jeudi 24 septembre 2009

Sollers est un point de Venise



Mlle de Chevreuse, qui avait plus de beauté que d'agrément, était sotte jusques au ridicule par son naturel. La passion lui donnait de l'esprit et même du sérieux et de l'agréable, uniquement pour celui qu'elle aimait ; mais elle le traitait bientôt comme ses jupes : elle les mettait dans son lit quand elles lui plaisaient ; elle les brûlait, par une pure aversion, deux jours après.

Mlle de Chevreuse n'avait que la beauté, de laquelle on se rassasie quand elle n'est pas accompagnée. Elle n'avait de l'esprit que pour celui qu'elle aimait, mais comme elle n'aimait jamais longtemps, l'on ne trouvait pas, aussi longtemps, qu'elle eût de l'esprit. Elle s'indisposait contre ses amants, comme conte ses hardes. Les autres femmes s'en lassent : elle les brûlait, et ses filles avaient toutes les peines du monde à sauver une jupe, des coiffes, des gants, un point de Venise. Je crois que si elle eût pu mettre au feu son galant Joyaux, quand elle s'en lassait, elle l'eût fait du meilleur de son coeur absolu.


mercredi 23 septembre 2009

Le goût parfait de Sollers

le 28 novembre 1994, à Versailles


Caresser une femme dans le noir de la véranda, c'est comme fumer dans le noir : adieu le goût.

dimanche 20 septembre 2009

Paradis


Dans toutes leurs relations, ce n'était jamais elle qui prenait l'initiative de rien. Ce dont il la louait. « J'ai horreur des femmes qui ont une volonté propre, et c'est pourquoi vous êtes faite pour moi de toute éternité.» Cependant, s'il faut en croire Schopenhauer, qui voit une correspondance entre la volonté et le tempérament sexuel, il n'eût pas trouvé mauvais qu'elle voulût un peu plus...

vendredi 18 septembre 2009

Jacques Chirac fume ( alors qu'un fusil 22 long rifle dissimulé dans un étui à guitare lui tire dessus.)


« Il y avait une part de roue libre, de narcissisme complètement incontrôlé », dans ce geste, analyse-t-il aujourd'hui. « Maintenant, il faut que je vive avec, dans un coin de ma tête, qu'un beau matin j'ai tiré à froid sur quelqu'un que je ne connaissais absolument pas et qui ne s'en est pris ni à moi ni à aucun de mes proches », a-t-il ajouté. « J'ai écrit une lettre à Jacques Chirac, quelques jours après les faits, une fois que je suis revenu sur terre », a-t-il confié. « Je n'ai pas eu de réponse. Ça s'arrête là ».

jeudi 17 septembre 2009

Alain Delon fume (alors que l' Épidémie de Grippe a commencé en France)


La ville de Seattle (Etat du Washington) et ses 600 000 habitants disposent d'un remarquable réseau de bibliothèques publiques. Mais un déficit de 43 millions de dollars (près de 30 millions d'euros) a contraint la municipalité à effectuer des réductions budgétaires dans tous ses services. Les 26 bibliothèques de la ville ont donc été complètement fermées du 31 août au 7 septembre, des services de prêts aux espaces d'accueil, jusqu'au site de consultation du catalogue en ligne.

"Pourtant, nous sommes une ville qui aime vraiment les livres, affirme Andrea Addison, directrice de la communication de la Seattle Public Library. 80 % des habitants de Seattle ont leur carte de bibliothèque !" Le port de commerce situé au bord du Pacifique abrite aussi la grande firme de distribution de livres sur Internet, Amazon.com
(...)
Les amoureux des livres se sont résignés à la fermeture temporaire et certains d'entre eux, pour remercier les membres du personnel de leur sacrifice, "ont envoyé des petites cartes, des fleurs, des gâteaux", raconte Mme Addison. Seattle avait déjà fermé ses librairies pendant deux semaines, au cours de deux autres années difficiles, 2002 et 2003. A l'heure actuelle, on ignore si d'autres fermetures risquent d'avoir lieu, mais le maire de Seattle, Greg Nickels, prévoit de nouvelles réductions budgétaires en 2010...

