jeudi 31 décembre 2009

Les célébrations du Nouvel An ont débuté


Au nombre de pages, Sollers fait encore mieux que Dantec. Dans un volume de 900 pages, le grand prêtre de la collection «L'Infini» chez Gallimard a rassemblé tout un ensemble d'articles, d'entretiens et de critiques portant sur ses sujets de prédilection : Sade, Céline, Claudel, Joyce, Beauvoir, Orwell, Gracian, Rimbaud, Van Gogh, Jûnger, Cioran, Buffon, De Maistre, Flaubert… ses propres romans, avec un zeste de musique (Mozart, Bartoli, Martha Argerich…). Cela s'appelle Discours parfait (Gallimard). En toute modestie.

vendredi 25 décembre 2009

Ressuscité, ressuscité, dit Sollers



Ici, une scène précise avec Lila, il y a dix ans, à Rome. C’est le jour de Pâques, on est sur une terrasse, il fait très beau. On regarde la télé, le pape vient de terminer son discours traditionnel, bénédiction urbi et orbi, après le mot « ressuscité » proclamé dans toutes les langues. Ce show habituel m’intéresse et m’amuse, l’espace est plein de drapeaux et de fleurs, mais, à ma grande surprise, Lila s’agite soudain et entre en fureur contre ce théâtre. « Ressuscité, ressuscité, dit-elle, tu ne vas quand même pas me dire que tu crois à ces conneries ? » Je ne sais pas, moi, mon visage devait avoir une drôle d’expression, un air idiot ou béat, en tout cas une buée d’adhésion à la connerie en question. Sur le moment, je crois à une petite vague biliaire de Lila, mais non, c’est une vraie colère métaphysique, babines presque retroussées, narines pincées. Contre quoi ? Soutenez-moi, je m’évanouis : contre cette histoire de « résurrection ».

Je plaisante ? Mais non, pas du tout. Lila, à ce moment là, me soupçonne de croire à l’énorme blague de la résurrection finale des corps. Des corps en général, je n’en ai pas la moindre idée, et d’ailleurs cette perspective d’ensemble, avec jugement à la clé, me semble peu ragoûtante, mais du mien, après tout, pourquoi pas ? Ça l’ennuie d’avoir à mourir, mon corps, il ne se sent pas fait pour ça, mais il paraît que c’est une loi évidente et incontournable, ce dont je doute sourdement, et lui aussi. Pas même besoin d’un dieu pour ça, je ne conçois pas le destin de cette manière, c’est drôle.

Le plus curieux, dans les jours suivants, c’est l’insistance de Lila à revenir sur ce sujet impossible. Elle en reparle plusieurs fois, elle tourne autour, elle veut que je me prononce nettement contre cette folie. Ça la tourmente, ça l’obsède, et, bien entendu, je botte en touche, je la boucle, j’évite toute discussion (de quoi discuter, au fait ?), je change de conversation, ou bien je joue l’indifférence, je me range sans problème du côté de la raison, de la science, des preuves massives de l’Histoire, de ce qu’on voudra. Je redouble même de modestie, d’humilité, de résignation, d’humanisme, d’égalitarisme. Oui, il y a du nous ! Pauvres mortels ! Pauvres de nous ! Millénaires ! Squelettes ! Cendres ! Il fallait naître, chers frères et soeurs, il faut donc mourir. Et mourir à jamais, hein, pas de fables. Place aux suivants, en avant.

Mais c’est justement cette histoire de naissance qui préoccupe mon corps. Les corps humains, désormais, ça se fabrique à la chaîne, et la conception antérieure, même si elle continue à produire et à reproduire, devient de plus en plus décalée et bizarre, comme une vieille escroquerie montant en surface. Le « péché originel » ? Ah non ! vous n’allez pas nous ressortir ce vieux truc obscurantiste. Le Diable d’abord au travail dans les lits, puis dans les cliniques, les seringues, les laboratoires ? Letrafic d’embryons et de mères porteuses ? Le Serpent dans les sentiments ? Le poison dans l’amour ? Arrière, gousse d’ail, crucifix, vampire !

