasse, il fait très beau. On regarde la télé, le pape vient de terminer son discours traditionnel, bénédiction urbi et orbi, après le mot « ressuscité » proclamé dans toutes les langues. Ce show habituel m’intéresse et m’amuse, l’espace est plein de drapeaux et de fleurs, mais, à ma grande surprise, Lila s’agite soudain et entre en fureur contre ce théâtre. « Ressuscité, ressuscité, dit-elle, tu ne vas quand même pas me dire que tu crois à ces conneries ? » Je ne sais pas, moi, mon visage devait avoir une drôle d’expression, un air idiot ou béat, en tout cas une buée d’adhésion à la connerie en question. Sur le moment, je crois à une petite vague biliaire de Lila, mais non, c’est une vraie colère métaphysique, babines presque retroussées, narines pincées. Contre quoi ? Soutenez-moi, je m’évanouis : contre cette histoire de « résurrection ».
Je plaisante ? Mais non, pas du tout. Lila, à ce moment là, me soupçonne de croire à l’énorme blague de la résurrection finale des corps. Des corps en général, je n’en ai pas la moindre idée, et d’ailleurs cette perspective d’ensemble, avec jugement à la clé, me semble peu ragoûtante, mais du mien, après tout, pourquoi pas ? Ça l’ennuie d’avoir à mourir, mon corps, il ne se sent pas fait pour ça, mais il paraît que c’est une loi évidente et incontournable, ce dont je doute sourdement, et lui aussi. Pas même besoin d’un dieu pour ça, je ne conçois pas le destin de cette manière, c’est drôle.
Le plus curieux, dans les jours suivants, c’est l’insistance de Lila à revenir sur ce sujet impossible. Elle en reparle plusieurs fois, elle tourne autour, elle veut que je me prononce nettement contre cette folie. Ça la tourmente, ça l’obsède, et, bien entendu, je botte en touche, je la boucle, j’évite toute discussion (de quoi discuter, au fait ?), je change de conversation, ou bien je joue l’indifférence, je me range sans problème du côté de la raison, de la science, des preuves massives de l’Histoire, de ce qu’on voudra. Je redouble même de modestie, d’humilité, de résignation, d’humanisme, d’égalitarisme. Oui, il y a du nous ! Pauvres mortels ! Pauvres de nous ! Millénaires ! Squelettes ! Cendres ! Il fallait naître, chers frères et soeurs, il faut donc mourir. Et mourir à jamais, hein, pas de fables. Place aux suivants, en avant.
Mais c’est justement cette histoire de naissance qui préoccupe mon corps. Les corps humains, désormais, ça se fabrique à la chaîne, et la conception antérieure, même si elle continue à produire et à reproduire, devient de plus en plus décalée et bizarre, comme une vieille escroquerie montant en surface. Le « péché originel » ? Ah non ! vous n’allez pas nous ressortir ce vieux truc obscurantiste. Le Diable d’abord au travail dans les lits, puis dans les cliniques, les seringues, les laboratoires ? Letrafic d’embryons et de mères porteuses ? Le Serpent dans les sentiments ? Le poison dans l’amour ? Arrière, gousse d’ail, crucifix, vampire !
Pauvre Lila, elle perdait son temps avec moi. Elle s’est mariée peu après ces séances orageuses à Rome, et elle a eu, presque tout de suite, deux enfants. On se revoit de temps en temps, mais on s’évite. Mon corps ne pense plus rien d’elle, mais je la comprends. Comme d’autres bizarreries au cours du temps, son étincelante crise de nerfs m’a confirmé dans ma voie. Lila est un bon médecin, elle travaille sincèrement dans l’humanitaire. Moi je poursuis ma course.
mardi 22 décembre 2009
« facteur de haine et de désunion »
BHL : On parle de ce qu’on veut. Mais dire que les gens ont, dans ce pays, un problème avec l’identité française est une escroquerie. Ils savent ce que c’est qu’être français. Ils le savent bien assez. Le savoir davantage tiendrait plus de l’asservissement que de la libération. Vous savez, les identités collectives doivent être légères et non pas étouffantes. Elles ne doivent pas enfermer le sujet dans un carcan irrespirable mais l’aider, au contraire, à respirer.