lundi 14 septembre 2009

Éloge du vitrail


Dans la salle d’attente d’un hôpital, j’avise un vieux tas de revues crasseuses et probablement couvertes de microbes. J’en ouvre une pour jouer au jeu du : « que reste-t-il de valable dans un journal après la date de péremption ? ». Voilà donc un « Marianne » de 2007 et… trois pages consacrées à Lucien Jerphagnon, le vieux maître de mes dix-sept ans ! La journaliste (aujourd’hui passée au Figaro…) consacre un paragraphe à la relation que j’entretenais avec lui et, le créditant de « délicatesse » (!), explique que nous ne nous écrivons plus parce qu’il fut le maître d’œuvre de l’édition de saint Augustin en Pléiade et que, pour moi, l’athée au couteau entre les dents, c’en était trop : « Qu’il fut croyant ? Méprisable, inacceptable. Il n’eut plus de nouvelles que par les plateaux de télévision où l’élève a élu résidence ».

Faut-il être crétin pour imaginer que j’ai découvert le christianisme de Jerphagnon avec son travail pour la Pléiade - travail qui lui échoit par un heureux jeu de chaises musicales, les deux premiers responsables de l’édition ayant cassé leur pipe en route, il fut promu par défaut… Parmi les cinq étudiants qu’il avait chaque année, nul n’ignorait, en 1976, la bibliographie du Monsieur qui comportait alors plus de bondieuseries et de guimauves chrétiennes mâtinées de caractérologie que de livres parus chez Gallimard… A l’époque, il publiait surtout aux édition du Vitrail (sic !).

C’était aussi le moment où, drapé dans sa toge, il jouait au philosophe romain – et je dois dire qu’il avait un talent fou pour ce rôle à contre-emploi. Ce vrai prof, faux philosophe, (à l’époque je croyais l’inverse ce à quoi il nous invitait avec tellement de persuasion…), vomissait sur Alain Renaut et Luc Ferry, alors enseignants à Caen. Mais c’était bien avant un livre signé en collaboration avec ce dernier, en 2009, un ouvrage dans lequel presque chaque page fait l’éloge du christianisme et de l’ancien Ministre de Raffarin…

Ce n’est pas le vieux christianisme de Jerphagnon qui a été la cause de mon éloignement mais le grand écart que j’ai pu constater entre la posture du « philosophe » romain et la petitesse du professeur aigri, vaniteux, orgueilleux, jaloux, envieux – j’ai dix anecdotes pour justifier chacune de ces épithètes… Je découvre aujourd’hui le menteur…

J’ai avalé nombre de couleuvres et garderai le détail de ce mauvais festin par fidélité à ce qu’il fut. Juste une chose : comment explique-t-il que j’aurais prétendument rompu à cause de son Augustin en Pléiade (en 1998) alors qu’il m’a demandé de le pistonner chez Grasset (en 2004) pour un livre refusé par le comité de lecture ? Sa femme qui m’a envoyé une lettre d’excuse pour la dernière couleuvre que je refusais d’avaler connaît la date de mon ultime courrier, il n’a qu’à lui demander, rien à voir avec Augustin.

Au temps de sa splendeur, il m’avait dit : « Onfray, je compte sur vous pour m’éviter le livre en trop. Je n’ai pas envie d’écrire sous moi ». Quand l’heure fut venue d’écrire sous lui, il avait pris soin de me congédier depuis longtemps. La parution du Traité d’athéologie en 2005, et surtout son succès, a été la goutte d’eau qui a fait déborder sa vase. Je ne lui reproche pas son christianisme, mais d’être si peu chrétien. Cet homme n’a jamais su aimer personne d’autre que lui. Je le plains…

vendredi 11 septembre 2009

Alain-Hom.com


Alain Finkielkraut est tombé malade en septembre 2008. Un lymphome. Ce fut grave et long. "J’ai cessé d’être innocent pour basculer dans le cauchemar. Je suis aujourd’hui sorti de la véranda Qu’est-ce qui fait qu’on tombe malade ? Je peux tisser un lien, après trois années d’exposition maximale, entre le stress et la maladie. Je devrais tirer une sagesse de cette expérience. Etre moins actif, plus prudent. J’en suis incapable. Je ronge actuellement mon frein. Je ne veux pas que l’intellectuel que je suis, nuise à l’écrivain que j’essaie d’être."