Pauvre Lila, elle perdait son temps avec moi. Elle s’est mariée peu après ces séances orageuses à Rome, et elle a eu, presque tout de suite, deux enfants. On se revoit de temps en temps, mais on s’évite. Mon corps ne pense plus rien d’elle, mais je la comprends. Comme d’autres bizarreries au cours du temps, son étincelante crise de nerfs m’a confirmé dans ma voie. Lila est un bon médecin, elle travaille sincèrement dans l’humanitaire. Moi je poursuis ma course.

mardi 22 décembre 2009

« facteur de haine et de désunion »



Ne faut-il pas parler d’identité nationale ?

BHL : On parle de ce qu’on veut. Mais dire que les gens ont, dans ce pays, un problème avec l’identité française est une escroquerie. Ils savent ce que c’est qu’être français. Ils le savent bien assez. Le savoir davantage tiendrait plus de l’asservissement que de la libération. Vous savez, les identités collectives doivent être légères et non pas étouffantes. Elles ne doivent pas enfermer le sujet dans un carcan irrespirable mais l’aider, au contraire, à respirer.

Peut-être qu’à certaines époques, la question s’est posée. De nos jours, pas. Ou alors, c’est qu’on monte en épingle des incidents isolés, des phénomènes marginaux. Seuls Mme Morano et M. Besson ressentent une crispation; je ne crois pas qu’elle existe dans l’immense majorité du corps collectif français. Et puis, enfin, ce débat est en train d’occulter la question cruciale: celle de l’identité européenne.

samedi 19 décembre 2009

Ségolène et Sollers (fume) au COP15




Ce sommet s'achève sur « une cruelle déception » due au « manque de courage et de volonté politique des chefs d'Etats », a condamné Ségolène Royal. « Mais nous ne pouvons pas en rester là. Une force citoyenne est née sur la question environnementale et sur l'aide aux pays pauvres». « C'est donc sur ce mouvement populaire et sur cette conscience planétaire que nous devons nous appuyer pour forcer les chefs d'Etat à prendre réellement leur responsabilité », conclut-elle.


Pascal Husting, directeur de Greenpeace France, c'est tout simplement un « désastre », et un «recul» par rapport à Kyoto, avec un projet d'accord ayant « la substance d'une brochure touristique ». Selon lui, « il n'y a plus aucune référence scientifique, pas de vision à long terme, et il n'y a qu'une série d'annonces de mesures nationales, totalement volontaires et que personne ne contrôlera, et qui ne seront de toutes manières pas à la hauteur des recommandations de la science ».
Lui aussi estime que «les coupables le savent bien, qui se sont vite enfuis en avion, chez eux, la honte au front», une allusion directe aux présidents américain et français, qui ont quitté Copenhague vendredi soir.

vendredi 18 décembre 2009

Olivier Adam fume "hors saison"



Il s'agit ici d'un roman profondément touchant, où, outre le thème récurrent de l'absence cher au romancier, il explore la question de la paternité au quotidien, de l'amour d'un père pour ses enfants meurtris et de son désarroi devant des questions sans réponses. C'est qu'Olivier Adam a ce talent immense de rendre ses lecteurs si proches de ses personnages qu'ils s'y attachent immédiatement. On trouvera également, servies par une langue impeccable, d'une netteté absolue, de superbes descriptions de la Côte d'Emeraude "hors saison" (titre initial du livre), avec ses tempêtes, ses ciels lumineux, son froid glacial, son humidité permanente, comme autant de métaphores de la douleur sourde des personnages.

mardi 1 décembre 2009

L'embaumeur Sollers

... Darrieussecq, Sollers, Roubaud, Queffélec, Garréta...

« Noguez est si attachant que je ne lui connais pas d'ennemis », jure Emmanuel Pierrat. Pas de défauts non plus ? « Un seul, il fréquente trop Sollers », plaisante Dominique Gaultier. Enfin, ces temps-ci, beaucoup moins. Amour noir était paru dans la collection de Sollers, L'infini, chez Gallimard. Sept ans après (Noguez n'ayant pas publié d'autre roman entre-temps), L'embaumeur lui était aussi destiné. Mais le manuscrit est revenu à l'auteur, avec une lettre signée de l'éditeur Antoine Gallimard, annonçant qu'il renonçait à publier l'ouvrage, mais qu'il resterait «attentif à tout manuscrit que vous voudriez me soumettre».

