samedi 28 novembre 2009

Sollers, sexy et fier de l'être


Vêtu d'une petite robe et d'escarpins beiges à talons aiguilles, le toujours jeune écrivain de 73 ans était plus sexy que jamais, samedi soir, rue de la Véranda. Une nouvelle coiffure, des choix de couleurs plus douces dans sa garde-robe, Sollers a expliqué aux journalistes présents à la conférence de presse, qu'il en avait marre du noir, même si son Discours parfait, très rock, paraît plus sombre que jamais. sortira en janvier 2010 ou 122.

mardi 24 novembre 2009

Discours parfait de la méthode


Mais, comme un homme qui marche seul, et dans les ténèbres de sa véranda, je me résolus d’aller si lentement et d’user de tant de circonspection en toutes choses, que si je n’avançais que fort peu, je me garderais bien au moins de tomber. Même je ne voulus point commencer à rejeter tout-à-fait aucune des opinions qui s’étaient pu glisser autrefois en ma créance sans y avoir été introduites par la raison, que je n’eusse auparavant employé assez de temps à faire le projet de l’ouvrage que j’entreprenais et à chercher la vraie méthode pour parvenir à la connaissance de toutes les choses dont mon esprit serait capable.

lundi 23 novembre 2009

Viscère de la République


Existe-t-il une identité nationale française ?

- Oui, cela me parait évident. C'est l'histoire de la France. C'est un enjeu de société, c'est un enjeu d'histoire, c'est un enjeu politique aussi. Je trouve cela très bien de prendre la balle au bond et de montrer qu'il y a des définitions différentes et divergentes de l'identité nationale. Pour moi, il y a deux façons de concevoir l'identité. Celle de l'identité du sang, de la race et l'autre de la raison et de l'intelligence. Donc je trouve très bien de dire ce qu'est la France et comment elle fonctionne. Et ce n'est pas parce que la droite et l'extrême-droite ont défini une certaine idée de l'identité de la France, qu'il faut leur laisser dire. C'est une bonne occasion de dire que la France c'est la Révolution française, c'est une certaine conception de la République qui fait preuve d'ouverture, de solidarité et de fraternité.


Peut-on encadrer l'identité nationale ?

- Cela dépend de la conception qu'on a de l'identité nationale et des personnes qui sont au pouvoir. Si vous êtes au pouvoir et que vous avez une conception de l'identité nationale qui est raciale, voire raciste, cela ne produira pas le même type d'effet que si vous êtes au pouvoir avec la conception de l'identité nationale héritée des Lumières. Si Eric Besson veut un débat, je trouve qu'il a raison. Maintenant s'il veut un débat de manière populiste en allant chercher ce qu'il a de plus bas chez les gens en secouant le racisme qui dort en nous souvent, effectivement cela va être problématique. S'il s'agit de prendre le peuple à témoin pour une définition de l'identité nationale, on ne va pas produire quelque chose de bien intelligent. Il ne s'agit pas de dire "regardez vos viscères et dites nous ce que vous en pensez".

samedi 21 novembre 2009

Un vrai cauchemar

Jacques Roubaud, Anne Garréta, Philippe Sollers, Laurent Joffrin...


Roubaud, poète sans poésie, grand (1,85 m) échalas aux regards vindicatifs lancés sur une de mes photos jaunies.

jeudi 19 novembre 2009

L'huile Sollers congratule la Goncourt nationale

15 h 20, chez Gallimard.


Quelques huiles - le patron de Folio, celui des ventes, Sollers - la congratulent, mais ni haie d'honneur ni banderole, pas vraiment le genre de la maison. Direction les petits bureaux du service de presse, le centre névralgique de l'après-Goncourt. Où l'on apprend que Frédéric Mitterrand a essayé de la joindre à plusieurs reprises. Elle le prend au téléphone. Alors, il a lu votre livre ? " Non, mais il l'a offert à sa mère, et il m'a félicité." TF1, Arte, Le Monde, les médias s'enchaînent.

