« Soleil, vigne... Autre beau titre possible : La Véranda de Nietzsche.»(Ph.Sollers)
dimanche 17 mai 2009
Dans la Véranda de K.
vendredi 15 mai 2009
La fille dans la Véranda de Sollers
Que je n'ai vue qu'une fois
Comment peut-on être amoureux

D'une ombre blanche aux yeux bleus ?
Aux yeux bleus
Je donnerais le paradis
Pour ne pas trouver l'oubli
L'oubli
Dans ma pauvre vie
Ce soir-là, il faisait frais
J'étais peu couvert il est vrai
Je crois bien que je rêvais
Un rêve que jamais
Je ne caresserai
mercredi 13 mai 2009
Etes-vous jamais tombé amoureux de l'un de vos personnages ?
Ph. Sollers - Bien sûr que oui ! Dès le matin, je commence la journée dans ma véranda avec 9 cigarettes et 9 cafés ! Ma santé n'est pas très bonne. J'ai du diabète, de l'hypertension, des problèmes cardiaques, des calculs rénaux, et un état de mélancolie permanente !
samedi 9 mai 2009
Sollers, je l'aimais sans soucis

J'ai quand même une pensée émue pour cet homme élégant et brillant qui est en train de tripoter mon avenir entre ses mains fines (l'édite ? l'édite pas ?), le jean, c'est un peu raide il faut l'avouer.
Ah... que de soucis, que de soucis.
vendredi 8 mai 2009
How now, philosopher ! (Act I Sc.I)
Le théâtre est l’un des terrains où l’on repère le plus nettement cette idéologie aristocratique : dans Timon d’Athènes (Shakespeare, 1623), un joaillier qui veut vendre un Joyau à Timon déclare que c’est à lui d’en fixer le prix… en ajoutant que bien sûr la valeur des objets est proportionnelle à la qualité de celui qui les possède : « Croyez-moi, cher seigneur, le joyau renchérit d’être porté par vous ». Dérivée de cette même éthique aristocratique, la pratique très répandue qui consiste à ne pas se faire payer comptant apparaît comme une obligation sociale visant à marquer la confiance que l’on a dans son client.
jeudi 7 mai 2009
Sollers « hors de prix »
Cinquante ans plus tard, les parents pouvaient dépenser des milliers de dollars au marché noir pour adopter un enfant. La pratique de l’adoption ne s’est vraiment diffusée qu’à partir du moment où la valeur de travail des enfants a disparu. Leur nouvelle valeur émotionnelle a alors été monétisée et commercialisée. Un véritable marché aux enfants (éventuellement illégal et très lucratif) a vu le jour, produit de la définition non économique des enfants. Le prix d’un enfant n’était plus déterminé par sa force de travail mais par ses sourires, ses fossettes et ses boucles.
Quel que soit le type d’évaluation monétaire des enfants, Zelizer montre dans cet ouvrage que le mécanisme est identique : évaluer le prix d’un enfant par la valeur de son travail devient impossible, et c’est cela qui les rend précieux et « hors de prix ».
vendredi 24 avril 2009
Coco fume

Vêtue d’un tailleur-pantalon, la ministre de l’Intérieur s’écrie : « Et pourquoi pas une nuit du string ? » Par une sorte de réflexe féministe élémentaire, la Journée de la jupe dérange : les femmes n’ont-elles pas mis des années, des siècles à conquérir le droit au pantalon ? Les mieux renseignés sauront d’ailleurs que l’ordonnance de la préfecture de police de Paris interdisant en 1800 aux femmes de s’habiller en homme n’a jamais été abrogée. Question de décence, dans la mesure où la culotte ou le pantalon mouleraient trop les formes féminines ? Question de principe plutôt. Le principe de la différenciation symbolique des sexes est sacralisé par la religion. Il est écrit dans le Deutéronome (XXII, 5) : « Une femme ne portera pas un costume masculin et un homme ne mettra pas un vêtement de femme. Quiconque agit ainsi est une abomination à Yahvé, ton Dieu ». La confusion des sexes, annonciatrice de la fin du monde, fait partie des grandes peurs de l’Occident.
jeudi 23 avril 2009
Le "sujet" Tati fume