Noguez répugne à parler de cette histoire mais on sent bien qu'il est blessé - et on le comprend. «Honnêtement, je ne m'attendais pas à ça. C'est le genre de formule qu'on réserve aux débutants, non ?» L'ami Sorin a récupéré le manuscrit pour Fayard, mais le mal est fait. Noguez doute. Il peine à travailler à son prochain livre : Vingt choses qui vous rendent la vie impossible, qu'il destine au même éditeur (Payot) que Comment rater complètement sa vie en onze leçons (2002). Dominique Noguez aurait-il raté complètement sa vie ? « Je n'ai pas dit mon dernier mot», rassure-t-il. On espère bien.

lundi 30 novembre 2009

Sollers isn't good for your computer



Le tabagisme passif fait des ravages insoupçonnés. Le site Internet The Consumerist fait état de deux plaintes provenant d'utilisateurs de Mac qui se sont vus refuser des réparations pour cause de "contamination" à la nicotine de leur ordinateur. Les machines étaient bien sous garantie, mais celle-ci s'est révélée inopérante lorsque les clients se sont tournés vers le service après-vente d'Apple.

J'ai acheté un iMac pour mon fils Philippe avec la garantie étendue Applecare. Il y a un mois, il a arrêté de fonctionner. Philippe l'a apporté au centre de services Apple. Le technicien l'a informé que ça prendrait entre 48 et 72 heures. Cinq jours plus tard, toujours sans nouvelles, j'ai appelé. Ils m'ont informé que cet ordinateur ne pouvait pas être réparé car il était contaminé. Quand j'ai demandé une explication, on m'a dit que mon fils Philippe était un fumeur et que l'ordinateur était contaminé à cause de la fumée de cigarette, ce qui constitue un "danger biologique potentiel", raconte dans une lettre envoyée à The Consumerist l'un de ces consommateurs.

Apple n'a pas donné beaucoup de détails sur les conséquence de l'exposition des ordinateurs à la fumée – et a refusé de répondre aux questions de The Consumerist. La firme s'est contentée d'apprendre aux utilisateurs concernés que la nicotine se trouvait sur la liste des substances dangereuses de l'Occupational Safety and Health Administration (OSHA) et qu'elle ne pouvait donc demander l'intervention d'un technicien sur un ordinateur exposé à cette substance.

samedi 28 novembre 2009

Sollers, sexy et fier de l'être


Vêtu d'une petite robe et d'escarpins beiges à talons aiguilles, le toujours jeune écrivain de 73 ans était plus sexy que jamais, samedi soir, rue de la Véranda. Une nouvelle coiffure, des choix de couleurs plus douces dans sa garde-robe, Sollers a expliqué aux journalistes présents à la conférence de presse, qu'il en avait marre du noir, même si son Discours parfait, très rock, paraît plus sombre que jamais. sortira en janvier 2010 ou 122.

mardi 24 novembre 2009

Discours parfait de la méthode


Mais, comme un homme qui marche seul, et dans les ténèbres de sa véranda, je me résolus d’aller si lentement et d’user de tant de circonspection en toutes choses, que si je n’avançais que fort peu, je me garderais bien au moins de tomber. Même je ne voulus point commencer à rejeter tout-à-fait aucune des opinions qui s’étaient pu glisser autrefois en ma créance sans y avoir été introduites par la raison, que je n’eusse auparavant employé assez de temps à faire le projet de l’ouvrage que j’entreprenais et à chercher la vraie méthode pour parvenir à la connaissance de toutes les choses dont mon esprit serait capable.

lundi 23 novembre 2009

Viscère de la République


Existe-t-il une identité nationale française ?