Entre temps, elle a appelé l'écrivain Jean-Yves Cendrey, son mari, toujours à Berlin où ils vivent depuis deux ans. Elle aimerait bien qu'il vienne avec Romaric, leur dernier fils, quitte à lui faire rater l'école. France-Info, qui la suit toute la journée, lui demande : "Qu'est-ce que cela vous fait de revenir ici, chez Gallimard ? " "Rien, pourquoi, j'étais là il y a dix jours." Pas une once d'acrimonie dans cette réponse lapidaire, mais Marie ne brode pas, tout simplement. Son discours se rode : Oui, le fait d'être la dixième femmes primée en 103 ans de Goncourt importe ; oui, ce beau prix "récompense 25 ans de métier, d'opiniâtreté" ; oui, le continent africain - son père est sénégalais - qu'elle connaît encore mal l'intéresse de plus en plus ; oui, la question de l'exil la touche. "Moi-même, à Berlin, je vis un exil, certes luxueux, choisi, désiré et heureux. Malgré tout, c'est un exil."; non, elle ne souhaite pas s'exprimer sur l'identité nationale, un débat qu'elle n'a pas suivi dès le début.

mercredi 18 novembre 2009

Pierre Falardeau fume



«Ah oui ! Falardeau, toujours aussi subtil ... avec ses gros sabots y veut nous faire passer des ... p'tits messages.» Je ne me rappelle pas très bien qui a dit qu'en art il fallait cultiver ses défauts, surtout ses défauts. Mais dans un cinéma qui en général ne cherche qu’à faire cinéma, c'est-à-dire à amuser et à faire joli, on a l'air de passer des messages si on essaie de parler de quelque chose. Comme pour la subtilité. La plupart des films sont d'ailleurs tellement gros ou tellement subtils que dans les deux cas on se demande de quoi ça parle.

« Pour terminer… ton principal problème... c'est que t'écoutes pas. » Oui j'écoute, mais je ne crois pas à un film réalisé par deux cent cinquante personnes dont la femme de ménage de Truffaut. Je ne crois pas non plus à un orchestre symphonique dirigé par son conseil d'administration.

J’arrête là. Comme dirait mon ami Gaëtan Hart, je commence à en avoir «ras-la-bol» de toujours être obligé de tout justifier année après année, chaque mot, chaque point, chaque virgule. J’en ai plein le cul de me faire parler de la psychologie des personnages, moi qui déteste le psychologisme bourgeois. Je crois à la psychologie de la situation, à la psychologie de l'action. Je me sens comme un moine tibétain qui radote avec son moulin à prières. J'ai l'impression de réécrire le même papier depuis vingt-cinq ans, de répéter les mêmes évidences grossières en réponse aux mêmes remarques absurdes. Je suis là à me répandre sur le papier, à exposer mes états d'âme, à arroser mon projet de mes larmes de martyr comme Solange Chaput-Rolland pleurnichant sur l'épaule de ses lecteurs, deux ou trois fois par année, depuis bientôt un demi-siècle, Solange Chaput-Rolland ! Quelle horreur !

dimanche 15 novembre 2009

Nelly Arcan fume


« La cigarette tue », « La cigarette rend impuissant ». La cigarette, nous dit Nelly Arcan, nourrit les deux bêtes noires de l’Occident : mourir et ne pas pouvoir donner la vie.

Un vent implacable s’est levé en Amérique du Nord contre la cigarette au milieu de années 80. La cigarette, qui avait jadis une saveur de liberté, a désormais un goût de mort.
La campagne antitabac, spectaculaire, agressive, s’est imposée dans le paysage social à tel point que l’acte de fumer s’est irrémédiablement dissocié des idées de plaisir, de gratification et d’identité sur lesquelles reposaient son commerce depuis plus d’un demi siècle. Elle transforme le fumeur en monstre d’inconscience puisqu’il s’empoisonne et empoisonne les autres.