Dimanche, dans sa présentation, Giorgio Agamben a placé Tiqqun dans la filiation du dernier Michel Foucault. En 1983, celui-ci dénonçait la propension de la gauche à se figurer l’histoire comme un simple conflit entre l’individu opprimé et le pouvoir oppresseur.
mercredi 22 avril 2009
Zébulon & Sollers
Au milieu de ce tohu-bohu et de ce vacarme, un âne trottait vivement, harcelé par un malotru armé d'un fouet.
Comme l'âne allait tourner l'angle d'un trottoir, un beau monsieur ganté, verni, cruellement cravaté et emprisonné dans des habits tout neufs, s'inclina cérémonieusement devant l'humble bête, et lui dit, en ôtant son chapeau : "Je vous la souhaite bonne et heureuse !" puis se retourna vers je ne sais quels camarades avec un air de fatuité, comme pour les prier d'ajouter leur approbation à son contentement.
L'âne ne vit pas ce beau plaisant, et continua de courir avec zèle où l'appelait son devoir.
lundi 20 avril 2009
Maurice Druon fume

dimanche 29 mars 2009
Bashung fume pour oublier que Sollers boit
lundi 16 mars 2009
Dans "Le Boudoir mystique" de Sollers
Cyd reste songeuse. Sa cigarette brûle sans elle. Elle m'embrasse de nouveau.
« Tu ne veux pas m'écrire ça ?
- Pas le temps, chérie.
- Ce serait pourtant bien... Le Boudoir mystique... Quel film ! »
Elle redescend son visage entre mes jambes. Rouvre ma braguette. Me refait bander doucement. Elle doit se projeter mentalement quelques rushes. Bande-son. Mouvements. Couleurs. Elle insiste... Elle veut absolument que je jouisse... Que je la mouille bien, là, dans sa bouche pulpeuse... Dans sa gorge, dont je touche au-dehors la peau de soie brune en train de vibrer... Que tout ce que j'ai dit soit pour elle... concrétisé, avalé...
samedi 14 mars 2009
Sollers a un oeil sur la cible, l'autre sur la Bible
Viva fait signe à Sollers en levant le pouce. Ce qu'elle fait elle-même est très bon. Je sens sa concentration, son souffle. Elle me tue, elle tue son mari, ses amants, ses clients. Ses yeux rient. Et puis elle sort derrière moi, met son casque, et file sur son scooter.
dimanche 8 mars 2009
Journée de la Femme
vendredi 6 mars 2009
" Boursouflure "
L'Origine du monde (1866), de Gustave Courbet, n'en finira semble-t-il jamais de susciter réflexions et hypothèses. Ce fleuron du Musée d'Orsay a un sujet pour le moins scandaleux : les cuisses ouvertes d'une femme allongée sur le dos dont rien du sexe n'est caché. Thierry Savatier, un spécialiste du peintre, publie la quatrième édition de son ouvrage L'Origine du monde. Histoire d'un tableau de Gustave Courbet (éditions Bartillat), en y adjoignant une postface. Il y avance que la jeune femme serait enceinte. Il pense avoir repéré sur le côté gauche de l'abdomen ce qu'il appelle une "boursouflure". Comme elle ne se voit que du côté gauche, il en déduit que ce ne peut être une simple "masse adipeuse" qui aurait été répartie de façon régulière et non dissymétrique. Des médecins, déclare-t-il encore, ont estimé que "c'était typique d'une femme enceinte" et ont même précisé qu'elle le serait de six mois.
Quelques remarques viennent à l'esprit. D'abord, il s'agit de peinture, et Courbet pourrait fort bien avoir pris plaisir à faire un peu "tourner" le volume en s'écartant d'une imitation littérale du modèle - à supposer qu'il y ait eu modèle, ce qui n'est pas établi. Ensuite, la "boursouflure" latérale est loin d'être avérée. Quant à sa dissymétrie, l'angle de vue ne permet pas d'en juger. Alors que se tenait, en 2007, au Grand Palais, la rétrospective Courbet, on avait entendu défendre avec vigueur une hypothèse au moins aussi convaincante : d'après l'état des seins de la dame, la situation serait précoïtale.
vendredi 27 février 2009
Ontologie de l’accident