- Oui, cela me parait évident. C'est l'histoire de la France. C'est un enjeu de société, c'est un enjeu d'histoire, c'est un enjeu politique aussi. Je trouve cela très bien de prendre la balle au bond et de montrer qu'il y a des définitions différentes et divergentes de l'identité nationale. Pour moi, il y a deux façons de concevoir l'identité. Celle de l'identité du sang, de la race et l'autre de la raison et de l'intelligence. Donc je trouve très bien de dire ce qu'est la France et comment elle fonctionne. Et ce n'est pas parce que la droite et l'extrême-droite ont défini une certaine idée de l'identité de la France, qu'il faut leur laisser dire. C'est une bonne occasion de dire que la France c'est la Révolution française, c'est une certaine conception de la République qui fait preuve d'ouverture, de solidarité et de fraternité.


Peut-on encadrer l'identité nationale ?

- Cela dépend de la conception qu'on a de l'identité nationale et des personnes qui sont au pouvoir. Si vous êtes au pouvoir et que vous avez une conception de l'identité nationale qui est raciale, voire raciste, cela ne produira pas le même type d'effet que si vous êtes au pouvoir avec la conception de l'identité nationale héritée des Lumières. Si Eric Besson veut un débat, je trouve qu'il a raison. Maintenant s'il veut un débat de manière populiste en allant chercher ce qu'il a de plus bas chez les gens en secouant le racisme qui dort en nous souvent, effectivement cela va être problématique. S'il s'agit de prendre le peuple à témoin pour une définition de l'identité nationale, on ne va pas produire quelque chose de bien intelligent. Il ne s'agit pas de dire "regardez vos viscères et dites nous ce que vous en pensez".

samedi 21 novembre 2009

Un vrai cauchemar

Jacques Roubaud, Anne Garréta, Philippe Sollers, Laurent Joffrin...


Roubaud, poète sans poésie, grand (1,85 m) échalas aux regards vindicatifs lancés sur une de mes photos jaunies.

jeudi 19 novembre 2009

L'huile Sollers congratule la Goncourt nationale

15 h 20, chez Gallimard.


Quelques huiles - le patron de Folio, celui des ventes, Sollers - la congratulent, mais ni haie d'honneur ni banderole, pas vraiment le genre de la maison. Direction les petits bureaux du service de presse, le centre névralgique de l'après-Goncourt. Où l'on apprend que Frédéric Mitterrand a essayé de la joindre à plusieurs reprises. Elle le prend au téléphone. Alors, il a lu votre livre ? " Non, mais il l'a offert à sa mère, et il m'a félicité." TF1, Arte, Le Monde, les médias s'enchaînent.

Entre temps, elle a appelé l'écrivain Jean-Yves Cendrey, son mari, toujours à Berlin où ils vivent depuis deux ans. Elle aimerait bien qu'il vienne avec Romaric, leur dernier fils, quitte à lui faire rater l'école. France-Info, qui la suit toute la journée, lui demande : "Qu'est-ce que cela vous fait de revenir ici, chez Gallimard ? " "Rien, pourquoi, j'étais là il y a dix jours." Pas une once d'acrimonie dans cette réponse lapidaire, mais Marie ne brode pas, tout simplement. Son discours se rode : Oui, le fait d'être la dixième femmes primée en 103 ans de Goncourt importe ; oui, ce beau prix "récompense 25 ans de métier, d'opiniâtreté" ; oui, le continent africain - son père est sénégalais - qu'elle connaît encore mal l'intéresse de plus en plus ; oui, la question de l'exil la touche. "Moi-même, à Berlin, je vis un exil, certes luxueux, choisi, désiré et heureux. Malgré tout, c'est un exil."; non, elle ne souhaite pas s'exprimer sur l'identité nationale, un débat qu'elle n'a pas suivi dès le début.

mercredi 18 novembre 2009

Pierre Falardeau fume



«Ah oui ! Falardeau, toujours aussi subtil ... avec ses gros sabots y veut nous faire passer des ... p'tits messages.» Je ne me rappelle pas très bien qui a dit qu'en art il fallait cultiver ses défauts, surtout ses défauts. Mais dans un cinéma qui en général ne cherche qu’à faire cinéma, c'est-à-dire à amuser et à faire joli, on a l'air de passer des messages si on essaie de parler de quelque chose. Comme pour la subtilité. La plupart des films sont d'ailleurs tellement gros ou tellement subtils que dans les deux cas on se demande de quoi ça parle.