mercredi 9 septembre 2009

Le Diable, ne l'oubliez pas, c'est Sollers


Le film que se raconte le milieu littéraire français, depuis plus de trente ans, peut d'ailleurs être décrit comme un western classique, sans cesse rejoué, avec, de temps en temps, adjonction de nouveaux acteurs. Il y a un Beau, un Bon, un Vertueux exotique, Le Clézio, et un Méchant, moi. Je m'agite en vain, Le Clézio est souverain et tranquille, il s'éloigne toujours, à la fin, droit sur son cheval, vers le soleil, tandis que je meurs dans un cimetière, la main crispée sur une poignée de dollars que je ne posséderai jamais. Modiano, lui, a un rôle plus trouble: il est à la banque, il avale ses mots, il a eu de grands malheurs dans son enfance, il est très aimé des habitants de cette petite ville culpabilisée de l'Ouest, aimé, mais pas adoré, comme Le Clézio, dont la photo, en posters, occupe les chambres de ces dames. Le Diable, ne l'oubliez pas, c'est moi. Je suis un voleur, un imposteur, un terroriste, un tueur à la gâchette facile, un débauché, un casseur, j'ai des protections haut placées, des hommes et des femmes de main, je sème la peur, je ne crois à rien, j'expierai mes fautes.


mardi 1 septembre 2009

«Sollers-Game», un jeu puant selon le gouvernement


Ses créateurs parlent de second degré, le secrétaire d'Etat au Logement d'atteinte à la dignité humaine. Benoist Apparu a condamné hier la mise en ligne de «Sollers-Game», un jeu de stratégie où l'internaute incarne un SDF dont le but est de sortir de la rue et de devenir châtelain-écrivain avec une véranda. Et tous les moyens sont bons : s'acheter un animal de compagnie pour apitoyer les passants, apprendre à jouer d'un instrument de musique, mais aussi se battre avec d'autres sans-abri ou braquer la sandwicherie du coin, le tout en surveillant son taux d'alcoolémie.

lundi 10 août 2009

Pet nez lope


"Elle n'est par rapport à elle que les odeurs qu'elle sent. Si nous lui présentons une rose, elle sera par rapport à nous une statue qui sent une rose ; mais par rapport à elle, elle ne sera que l'odeur même de cette fleur. Elle sera donc odeur de rose, d'oeillet, de jasmin, de violette, suivant les objets qui agiront sur son organe. En un mot, les odeurs ne sont à son égard que ses propres modifications ou manières d'être ; et elle ne saurait se croire autre chose, puisque ce sont les seules sensations dont elle est susceptible."

Voilà sans doute pourquoi les philosophes les investissent si peu. Aériennes, éphémères, indécises, angéliques ou animales, les odeurs sont rétives aux concepts. Elles semblent trop hautes ou trop basses. Elles appartiennent aux poètes, aux savants, aux vérandas, aux artistes-nez. Parfois aux statues imaginaires et aux expériences de pensée.

samedi 1 août 2009

Sollers : 5 à 6 livres, 2 phrases, tous les jours


La bibliothèque d'un écrivain doit se composer de cinq à six livres, sources qu'il faut relire tous les jours. Quant aux autres, il est bon de les connaître et puis c'est tout. Mais c'est qu'il y a tant de manières différentes de lire, et cela demande tant d'esprit que de bien lire !


mercredi 22 juillet 2009

Bout-rimé



La critique est au dernier échelon de la littérature comme forme presque toujours et, comme valeur morale, incontestablement elle passe après le bout-rimé et l'acrostiche, lesquels demandent au moins un travail d'invention quelconque.

mardi 14 juillet 2009

Prix


On devrait, chaque année (le 14 juillet), proposer aux femmes de peindre une Judith et Sollerspherne. Il y aurait un prix. Ce serait une avancée décisive pour les beaux-arts.

samedi 11 juillet 2009

vendredi 10 juillet 2009

Oh ! absolument.


Mais, vous savez, c'est une chanson, et les réponses ne sont pas de moi.