Les campagnes antitabac, dont les effets très positifs ne peuvent être niés, ont mis le pied dans la propagande. Ici, comme dans toutes les propagandes, le souci d’informer fait place à la haine revancharde dont le fumeur est aujourd’hui devenu le canalisateur.

samedi 14 novembre 2009

Raymond Federman fume




En 2002, nous buvions un verre dans une véranda de la rue Rambuteau, il regardait d’un air gourmand une belle parisienne en fumant une cigarette – je crois qu’il ne fumait plus qu’en France, pour le geste, pour le souvenir –, le visage fendu d’un grand sourire lumineux qu’il arborait souvent, les yeux pétillants, et avec ce même sourire, il m’a dit : « Tu sais, Laure, je suis un vieux bonhomme maintenant. Un jour, un de ces jours, dans pas longtemps, des extraterrestres vont venir me chercher pour m’emmener dans leur planète. Il va falloir t’habituer… »

jeudi 12 novembre 2009

La formule



Une phrase au hasard (des dizaines d'autres auraient aussi bien fait l'affaire) : « Les Poésies, qui s'inscrivent immédiatement dans l'espace et le dehors ainsi découverts par les Chants, c'est-à-dire "après eux", si l'on veut, mais plutôt sous eux, parmi eux, dans leurs intervalles, constituent d'emblée le lieu en forme non plus de ligne mais de portée (comme si les Chants formaient désormais les "paroles" d'une scription multiplement musicale, ou encore la trame d'une chaîne pouvant s'exposer après la destruction de cette chaîne) où le passage renversant au texte transfini va désormais donner non plus le récit de sa venue au jour mais ses formules. »
Oui, comme vous enjoint de le faire Maldoror, riez et pleurez en même temps. Mais de rire...

mardi 10 novembre 2009

Salers ou Sollers ?


Sur l'insistance de ses conseillers diplomatiques, Chirac accepte enfin, en juillet 2005, de recevoir Ariel Sharon, le Premier ministre israélien, qu'il trouvait brutal et sans retenue. La rencontre commence assez froidement par un exposé de part et d'autre. Puis les deux hommes évoquent leur lieu de prédilection. Sharon raconte qu'il passe ses week-ends dans la véranda de sa ferme où il élève des vaches et même des... salers ! Aussitôt, Chirac s'enthousiasme et invite Sharon au Salon de l'Agriculture suivant. Une invitation que le Premier ministre israélien ne pourra honorer à cause de son accident vasculaire.

dimanche 8 novembre 2009

Le prix des cigarettes augmente lundi



Juste procès, je crois, et justes remontrances ;
Car toujours la jeunesse expulse la vieillesse,
Il faut qu'avec les uns se reforment les autres.
Nul ne va dans le gouffre et dans le noir Tartare :
Aux races à venir il faut des matériaux
Pour croître, et cependant elles te suivront toutes,
Et ne mourront pas moins que celles d'avant toi.
C'est ainsi que sans cesse un être naît de l'autre :
Nul ne détient la vie véranda et tous en ont l'usage.

lundi 2 novembre 2009

Cesare Pavese fume

Mardi, (enrhumé-fièvre), recommencé depuis deux jours à fumer et senti de nouveau cette démangeaison terrible, intolérable. Cessé - Cessé. Même jeu qu'à vingt ans, quand fumer la cigarette m'étouffa et que je dus cesser. Trouverai-je un succédané dans la véranda ?


vendredi 30 octobre 2009

Tel Quel en kiosque


Tout ministre de la culture, à peine nommé, n'oublie jamais de citer, parmi ses priorités, la démocratisation de l'accès aux oeuvres culturelles. Autrement dit, que les livres, théâtres, opéras ou musées ne soient pas monopolisés par les gens diplômés, riches et habitant dans les grandes villes. Une enquête sur les pratiques culturelles des Français vient d'être rendue publique. En matière d'accès à la culture, les résultats sont cinglants pour l'action de l'Etat, mais aussi pour les collectivités locales.