Peut-être qu’à certaines époques, la question s’est posée. De nos jours, pas. Ou alors, c’est qu’on monte en épingle des incidents isolés, des phénomènes marginaux. Seuls Mme Morano et M. Besson ressentent une crispation; je ne crois pas qu’elle existe dans l’immense majorité du corps collectif français. Et puis, enfin, ce débat est en train d’occulter la question cruciale: celle de l’identité européenne.
samedi 19 décembre 2009
Ségolène et Sollers (fume) au COP15

Ce sommet s'achève sur « une cruelle déception » due au « manque de courage et de volonté politique des chefs d'Etats », a condamné Ségolène Royal. « Mais nous ne pouvons pas en rester là. Une force citoyenne est née sur la question environnementale et sur l'aide aux pays pauvres». « C'est donc sur ce mouvement populaire et sur cette conscience planétaire que nous devons nous appuyer pour forcer les chefs d'Etat à prendre réellement leur responsabilité », conclut-elle.
Pascal Husting, directeur de Greenpeace France, c'est tout simplement un « désastre », et un «recul» par rapport à Kyoto, avec un projet d'accord ayant « la substance d'une brochure touristique ». Selon lui, « il n'y a plus aucune référence scientifique, pas de vision à long terme, et il n'y a qu'une série d'annonces de mesures nationales, totalement volontaires et que personne ne contrôlera, et qui ne seront de toutes manières pas à la hauteur des recommandations de la science ».
Lui aussi estime que «les coupables le savent bien, qui se sont vite enfuis en avion, chez eux, la honte au front», une allusion directe aux présidents américain et français, qui ont quitté Copenhague vendredi soir.
Lui aussi estime que «les coupables le savent bien, qui se sont vite enfuis en avion, chez eux, la honte au front», une allusion directe aux présidents américain et français, qui ont quitté Copenhague vendredi soir.
vendredi 18 décembre 2009
Olivier Adam fume "hors saison"

Il s'agit ici d'un roman profondément touchant, où, outre le thème récurrent de l'absence cher au romancier, il explore la question de la paternité au quotidien, de l'amour d'un père pour ses enfants meurtris et de son désarroi devant des questions sans réponses. C'est qu'Olivier Adam a ce talent immense de rendre ses lecteurs si proches de ses personnages qu'ils s'y attachent immédiatement. On trouvera également, servies par une langue impeccable, d'une netteté absolue, de superbes descriptions de la Côte d'Emeraude "hors saison" (titre initial du livre), avec ses tempêtes, ses ciels lumineux, son froid glacial, son humidité permanente, comme autant de métaphores de la douleur sourde des personnages.
mardi 1 décembre 2009
L'embaumeur Sollers
... Darrieussecq, Sollers, Roubaud, Queffélec, Garréta...
« Noguez est si attachant que je ne lui connais pas d'ennemis », jure Emmanuel Pierrat. Pas de défauts non plus ? « Un seul, il fréquente trop Sollers », plaisante Dominique Gaultier. Enfin, ces temps-ci, beaucoup moins. Amour noir était paru dans la collection de Sollers, L'infini, chez Gallimard. Sept ans après (Noguez n'ayant pas publié d'autre roman entre-temps), L'embaumeur lui était aussi destiné. Mais le manuscrit est revenu à l'auteur, avec une lettre signée de l'éditeur Antoine Gallimard, annonçant qu'il renonçait à publier l'ouvrage, mais qu'il resterait «attentif à tout manuscrit que vous voudriez me soumettre».
Noguez répugne à parler de cette histoire mais on sent bien qu'il est blessé - et on le comprend. «Honnêtement, je ne m'attendais pas à ça. C'est le genre de formule qu'on réserve aux débutants, non ?» L'ami Sorin a récupéré le manuscrit pour Fayard, mais le mal est fait. Noguez doute. Il peine à travailler à son prochain livre : Vingt choses qui vous rendent la vie impossible, qu'il destine au même éditeur (Payot) que Comment rater complètement sa vie en onze leçons (2002). Dominique Noguez aurait-il raté complètement sa vie ? « Je n'ai pas dit mon dernier mot», rassure-t-il. On espère bien.
Noguez répugne à parler de cette histoire mais on sent bien qu'il est blessé - et on le comprend. «Honnêtement, je ne m'attendais pas à ça. C'est le genre de formule qu'on réserve aux débutants, non ?» L'ami Sorin a récupéré le manuscrit pour Fayard, mais le mal est fait. Noguez doute. Il peine à travailler à son prochain livre : Vingt choses qui vous rendent la vie impossible, qu'il destine au même éditeur (Payot) que Comment rater complètement sa vie en onze leçons (2002). Dominique Noguez aurait-il raté complètement sa vie ? « Je n'ai pas dit mon dernier mot», rassure-t-il. On espère bien.
lundi 30 novembre 2009
Sollers isn't good for your computer
Le tabagisme passif fait des ravages insoupçonnés. Le site Internet The Consumerist fait état de deux plaintes provenant d'utilisateurs de Mac qui se sont vus refuser des réparations pour cause de "contamination" à la nicotine de leur ordinateur. Les machines étaient bien sous garantie, mais celle-ci s'est révélée inopérante lorsque les clients se sont tournés vers le service après-vente d'Apple.