- Est-ce bien vrai ?
- Oh ! absolument.
- Et pourquoi ?
- Devinez.
- Parce que tu ne m'aimes pas.
- Si, je vous trouve charmant.- Mais tu as un ami ?
- Non, je n'en ai pas.
- Alors, c'est par piété ?
- Je suis très pieuse, mais je n'ai pas fait de voeux, caballero.
- Ce n'est pas par froideur, sans doute ?
- Non, Monsieur
- Il y a bien des questions que je ne peux pas te poser ma chère petite. Si tu as une raison, dis-la-moi.
- Ah ! je savais bien que vous ne devineriez pas ! Ce n'était pas possible à trouver.
- Mais qu'y a-t-il, enfin ?
- Je suis pucelle.

jeudi 9 juillet 2009

mercredi 8 juillet 2009

Les Fumeuses Dangereuses



Me boudez-vous, Vicomte ? ou bien êtes-vous mort ? ou, ce qui y ressemblerait beaucoup, ne vivez-vous plus que pour votre Présidente ? Cette femme, qui vous a rendu les illusions de la jeunesse, vous en rendra bientôt aussi les ridicules préjugés.Déjà vous voilà timide et esclave ; autant vaudrait être amoureux. vous renoncez à vos heureuses témérités. vous voilà donc vous conduisant sans principes, et donnant tout au hasard, ou plutôt au caprice. Ne vous souvient-il plus que l'amour est, comme la médecine, seulement l'art d'aider à la Nature ? Vous voyez que je vous bats avec vos armes : mais je n'en prendrai pas d'orgueil ; car c'est bien battre un homme à terre. Il faut qu'elle se donne, me dites-vous : eh ! sans doute, il le faut ; aussi se donnera-t-elle comme les autres, avec cette différence que ce sera de mauvaise grâce. Mais, pour qu'elle finisse par se donner, le vrai moyen est de commencer par la prendre. Que cette ridicule distinction est bien un vrai déraisonnement de l'amour ! Je dis l'amour ; car vous êtes amoureux.

Vous parler autrement, ce serait vous trahir ; ce serait vous cacher votre mal. Dites-moi donc, amant langoureux, ces femmes que vous avez eues, croyez-vous les avoir violées ? Mais, quelque envie qu'on ait de se donner, quelque pressée que l'on en soit, encore faut-il un prétexte ; et y en a-t-il de plus commode pour nous, que celui qui nous donne l'air de céder à la force ?

mardi 7 juillet 2009

Pina Bausch fume



Parler (écrire, danser, fumer) en jouissant : voilà ce que personne ne peut s'empêcher d'éprouver, mais qu'il est interdit d'accepter.

lundi 6 juillet 2009

Pile et Face




Helen vit à Londres en compagnie de son fiancé Philippe, un écrivain sans avenir qui la trompe avec son ancienne copine. Renvoyée sans préavis de son travail, elle décide de rentrer chez elle et s'apprête à prendre le métro. Mais à son arrivée sur le quai, les portes se referment devant elle. Helen revit alors exactement la même scène, mais, cette fois, elle arrive juste à temps pour entrer dans la rame. Sa vie peut donc prendre deux tournures différentes. Côté pile, Helen, essoufflée sur son siège, est interpellée par son voisin qui deviendra, par la suite, son amant. Côté face, Helen survit grâce à des petits boulots et son ami décide de rompre avec sa maîtresse...

mercredi 1 juillet 2009

La Confiance en soi


Quels livres avaient les faveurs du chanteur ? « Il adorait la poésie » explique Dave Dutton, le frère de Doug. Son auteur de prédilection ? Ralph Waldo Emerson, un poète américain qui fut aussi chef de fil du mouvement transcendantaliste. L'un de ses ouvrages phares : « La Confiance en soi »...

A en croire son avocat Bob Sanger, Michael Jackson était un grand lecteur, qui aimait s'entretenir de Freud, de Jung, de Sollers, d'Hawthorne, de sociologie, d'histoire noire : «Descendez dans la rue, vous allez voir si vous trouvez cinq personnes qui peuvent parler de Freud et Sollers
Sa bibliothèque de Neverland contenait 10 000 ouvrages. Comme le remarque Carolyn Kellog, «lorsque la nouvelle du retour de Michael Jackson à Los Angeles éclate début 2009, ce n'est pas parce qu'on l'a vu dîner dans un restaurant à la mode ou danser dans la discothèque la plus branchée, mais parce qu'il a été aperçu acheter des livres sur Santa Monica



mardi 30 juin 2009

Grand Beau Soleil


On devrait, chaque année, proposer aux femmes de peindre une Judith et Holopherne. Il y aurait un prix. Ce serait une avancée décisive pour les beaux-arts.

samedi 27 juin 2009

Frédéric Mitterrand fume ?