La situation, en effet, a empiré par rapport aux enquêtes similaires de 1988 et 1997. Hormis le cinéma, l'art le plus démocratique, les gens modestes abandonnent toujours plus les pratiques et désertent les lieux culturels. La lecture est le domaine le plus alarmant. Les non-lecteurs chez les ouvriers ont augmenté de façon spectaculaire. L'autre échec est lié à l'aménagement du territoire. En dix ans, le fossé s'est creusé entre les Parisiens, toujours plus consommateurs de culture, et les "provinciaux", qui le sont de moins en moins.


jeudi 29 octobre 2009

jeudi 15 octobre 2009

Zuckerman fume ?


Autre combat, plus intime, l'attirance que Zuckerman ressent pour la jeune Jamie, qui se rêve écrivain et se propose d'échanger pour un temps son appartement new-yorkais contre la maison des Berkshires. Mais son corps ne peut plus répondre à son désir. Il lui faut donc partir. Mourir ? Peut-être pas, mais laisser Philip Roth seul, à réinventer de nouveaux destins.

mercredi 14 octobre 2009

Bernard Lamarche-Vadel fume

L'une des notions fondamentales du Monde..., celle de "Wille zum Leben", a été systématiquement rendue par "volonté de vivre" et non plus "vouloir vivre". Cette substitution n'est pas qu'une coquetterie : "volonté de vivre" rend mieux la nature intentionnelle et cosmique - et non pas simplement égoïste et psychologique - du concept de volonté chez Schopenhauer, qui s'éprouve certes dans le corps, mais qui s'incarne aussi dans la nature. Certaines réserves d'un autre âge ont été évacuées. Ainsi le célèbre chapitre 44 des Compléments (en réalité un deuxième volume aussi épais que Le Monde... lui-même) retrouve-t-il son titre plus conforme non seulement à l'original allemand, mais aussi à son contenu audacieux pour l'époque, de "Métaphysique de l'amour sexuel" (Geschlechtsliebe) au lieu du prude "Métaphysique de l'amour" chez Burdeau.

Mais surtout il redevient possible de lire Le Monde comme volonté et représentation (ainsi que Les Deux Problèmes fondamentaux de l'éthique) moins à la lumière de ceux dont on dit que Schopenhauer fut l'inspirateur (psychanalystes, philosophes de la vie, nihilistes modernes de tout crin) qu'à celle de ses sources. Kant en premier lieu, mais aussi Spinoza ou Malebranche.

lundi 12 octobre 2009

Pascale Guinet fume


"Les courtisanes, nous les avons pour le plaisir ; les concubines, pour les soins de tous les jours ; les épouses, pour avoir une descendance légitime et une gardienne fidèle du foyer." Souvent citée, cette phrase attribuée à Démosthène a le mérite de la clarté. Un peu trop peut-être. Comme l'explique en effet l'anthropologue Claude Calame dans l'entretien qui sert d'introduction au recueil, la courtisane, dans l'Antiquité, n'était pas "opposée terme à terme" à la femme mariée. Notant que la condition juridique de l'épouse légitime a varié selon les lieux et les époques, l'universitaire rappelle que les statuts des femmes libres, esclaves ou affranchies se situant "en marge du mariage" furent, eux aussi, très divers.