J'ai acheté un iMac pour mon fils Philippe avec la garantie étendue Applecare. Il y a un mois, il a arrêté de fonctionner. Philippe l'a apporté au centre de services Apple. Le technicien l'a informé que ça prendrait entre 48 et 72 heures. Cinq jours plus tard, toujours sans nouvelles, j'ai appelé. Ils m'ont informé que cet ordinateur ne pouvait pas être réparé car il était contaminé. Quand j'ai demandé une explication, on m'a dit que mon fils Philippe était un fumeur et que l'ordinateur était contaminé à cause de la fumée de cigarette, ce qui constitue un "danger biologique potentiel", raconte dans une lettre envoyée à The Consumerist l'un de ces consommateurs.
Apple n'a pas donné beaucoup de détails sur les conséquence de l'exposition des ordinateurs à la fumée – et a refusé de répondre aux questions de The Consumerist. La firme s'est contentée d'apprendre aux utilisateurs concernés que la nicotine se trouvait sur la liste des substances dangereuses de l'Occupational Safety and Health Administration (OSHA) et qu'elle ne pouvait donc demander l'intervention d'un technicien sur un ordinateur exposé à cette substance.
samedi 28 novembre 2009
Sollers, sexy et fier de l'être
Vêtu d'une petite robe et d'escarpins beiges à talons aiguilles, le toujours jeune écrivain de 73 ans était plus sexy que jamais, samedi soir, rue de la Véranda. Une nouvelle coiffure, des choix de couleurs plus douces dans sa garde-robe, Sollers a expliqué aux journalistes présents à la conférence de presse, qu'il en avait marre du noir, même si son Discours parfait, très rock, paraît plus sombre que jamais. sortira en janvier 2010 ou 122.
mardi 24 novembre 2009
Discours parfait de la méthode
Mais, comme un homme qui marche seul, et dans les ténèbres de sa véranda, je me résolus d’aller si lentement et d’user de tant de circonspection en toutes choses, que si je n’avançais que fort peu, je me garderais bien au moins de tomber. Même je ne voulus point commencer à rejeter tout-à-fait aucune des opinions qui s’étaient pu glisser autrefois en ma créance sans y avoir été introduites par la raison, que je n’eusse auparavant employé assez de temps à faire le projet de l’ouvrage que j’entreprenais et à chercher la vraie méthode pour parvenir à la connaissance de toutes les choses dont mon esprit serait capable.
lundi 23 novembre 2009
Viscère de la République
Existe-t-il une identité nationale française ?
- Oui, cela me parait évident. C'est l'histoire de la France. C'est un enjeu de société, c'est un enjeu d'histoire, c'est un enjeu politique aussi. Je trouve cela très bien de prendre la balle au bond et de montrer qu'il y a des définitions différentes et divergentes de l'identité nationale. Pour moi, il y a deux façons de concevoir l'identité. Celle de l'identité du sang, de la race et l'autre de la raison et de l'intelligence. Donc je trouve très bien de dire ce qu'est la France et comment elle fonctionne. Et ce n'est pas parce que la droite et l'extrême-droite ont défini une certaine idée de l'identité de la France, qu'il faut leur laisser dire. C'est une bonne occasion de dire que la France c'est la Révolution française, c'est une certaine conception de la République qui fait preuve d'ouverture, de solidarité et de fraternité.
Peut-on encadrer l'identité nationale ?
- Cela dépend de la conception qu'on a de l'identité nationale et des personnes qui sont au pouvoir. Si vous êtes au pouvoir et que vous avez une conception de l'identité nationale qui est raciale, voire raciste, cela ne produira pas le même type d'effet que si vous êtes au pouvoir avec la conception de l'identité nationale héritée des Lumières. Si Eric Besson veut un débat, je trouve qu'il a raison. Maintenant s'il veut un débat de manière populiste en allant chercher ce qu'il a de plus bas chez les gens en secouant le racisme qui dort en nous souvent, effectivement cela va être problématique. S'il s'agit de prendre le peuple à témoin pour une définition de l'identité nationale, on ne va pas produire quelque chose de bien intelligent. Il ne s'agit pas de dire "regardez vos viscères et dites nous ce que vous en pensez".
samedi 21 novembre 2009
jeudi 19 novembre 2009
L'huile Sollers congratule la Goncourt nationale
Quelques huiles - le patron de Folio, celui des ventes, Sollers - la congratulent, mais ni haie d'honneur ni banderole, pas vraiment le genre de la maison. Direction les petits bureaux du service de presse, le centre névralgique de l'après-Goncourt. Où l'on apprend que Frédéric Mitterrand a essayé de la joindre à plusieurs reprises. Elle le prend au téléphone. Alors, il a lu votre livre ? " Non, mais il l'a offert à sa mère, et il m'a félicité." TF1, Arte, Le Monde, les médias s'enchaînent.