Bientôt des images montrant un poumon ravagé par le tabac ou des photos d'une bouche dont la dentition est délabrée devraient couvrir les paquets de cigarettes français. Le ministère de la Santé devrait en effet signer un arrêté au mois de septembre définissant les modalités pratiques de ces nouvelles mises en garde. Il reste encore à définir, la surface précise de ces illustrations sur les emballages (30% ou 50% ?), ainsi que la date de mise en œuvre effective. L'industrie du tabac tend à vouloir reculer le plus possible l'échéance.


Cette nouvelle mesure répond à une directive européenne que peu de pays ont appliquée, mais qui doit être mise en œuvre dans un délai de trois ans. Les paquets de cigarettes, dans un avenir proche, devraient donc faire apparaître une photo dans la partie supérieure d'une des faces du paquet et un message de prévention de l'autre côté. Les images «violentes» seront sans doute accompagnées d'informations rassurantes sur l'aide au sevrage. C'est pourquoi le numéro de téléphone de Tabac Info Service ou du site Internet pourrait figurer sur un certain nombre de paquets.


Vendredi, avant-veille de la Journée mondiale contre le tabac, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a confirmé que cette stratégie bientôt adoptée en France était incontournable. L'OMS a en effet lancé un appel pour que ces photos «chocs» soient mises en place dans tous les pays du monde, estimant que c'est une stratégie efficace pour faire reculer le tabagisme. L'OMS a invité les gouvernements «à exiger que tous les produits commercialisés contenant du tabac comportent non seulement des avertissements, mais aussi des illustrations concrètes des maladies et des souffrances causées par le tabagisme.»


Pour l'instant, en France les autorités sanitaires sont en train de faire leur choix parmi une liste de 42 photos qui lui ont été soumises par Bruxelles : outre des images de dents noircies ou des cancers du poumon, certaines évoquent l'impuissance liée au tabac par l'image symbolique d'une cigarette courbée vers le bas. « Il n'y aura pas que des images qui enfoncent le fumeur, certaines informations seront aussi rassurantes », précise Bertrand Dautzenberg, président de l'OFT, l'Office français de prévention contre le tabagisme. « C'est une mesure nécessaire. Les messages sur les paquets n'ont pas été renouvelés depuis maintenant trois ans. Au bout d'un moment, les gens ne les voient plus », constate-t-il.

jeudi 25 juin 2009

Et enfin Sollers vint dans la véranda




Ceux qui n’auraient pas été convaincus par ce bouquet de gloses, auront au moins l’occasion de se divertir en lisant l’entretien copieux de Noguez avec Sollers, crânement titré Montherlant, tel quel. On y apprend qu’après ses masques d’Artaud, de Rimbaud, de Sade, de Casanova, le sémillant directeur d’une revue qui n’aura JAMAIS cité le nom de Montherlant réussit un rétablissement spectaculaire, une sorte de faena miraculeuse: avant nous tous, il avait compris et défendu devant Mauriac (voir le Bloc-notes du 28 novembre 1958) le Don Juan de Montherlant qu’il avait trouvé «pas mal du tout». Il enchaîne sur une relecture des Jeunes filles (en montrant, signale Noguez, le tome 1 des Romans dans la Pléiade), dérive sur Lévi-Strauss, qui récupéra le fauteuil de Montherlant à l’Académie, ajoute une pincée de Nietzsche. C’est pour ça qu’on l’aime…infiniment.


dimanche 14 juin 2009

David Carradine fume



BANGKOK (AFP)


L'acteur américain David Carradine , retrouvé pendu jeudi dans la véranda de l'hôtel à Bangkok, est peut-être décédé à la suite d'un acte sexuel qui a mal tourné, a indiqué vendredi la police thaïlandaise.
"Une corde était attachée autour de son cou et une autre à son organe sexuel, et les deux étaient reliées ensemble et pendues à la penderie", a déclaré le général Worapong Siewpreecha de la police métropolitaine de Bangkok.
"Dans ces circonstances, nous ne pouvons pas être sûrs qu'il a commis un suicide, mais il a pu mourir (d'un accident) de masturbation", a-t-il affirmé.