De la fille publique "dégouttante de vin et de parfums, pâle, fardée, embaumée comme un cadavre" et rôdant dans "les lieux qui craignent la police" (Sénèque), aux riches hétaïres admises dans l'intimité des puissants - telle cette Thaïs qui fit chavirer les coeurs d'Alexandre le Grand et du roi égyptien Ptolémée Ier -, l'ensemble de la "profession" est ici représentée. On notera au passage la richesse lexicale du latin, qui faisait la différence entre les ambulatrices, appelées ainsi car elles racolaient en sillonnant les rues, les prosedae qui, au contraire, restaient devant leur porte, et les bustuariae, qui préféraient sévir dans les cimetières.

samedi 10 octobre 2009

Sollers est "la dernière bouffée de bonheur en Europe "



"En quelques heures seulement, New York Sollers avait eu sur moi l'effet qu'il a sur tout le monde : il avait ouvert le champ des possibles. L'espoir avait ressurgi."

jeudi 8 octobre 2009

Frédéric Mitterrand fume sans odeur


Alors que nous sommes étendus, je tente un baiser sur les lèvres du garçon, j'avais bien tort d'hésiter, il embrasse merveilleusement bien, sans doute avec la même adresse qu'avec sa copine, il y revient autant que je le souhaite, lèvres fraîches, langue en profondeur, salive salée de jeune mâle sans odeur de tabac ni d'alcool.

jeudi 1 octobre 2009

Echenoz fume


Penché vers les rails, Ravel allume une Gauloise avant d'extraire d'une poche de son pardessus L'Intransigeant qu'il vient d'acheter au kiosque, faute d'avoir pu trouver Le Populaire qui est son organe de presse habituel.

jeudi 24 septembre 2009

Sollers est un point de Venise



Mlle de Chevreuse, qui avait plus de beauté que d'agrément, était sotte jusques au ridicule par son naturel. La passion lui donnait de l'esprit et même du sérieux et de l'agréable, uniquement pour celui qu'elle aimait ; mais elle le traitait bientôt comme ses jupes : elle les mettait dans son lit quand elles lui plaisaient ; elle les brûlait, par une pure aversion, deux jours après.

Mlle de Chevreuse n'avait que la beauté, de laquelle on se rassasie quand elle n'est pas accompagnée. Elle n'avait de l'esprit que pour celui qu'elle aimait, mais comme elle n'aimait jamais longtemps, l'on ne trouvait pas, aussi longtemps, qu'elle eût de l'esprit. Elle s'indisposait contre ses amants, comme conte ses hardes. Les autres femmes s'en lassent : elle les brûlait, et ses filles avaient toutes les peines du monde à sauver une jupe, des coiffes, des gants, un point de Venise. Je crois que si elle eût pu mettre au feu son galant Joyaux, quand elle s'en lassait, elle l'eût fait du meilleur de son coeur absolu.


mercredi 23 septembre 2009

Le goût parfait de Sollers

le 28 novembre 1994, à Versailles


Caresser une femme dans le noir de la véranda, c'est comme fumer dans le noir : adieu le goût.

dimanche 20 septembre 2009

Paradis


Dans toutes leurs relations, ce n'était jamais elle qui prenait l'initiative de rien. Ce dont il la louait. « J'ai horreur des femmes qui ont une volonté propre, et c'est pourquoi vous êtes faite pour moi de toute éternité.» Cependant, s'il faut en croire Schopenhauer, qui voit une correspondance entre la volonté et le tempérament sexuel, il n'eût pas trouvé mauvais qu'elle voulût un peu plus...

vendredi 18 septembre 2009

Jacques Chirac fume ( alors qu'un fusil 22 long rifle dissimulé dans un étui à guitare lui tire dessus.)


« Il y avait une part de roue libre, de narcissisme complètement incontrôlé », dans ce geste, analyse-t-il aujourd'hui. « Maintenant, il faut que je vive avec, dans un coin de ma tête, qu'un beau matin j'ai tiré à froid sur quelqu'un que je ne connaissais absolument pas et qui ne s'en est pris ni à moi ni à aucun de mes proches », a-t-il ajouté. « J'ai écrit une lettre à Jacques Chirac, quelques jours après les faits, une fois que je suis revenu sur terre », a-t-il confié. « Je n'ai pas eu de réponse. Ça s'arrête là ».

jeudi 17 septembre 2009

Alain Delon fume (alors que l' Épidémie de Grippe a commencé en France)


La ville de Seattle (Etat du Washington) et ses 600 000 habitants disposent d'un remarquable réseau de bibliothèques publiques. Mais un déficit de 43 millions de dollars (près de 30 millions d'euros) a contraint la municipalité à effectuer des réductions budgétaires dans tous ses services. Les 26 bibliothèques de la ville ont donc été complètement fermées du 31 août au 7 septembre, des services de prêts aux espaces d'accueil, jusqu'au site de consultation du catalogue en ligne.