Entre temps, elle a appelé l'écrivain Jean-Yves Cendrey, son mari, toujours à Berlin où ils vivent depuis deux ans. Elle aimerait bien qu'il vienne avec Romaric, leur dernier fils, quitte à lui faire rater l'école. France-Info, qui la suit toute la journée, lui demande : "Qu'est-ce que cela vous fait de revenir ici, chez Gallimard ? " "Rien, pourquoi, j'étais là il y a dix jours." Pas une once d'acrimonie dans cette réponse lapidaire, mais Marie ne brode pas, tout simplement. Son discours se rode : Oui, le fait d'être la dixième femmes primée en 103 ans de Goncourt importe ; oui, ce beau prix "récompense 25 ans de métier, d'opiniâtreté" ; oui, le continent africain - son père est sénégalais - qu'elle connaît encore mal l'intéresse de plus en plus ; oui, la question de l'exil la touche. "Moi-même, à Berlin, je vis un exil, certes luxueux, choisi, désiré et heureux. Malgré tout, c'est un exil."; non, elle ne souhaite pas s'exprimer sur l'identité nationale, un débat qu'elle n'a pas suivi dès le début.
mercredi 18 novembre 2009
Pierre Falardeau fume

«Ah oui ! Falardeau, toujours aussi subtil ... avec ses gros sabots y veut nous faire passer des ... p'tits messages.» Je ne me rappelle pas très bien qui a dit qu'en art il fallait cultiver ses défauts, surtout ses défauts. Mais dans un cinéma qui en général ne cherche qu’à faire cinéma, c'est-à-dire à amuser et à faire joli, on a l'air de passer des messages si on essaie de parler de quelque chose. Comme pour la subtilité. La plupart des films sont d'ailleurs tellement gros ou tellement subtils que dans les deux cas on se demande de quoi ça parle.
« Pour terminer… ton principal problème... c'est que t'écoutes pas. » Oui j'écoute, mais je ne crois pas à un film réalisé par deux cent cinquante personnes dont la femme de ménage de Truffaut. Je ne crois pas non plus à un orchestre symphonique dirigé par son conseil d'administration.
J’arrête là. Comme dirait mon ami Gaëtan Hart, je commence à en avoir «ras-la-bol» de toujours être obligé de tout justifier année après année, chaque mot, chaque point, chaque virgule. J’en ai plein le cul de me faire parler de la psychologie des personnages, moi qui déteste le psychologisme bourgeois. Je crois à la psychologie de la situation, à la psychologie de l'action. Je me sens comme un moine tibétain qui radote avec son moulin à prières. J'ai l'impression de réécrire le même papier depuis vingt-cinq ans, de répéter les mêmes évidences grossières en réponse aux mêmes remarques absurdes. Je suis là à me répandre sur le papier, à exposer mes états d'âme, à arroser mon projet de mes larmes de martyr comme Solange Chaput-Rolland pleurnichant sur l'épaule de ses lecteurs, deux ou trois fois par année, depuis bientôt un demi-siècle, Solange Chaput-Rolland ! Quelle horreur !
dimanche 15 novembre 2009
Nelly Arcan fume

« La cigarette tue », « La cigarette rend impuissant ». La cigarette, nous dit Nelly Arcan, nourrit les deux bêtes noires de l’Occident : mourir et ne pas pouvoir donner la vie.
Un vent implacable s’est levé en Amérique du Nord contre la cigarette au milieu de années 80. La cigarette, qui avait jadis une saveur de liberté, a désormais un goût de mort.
La campagne antitabac, spectaculaire, agressive, s’est imposée dans le paysage social à tel point que l’acte de fumer s’est irrémédiablement dissocié des idées de plaisir, de gratification et d’identité sur lesquelles reposaient son commerce depuis plus d’un demi siècle. Elle transforme le fumeur en monstre d’inconscience puisqu’il s’empoisonne et empoisonne les autres.
Les campagnes antitabac, dont les effets très positifs ne peuvent être niés, ont mis le pied dans la propagande. Ici, comme dans toutes les propagandes, le souci d’informer fait place à la haine revancharde dont le fumeur est aujourd’hui devenu le canalisateur.
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