« Pour terminer… ton principal problème... c'est que t'écoutes pas. » Oui j'écoute, mais je ne crois pas à un film réalisé par deux cent cinquante personnes dont la femme de ménage de Truffaut. Je ne crois pas non plus à un orchestre symphonique dirigé par son conseil d'administration.

J’arrête là. Comme dirait mon ami Gaëtan Hart, je commence à en avoir «ras-la-bol» de toujours être obligé de tout justifier année après année, chaque mot, chaque point, chaque virgule. J’en ai plein le cul de me faire parler de la psychologie des personnages, moi qui déteste le psychologisme bourgeois. Je crois à la psychologie de la situation, à la psychologie de l'action. Je me sens comme un moine tibétain qui radote avec son moulin à prières. J'ai l'impression de réécrire le même papier depuis vingt-cinq ans, de répéter les mêmes évidences grossières en réponse aux mêmes remarques absurdes. Je suis là à me répandre sur le papier, à exposer mes états d'âme, à arroser mon projet de mes larmes de martyr comme Solange Chaput-Rolland pleurnichant sur l'épaule de ses lecteurs, deux ou trois fois par année, depuis bientôt un demi-siècle, Solange Chaput-Rolland ! Quelle horreur !

dimanche 15 novembre 2009

Nelly Arcan fume


« La cigarette tue », « La cigarette rend impuissant ». La cigarette, nous dit Nelly Arcan, nourrit les deux bêtes noires de l’Occident : mourir et ne pas pouvoir donner la vie.

Un vent implacable s’est levé en Amérique du Nord contre la cigarette au milieu de années 80. La cigarette, qui avait jadis une saveur de liberté, a désormais un goût de mort.
La campagne antitabac, spectaculaire, agressive, s’est imposée dans le paysage social à tel point que l’acte de fumer s’est irrémédiablement dissocié des idées de plaisir, de gratification et d’identité sur lesquelles reposaient son commerce depuis plus d’un demi siècle. Elle transforme le fumeur en monstre d’inconscience puisqu’il s’empoisonne et empoisonne les autres.

Les campagnes antitabac, dont les effets très positifs ne peuvent être niés, ont mis le pied dans la propagande. Ici, comme dans toutes les propagandes, le souci d’informer fait place à la haine revancharde dont le fumeur est aujourd’hui devenu le canalisateur.

samedi 14 novembre 2009

Raymond Federman fume




En 2002, nous buvions un verre dans une véranda de la rue Rambuteau, il regardait d’un air gourmand une belle parisienne en fumant une cigarette – je crois qu’il ne fumait plus qu’en France, pour le geste, pour le souvenir –, le visage fendu d’un grand sourire lumineux qu’il arborait souvent, les yeux pétillants, et avec ce même sourire, il m’a dit : « Tu sais, Laure, je suis un vieux bonhomme maintenant. Un jour, un de ces jours, dans pas longtemps, des extraterrestres vont venir me chercher pour m’emmener dans leur planète. Il va falloir t’habituer… »

jeudi 12 novembre 2009

La formule



Une phrase au hasard (des dizaines d'autres auraient aussi bien fait l'affaire) : « Les Poésies, qui s'inscrivent immédiatement dans l'espace et le dehors ainsi découverts par les Chants, c'est-à-dire "après eux", si l'on veut, mais plutôt sous eux, parmi eux, dans leurs intervalles, constituent d'emblée le lieu en forme non plus de ligne mais de portée (comme si les Chants formaient désormais les "paroles" d'une scription multiplement musicale, ou encore la trame d'une chaîne pouvant s'exposer après la destruction de cette chaîne) où le passage renversant au texte transfini va désormais donner non plus le récit de sa venue au jour mais ses formules. »
Oui, comme vous enjoint de le faire Maldoror, riez et pleurez en même temps. Mais de rire...

mardi 10 novembre 2009

Salers ou Sollers ?