"Pourtant, nous sommes une ville qui aime vraiment les livres, affirme Andrea Addison, directrice de la communication de la Seattle Public Library. 80 % des habitants de Seattle ont leur carte de bibliothèque !" Le port de commerce situé au bord du Pacifique abrite aussi la grande firme de distribution de livres sur Internet, Amazon.com
(...)
Les amoureux des livres se sont résignés à la fermeture temporaire et certains d'entre eux, pour remercier les membres du personnel de leur sacrifice, "ont envoyé des petites cartes, des fleurs, des gâteaux", raconte Mme Addison. Seattle avait déjà fermé ses librairies pendant deux semaines, au cours de deux autres années difficiles, 2002 et 2003. A l'heure actuelle, on ignore si d'autres fermetures risquent d'avoir lieu, mais le maire de Seattle, Greg Nickels, prévoit de nouvelles réductions budgétaires en 2010...

lundi 14 septembre 2009

Éloge du vitrail


Dans la salle d’attente d’un hôpital, j’avise un vieux tas de revues crasseuses et probablement couvertes de microbes. J’en ouvre une pour jouer au jeu du : « que reste-t-il de valable dans un journal après la date de péremption ? ». Voilà donc un « Marianne » de 2007 et… trois pages consacrées à Lucien Jerphagnon, le vieux maître de mes dix-sept ans ! La journaliste (aujourd’hui passée au Figaro…) consacre un paragraphe à la relation que j’entretenais avec lui et, le créditant de « délicatesse » (!), explique que nous ne nous écrivons plus parce qu’il fut le maître d’œuvre de l’édition de saint Augustin en Pléiade et que, pour moi, l’athée au couteau entre les dents, c’en était trop : « Qu’il fut croyant ? Méprisable, inacceptable. Il n’eut plus de nouvelles que par les plateaux de télévision où l’élève a élu résidence ».

Faut-il être crétin pour imaginer que j’ai découvert le christianisme de Jerphagnon avec son travail pour la Pléiade - travail qui lui échoit par un heureux jeu de chaises musicales, les deux premiers responsables de l’édition ayant cassé leur pipe en route, il fut promu par défaut… Parmi les cinq étudiants qu’il avait chaque année, nul n’ignorait, en 1976, la bibliographie du Monsieur qui comportait alors plus de bondieuseries et de guimauves chrétiennes mâtinées de caractérologie que de livres parus chez Gallimard… A l’époque, il publiait surtout aux édition du Vitrail (sic !).

C’était aussi le moment où, drapé dans sa toge, il jouait au philosophe romain – et je dois dire qu’il avait un talent fou pour ce rôle à contre-emploi. Ce vrai prof, faux philosophe, (à l’époque je croyais l’inverse ce à quoi il nous invitait avec tellement de persuasion…), vomissait sur Alain Renaut et Luc Ferry, alors enseignants à Caen. Mais c’était bien avant un livre signé en collaboration avec ce dernier, en 2009, un ouvrage dans lequel presque chaque page fait l’éloge du christianisme et de l’ancien Ministre de Raffarin…

Ce n’est pas le vieux christianisme de Jerphagnon qui a été la cause de mon éloignement mais le grand écart que j’ai pu constater entre la posture du « philosophe » romain et la petitesse du professeur aigri, vaniteux, orgueilleux, jaloux, envieux – j’ai dix anecdotes pour justifier chacune de ces épithètes… Je découvre aujourd’hui le menteur…