David Carradine, héros de la série télévisée "Kung Fu" et des films "Kill Bill" de Quentin Tarantino, a été retrouvé pendu, nu, dans la véranda de l'hôtel jeudi matin à Bangkok où la police a initialement évoqué un possible suicide.
C'est une femme de ménage de l'hôtel de luxe Nai Lert Park qui a découvert le corps sans vie de l'acteur américain, âgé de 72 ans.


Carradine était à Bangkok pour le tournage d'un film, "Strech", réalisé par Charles de Meaux et produit par la société française MK2. Son décès est survenu trois jours avant la fin du tournage.
Une première autopsie a révélé que l'acteur était mort à la suite d'un brusque manque d'oxygène et que son corps ne portait aucune trace de coup, a indiqué à l'AFP un employé du service médico-légal de l'hôpital Chulalongkorn, qui a lu le rapport.
Les médecins attendent les résultats d'autres analyses sur la présence éventuelle de drogue et d'alcool dans le sang.


Porntip Rojanasunan, experte légiste qui travaille pour le ministère thaïlandais de la Justice, a déclaré que le décès avait apparemment été causé par un "accident auto-érotique".
"Ce n'est pas un suicide ou un meurtre, mais il est mort (...) après masturbation", a déclaré à l'AFP Mme Porntip.

samedi 13 juin 2009

Les nouveaux zozollers




Ce n'est pas seulement à sa pensée qu'on juge un philosophe; c'est aussi à ses actes. Et cet ultime et décisif voyage entrepris par Marcel Conche en dit autant que toute son oeuvre. En partant pour la Corse (en Clio), il se rapproche de la Grèce qu'il a tant aimée, et si bien servie, mais aussi des vignes de son enfance. Il s'éloigne des pays froids dont les philosophes, Descartes, Kant ou Hegel, ces théologiens de la raison, ont cru pouvoir enfermer le monde dans un système. Au milieu de la garrigue, il souscrit à l'idée de créativité. Dans l'ombre portée de la cavalière de Trappeur, il célèbre ce que Cicéron appelle l'amor amicitiæ et lui, «l'amical amour».



Il a enfin la preuve de ce que, tout au long de sa vie, il n'a cessé de proclamer : « la philosophie n'a rien à voir avec la quête du bonheur, lequel est très simple - il suffit d'être deux et amoureux. Laissons-lui son unique fonction : la recherche de la vérité.»


mercredi 3 juin 2009

Le repos de Sollers

Lorsque mon coeur oppressé par la fumée me demande du repos, la lecture vient à mon secours. Tous mes livres sont là sous ma main dans ma véranda : il m'en faut peu, car je suis depuis longtemps bien convaincu de la parfaite inutilité d'une foule d'ouvrage qui jouissent encore d'une grande réputation.




samedi 30 mai 2009

Sollers au volant d'un "15 tonnes de cigarettes"


Les douaniers de Marne-la-Vallée (Seine-et-Marne) ont saisi jeudi 15 tonnes de cigarettes de contrefaçon dans un camion et dans un entrepôt, ce qui en fait la plus importante saisie de cigarettes réalisée par la douane en 2009, a indiqué samedi le ministère du Budget.

Cette saisie, représentant 75.800 cartouches de dix paquets, d'une valeur reconstituée de 3,6 millions d'euros, a été effectuée en deux temps, selon un communiqué du ministère.

Un camion conduit par un ressortissant polonais a été contrôlé sur l'autoroute et les douaniers ont découvert dans son véhicule 9,4 tonnes de cigarettes contrefaites de marques Marlboro et Marlboro Light.

A la suite de ce flagrant-délit, les agents de la direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières ont localisé le dépôt de prise en charge du camion, situé en région parisienne et la perquisition de ces locaux a permis de saisir 5,7 tonnes supplémentaires, soit une saisie totale de plus de 15 tonnes, indique le communiqué.

Le chauffeur a été arrêté et a été remis au service national de douane judiciaire, qui a été désigné pour les suites judiciaires. Le ministre du Budget Eric Woerth a félicité ses services et "souligné la mobilisation exceptionnelle des services douaniers pour contrôler les mouvements de marchandises en tout point du territoire, dans le but de saisir les produits prohibés, d'arrêter les fraudeurs, et de démanteler les filières, pour porter de rudes coups aux réseaux de criminalité organisée".