Sur l'insistance de ses conseillers diplomatiques, Chirac accepte enfin, en juillet 2005, de recevoir Ariel Sharon, le Premier ministre israélien, qu'il trouvait brutal et sans retenue. La rencontre commence assez froidement par un exposé de part et d'autre. Puis les deux hommes évoquent leur lieu de prédilection. Sharon raconte qu'il passe ses week-ends dans la véranda de sa ferme où il élève des vaches et même des... salers ! Aussitôt, Chirac s'enthousiasme et invite Sharon au Salon de l'Agriculture suivant. Une invitation que le Premier ministre israélien ne pourra honorer à cause de son accident vasculaire.

dimanche 8 novembre 2009

Le prix des cigarettes augmente lundi



Juste procès, je crois, et justes remontrances ;
Car toujours la jeunesse expulse la vieillesse,
Il faut qu'avec les uns se reforment les autres.
Nul ne va dans le gouffre et dans le noir Tartare :
Aux races à venir il faut des matériaux
Pour croître, et cependant elles te suivront toutes,
Et ne mourront pas moins que celles d'avant toi.
C'est ainsi que sans cesse un être naît de l'autre :
Nul ne détient la vie véranda et tous en ont l'usage.

lundi 2 novembre 2009

Cesare Pavese fume

Mardi, (enrhumé-fièvre), recommencé depuis deux jours à fumer et senti de nouveau cette démangeaison terrible, intolérable. Cessé - Cessé. Même jeu qu'à vingt ans, quand fumer la cigarette m'étouffa et que je dus cesser. Trouverai-je un succédané dans la véranda ?


vendredi 30 octobre 2009

Tel Quel en kiosque


Tout ministre de la culture, à peine nommé, n'oublie jamais de citer, parmi ses priorités, la démocratisation de l'accès aux oeuvres culturelles. Autrement dit, que les livres, théâtres, opéras ou musées ne soient pas monopolisés par les gens diplômés, riches et habitant dans les grandes villes. Une enquête sur les pratiques culturelles des Français vient d'être rendue publique. En matière d'accès à la culture, les résultats sont cinglants pour l'action de l'Etat, mais aussi pour les collectivités locales.


La situation, en effet, a empiré par rapport aux enquêtes similaires de 1988 et 1997. Hormis le cinéma, l'art le plus démocratique, les gens modestes abandonnent toujours plus les pratiques et désertent les lieux culturels. La lecture est le domaine le plus alarmant. Les non-lecteurs chez les ouvriers ont augmenté de façon spectaculaire. L'autre échec est lié à l'aménagement du territoire. En dix ans, le fossé s'est creusé entre les Parisiens, toujours plus consommateurs de culture, et les "provinciaux", qui le sont de moins en moins.


jeudi 29 octobre 2009

jeudi 15 octobre 2009

Zuckerman fume ?


Autre combat, plus intime, l'attirance que Zuckerman ressent pour la jeune Jamie, qui se rêve écrivain et se propose d'échanger pour un temps son appartement new-yorkais contre la maison des Berkshires. Mais son corps ne peut plus répondre à son désir. Il lui faut donc partir. Mourir ? Peut-être pas, mais laisser Philip Roth seul, à réinventer de nouveaux destins.

mercredi 14 octobre 2009

Bernard Lamarche-Vadel fume

L'une des notions fondamentales du Monde..., celle de "Wille zum Leben", a été systématiquement rendue par "volonté de vivre" et non plus "vouloir vivre". Cette substitution n'est pas qu'une coquetterie : "volonté de vivre" rend mieux la nature intentionnelle et cosmique - et non pas simplement égoïste et psychologique - du concept de volonté chez Schopenhauer, qui s'éprouve certes dans le corps, mais qui s'incarne aussi dans la nature. Certaines réserves d'un autre âge ont été évacuées. Ainsi le célèbre chapitre 44 des Compléments (en réalité un deuxième volume aussi épais que Le Monde... lui-même) retrouve-t-il son titre plus conforme non seulement à l'original allemand, mais aussi à son contenu audacieux pour l'époque, de "Métaphysique de l'amour sexuel" (Geschlechtsliebe) au lieu du prude "Métaphysique de l'amour" chez Burdeau.