J’ai avalé nombre de couleuvres et garderai le détail de ce mauvais festin par fidélité à ce qu’il fut. Juste une chose : comment explique-t-il que j’aurais prétendument rompu à cause de son Augustin en Pléiade (en 1998) alors qu’il m’a demandé de le pistonner chez Grasset (en 2004) pour un livre refusé par le comité de lecture ? Sa femme qui m’a envoyé une lettre d’excuse pour la dernière couleuvre que je refusais d’avaler connaît la date de mon ultime courrier, il n’a qu’à lui demander, rien à voir avec Augustin.

Au temps de sa splendeur, il m’avait dit : « Onfray, je compte sur vous pour m’éviter le livre en trop. Je n’ai pas envie d’écrire sous moi ». Quand l’heure fut venue d’écrire sous lui, il avait pris soin de me congédier depuis longtemps. La parution du Traité d’athéologie en 2005, et surtout son succès, a été la goutte d’eau qui a fait déborder sa vase. Je ne lui reproche pas son christianisme, mais d’être si peu chrétien. Cet homme n’a jamais su aimer personne d’autre que lui. Je le plains…

vendredi 11 septembre 2009

Alain-Hom.com


Alain Finkielkraut est tombé malade en septembre 2008. Un lymphome. Ce fut grave et long. "J’ai cessé d’être innocent pour basculer dans le cauchemar. Je suis aujourd’hui sorti de la véranda Qu’est-ce qui fait qu’on tombe malade ? Je peux tisser un lien, après trois années d’exposition maximale, entre le stress et la maladie. Je devrais tirer une sagesse de cette expérience. Etre moins actif, plus prudent. J’en suis incapable. Je ronge actuellement mon frein. Je ne veux pas que l’intellectuel que je suis, nuise à l’écrivain que j’essaie d’être."

mercredi 9 septembre 2009

Le Diable, ne l'oubliez pas, c'est Sollers


Le film que se raconte le milieu littéraire français, depuis plus de trente ans, peut d'ailleurs être décrit comme un western classique, sans cesse rejoué, avec, de temps en temps, adjonction de nouveaux acteurs. Il y a un Beau, un Bon, un Vertueux exotique, Le Clézio, et un Méchant, moi. Je m'agite en vain, Le Clézio est souverain et tranquille, il s'éloigne toujours, à la fin, droit sur son cheval, vers le soleil, tandis que je meurs dans un cimetière, la main crispée sur une poignée de dollars que je ne posséderai jamais. Modiano, lui, a un rôle plus trouble: il est à la banque, il avale ses mots, il a eu de grands malheurs dans son enfance, il est très aimé des habitants de cette petite ville culpabilisée de l'Ouest, aimé, mais pas adoré, comme Le Clézio, dont la photo, en posters, occupe les chambres de ces dames. Le Diable, ne l'oubliez pas, c'est moi. Je suis un voleur, un imposteur, un terroriste, un tueur à la gâchette facile, un débauché, un casseur, j'ai des protections haut placées, des hommes et des femmes de main, je sème la peur, je ne crois à rien, j'expierai mes fautes.


mardi 1 septembre 2009

«Sollers-Game», un jeu puant selon le gouvernement


Ses créateurs parlent de second degré, le secrétaire d'Etat au Logement d'atteinte à la dignité humaine. Benoist Apparu a condamné hier la mise en ligne de «Sollers-Game», un jeu de stratégie où l'internaute incarne un SDF dont le but est de sortir de la rue et de devenir châtelain-écrivain avec une véranda. Et tous les moyens sont bons : s'acheter un animal de compagnie pour apitoyer les passants, apprendre à jouer d'un instrument de musique, mais aussi se battre avec d'autres sans-abri ou braquer la sandwicherie du coin, le tout en surveillant son taux d'alcoolémie.