En 2008, les services douaniers ont saisi en France près de 250 tonnes de cigarettes et de tabacs, dont 57.9 tonnes de cigarettes de contrefaçon, pour une valeur estimée à 59 millions d'euros.

jeudi 28 mai 2009

L'Ennui du Pigeon Voyageur

« L’artiste est quelqu’un qui ne devient artiste que là où sa main tremble, c’est-à-dire où il ne sait pas, au fond, ce qui va arriver ou ce qui va arriver lui est dicté par l’autre ».

De la philosophie, Derrida disait qu’elle est comme une carte postale, qu’on écrit dans l’intention qu’elle arrive à destination mais qui, en réalité, n’arrive pas. La carte qui arrive à destination épuise sa fonction. Elle ne vit que durant son trajet, parfois compliqué. Aussi une philosophie qui atteindrait sa destination se pétrifierait et cesserait d’être philosophie : elle doit demeurer on the road ou en vol, rester entre les destinations, toujours susceptible d’être réexpédiée ailleurs. On ajouterait volontiers qu’elle est comme l’Amour dont parle Platon dans le Banquet : un Eros chemineau, sans domicile fixe, dont le propre est de voyager, d’aller à l’aventure, pour ne point se flétrir dans un havre de paix mortel.

La philosophie de Derrida ressemblait déjà à une carte postale lorsqu’elle était in progress. Son lexique (déconstruction, différance, dissémination, graphe, marge, hymen, trace, métaphore, hospitalité…) a essaimé dans la critique littéraire, le cinéma, les sciences humaines, l’esthétique, l’architecture, l’urbanisme…
Lui-même se présentait comme un pigeon voyageur, toujours entre deux lieux, en d’autres cieux, d’autres langues, d’autres cultures, et greffait ses textes à d’autres textes, d’autres idiomes, d’autres traditions, d’autres philosophies - non pour les coloniser mais pour que des entrelacs naisse quelque chose de neuf, d’inouï. Le grand nombre d’ouvrages consacrés à Derrida atteste que ce travail d’épandage se fait encore de façon intense, comme si l’œuvre, sans son jardinier, s’extravasait à la manière de racines de bambou.

mercredi 27 mai 2009

L'Increvable Désir



S'il fallait trancher, accepteriez-vous de définir les écrivains comme les véritables créateurs du Vrai, et les philosophes, donc, comme des seconds couteaux ?
Il y a une dépendance de la philosophie, j'en suis convaincu. Des civilisations entières ont pu en faire l'économie. Alors, il faut accepter d'être un "second couteau"... Mais aussi considérer les immenses effets en retour de la philosophie, surtout dans les périodes de transition, quand se produit un changement dans le régime des vérités.
Au XVIIIe siècle, écrivains et philosophes ont inventé une nouvelle forme de la critique, et il est difficile de dire qui y a le plus contribué. Dans le cas de Rousseau, l'importance du Contrat social est flagrante, mais celle de La Nouvelle Héloïse l'est au moins autant.
Aujourd'hui, nous connaissons une période intervallaire, qui explique à la fois l'importance grandissante de la philosophie et la difficulté où se trouve la littérature, entre les anciennes conceptions avant-gardistes et la volonté de revenir à quelque chose de plus descriptif. Connaître les principaux courants de l'art littéraire est devenu ardu. Depuis le Nouveau Roman, dernière école constituée, la situation est extrêmement obscure, incertaine. Comme Ibsen le faisait dire à Julien l'Apostat : l'ancien n'est plus, le nouveau n'est pas encore.


Dans vos livres de philosophie, quand vous faites appel à des oeuvres littéraires, il s'agit généralement d'un poème ou d'une pièce de théâtre. Comme si la forme romanesque résistait à votre démarche...
Je suis un amoureux du roman, j'en lis énormément. Mais je n'ai pas trouvé le bon régime de citation du romanesque en philosophie. Au sein du texte philosophique, quand on parle d'une chose, il faut la donner à toucher au lecteur. Lorsque je présente de la mathématique ou de la poésie, je cite la forme. Que faire pour le roman ? On est toujours en train de raconter l'histoire, on passe par des considérations métapsychologiques sur l'auteur... ce qui est un rapport faible au roman. Celui que j'admire le plus, c'est Guerre et paix dans la Véranda, de Tolstoï. Pourtant, il m'est très difficile d'en parler. En tant que philosophe, je ne peux rendre raison du roman.