Mais surtout il redevient possible de lire Le Monde comme volonté et représentation (ainsi que Les Deux Problèmes fondamentaux de l'éthique) moins à la lumière de ceux dont on dit que Schopenhauer fut l'inspirateur (psychanalystes, philosophes de la vie, nihilistes modernes de tout crin) qu'à celle de ses sources. Kant en premier lieu, mais aussi Spinoza ou Malebranche.

lundi 12 octobre 2009

Pascale Guinet fume


"Les courtisanes, nous les avons pour le plaisir ; les concubines, pour les soins de tous les jours ; les épouses, pour avoir une descendance légitime et une gardienne fidèle du foyer." Souvent citée, cette phrase attribuée à Démosthène a le mérite de la clarté. Un peu trop peut-être. Comme l'explique en effet l'anthropologue Claude Calame dans l'entretien qui sert d'introduction au recueil, la courtisane, dans l'Antiquité, n'était pas "opposée terme à terme" à la femme mariée. Notant que la condition juridique de l'épouse légitime a varié selon les lieux et les époques, l'universitaire rappelle que les statuts des femmes libres, esclaves ou affranchies se situant "en marge du mariage" furent, eux aussi, très divers.

De la fille publique "dégouttante de vin et de parfums, pâle, fardée, embaumée comme un cadavre" et rôdant dans "les lieux qui craignent la police" (Sénèque), aux riches hétaïres admises dans l'intimité des puissants - telle cette Thaïs qui fit chavirer les coeurs d'Alexandre le Grand et du roi égyptien Ptolémée Ier -, l'ensemble de la "profession" est ici représentée. On notera au passage la richesse lexicale du latin, qui faisait la différence entre les ambulatrices, appelées ainsi car elles racolaient en sillonnant les rues, les prosedae qui, au contraire, restaient devant leur porte, et les bustuariae, qui préféraient sévir dans les cimetières.

samedi 10 octobre 2009

Sollers est "la dernière bouffée de bonheur en Europe "



"En quelques heures seulement, New York Sollers avait eu sur moi l'effet qu'il a sur tout le monde : il avait ouvert le champ des possibles. L'espoir avait ressurgi."

jeudi 8 octobre 2009

Frédéric Mitterrand fume sans odeur


Alors que nous sommes étendus, je tente un baiser sur les lèvres du garçon, j'avais bien tort d'hésiter, il embrasse merveilleusement bien, sans doute avec la même adresse qu'avec sa copine, il y revient autant que je le souhaite, lèvres fraîches, langue en profondeur, salive salée de jeune mâle sans odeur de tabac ni d'alcool.

jeudi 1 octobre 2009

Echenoz fume


Penché vers les rails, Ravel allume une Gauloise avant d'extraire d'une poche de son pardessus L'Intransigeant qu'il vient d'acheter au kiosque, faute d'avoir pu trouver Le Populaire qui est son organe de presse habituel.

jeudi 24 septembre 2009

Sollers est un point de Venise



Mlle de Chevreuse, qui avait plus de beauté que d'agrément, était sotte jusques au ridicule par son naturel. La passion lui donnait de l'esprit et même du sérieux et de l'agréable, uniquement pour celui qu'elle aimait ; mais elle le traitait bientôt comme ses jupes : elle les mettait dans son lit quand elles lui plaisaient ; elle les brûlait, par une pure aversion, deux jours après.

Mlle de Chevreuse n'avait que la beauté, de laquelle on se rassasie quand elle n'est pas accompagnée. Elle n'avait de l'esprit que pour celui qu'elle aimait, mais comme elle n'aimait jamais longtemps, l'on ne trouvait pas, aussi longtemps, qu'elle eût de l'esprit. Elle s'indisposait contre ses amants, comme conte ses hardes. Les autres femmes s'en lassent : elle les brûlait, et ses filles avaient toutes les peines du monde à sauver une jupe, des coiffes, des gants, un point de Venise. Je crois que si elle eût pu mettre au feu son galant Joyaux, quand elle s'en lassait, elle l'eût fait du meilleur de son coeur absolu.


mercredi 23 septembre 2009

Le goût parfait de Sollers

le 28 novembre 1994, à Versailles


Caresser une femme dans le noir de la véranda, c'est comme fumer dans le noir : adieu le goût.