«À 18 ans, j’ai vieilli. Je ne sais pas si c’est tout le monde, je n’ai jamais demandé. Il me semble qu’on m’a parlé parfois de cette poussée du temps qui vous frappe quelquefois alors qu’on traverse les âges les plus jeunes, les plus célébrés de la vie. Ce vieillissement a été brutal. Je l’ai vu gagner mes traits un à un, changer le rapport qui existait entre eux, faire les yeux plus grands, le regard plus triste, la bouche plus définitive, marquer le front de cassure profonde.» Philippe Sollers, à 182 ans, n’est pas mort de la vieillesse de son adolescence - mais de l’autre vieillesse, celle, «normale», lente, inexorable, du devenir, de la sénescence.
mercredi 11 février 2009
Sollers orphelin
Le 25 octobre 1977, meurt la mère de Barthes qui vivait chez lui. Du lendemain au 21 juin 1978, l’orphelin rédige sur les conséquences de cet événement des fiches, parfois extrêmement brèves, rassemblées par Nathalie Léger pour constituer ce Journal de deuil.
lundi 26 janvier 2009
Sollers est Bête
dimanche 4 janvier 2009
Sollers ne se plaint pas, il cultive l'hélicon du temps

Ovide Sollers, j’en ai l’image d’un brave homme, un poète un peu rêveur qui a sans doute vu quelque chose qu’il n’aurait pas dû voir. Il vit en exil, dans les limbes, et il souffre. Il écrit qu’il ne veut pas errer, "fantôme romain parmi les barbares morts" : c’est pour ce genre de phrase que j’ai voulu le traduire. Il est arraché à sa femme, à tout ce qu’il aime, et ça fait 2 000 ans qu’on lui dit : "Tu te plains trop." Je rêve ! Il a raison de se plaindre et il n’en a pas honte : il vit avant la culture judéo-chrétienne, ce n’est pas mal de parler de soi, de gémir. La vertu est d’abord ce qu’on se doit à soi-même.
J’ai naturellement choisi d’unir les deux recueils sous ce même titre, Tristes Pontiques, en référence aux Tristes Tropiques de Lévi-Strauss. Ce qui rapproche les deux auteurs, c’est la présence et l’observation des "barbares", mais aussi la prescience d’un monde qui va disparaître. Ovide Sollers sent déjà la fin de Rome. Il est aux confins. Dans une lettre, il explique à son ami Maxime qu’il a cherché à lui faire un cadeau ; mais là-bas il n’y a pas d’or, pas d’artisanat, "les femmes de Tomes ne savent pas filer", "les quelques fruits qui poussent ont le goût du pays/amer", etc. Et finalement il lui envoie un carquois et des flèches : "les voici Maxime/les plumes de ce pays/voici ses livres/voici la muse qui règne ici." Ces flèches, ce carquois, cette lettre, ça me serre la gorge.
mardi 23 décembre 2008
Trois philosophes sont dans un avion...

Au bout d'un quart d'heure, l'agitation retombe. Mais avant de décoller, le commandant de bord vient signifier à Pierre Lauret qu'il va être débarqué. "Nous n'avons lancé aucun appel, aucune protestation. La veille, cependant, un même avion n'avait pas pu décoller à cause d'un incident similaire et certains n'ayant alors pu partir étaient fatigués de vivre un nouveau 'binz'", explique le philosophe, qui dit avoir été "arraché" de son siège par les policiers et "très violemment menotté". Les passagers s'étant remis à protester, un autre homme est, avec lui, également sorti de l'avion.
Une fois dehors, M. Lauret est placé en garde à vue. Il est libéré le soir même, mais avec une convocation le 4 mars 2009 au tribunal de grande instance de Bobigny. Il est poursuivi pour "opposition à une mesure de reconduite à la frontière et entrave à la circulation d'un aéronef". Cueillis lundi à leur retour de Kinshasa, ses deux collègues, après dix heures de garde à vue, se sont vu expliquer qu'ils seraient à nouveau convoqués pour une confrontation avec le personnel de bord.
Ironie du sort, le congrès auquel les trois philosophes se rendaient portait sur "la culture du dialogue, les frontières et l'accueil des étrangers". "Cela nous plaçait dans une situation morale délicate", reconnaît M. Lauret.
Laetitia Van Eeckhout, Le Monde du 23/12/2008.
mercredi 3 décembre 2008
C'est un "sophisme métaphysique"

En réalité, l'homme ne fabrique pas la société, c'est la société qui le façonne à son insu. En révélant aux hommes qu'ils ne s'appartiennent pas, l'ardent contre-révolutionnaire ouvre paradoxalement la voie à une révolution épistémologique : la découverte de l'impensé, dont les sciences humaines feront leur miel. Les hommes agissent et pensent sans savoir au fond d'où ils parlent vraiment. Près de deux siècles après Joseph de Maistre, les structuralistes signeront à leur tour, dans l'optique qui est la leur, l'arrêt de « mort de l'homme » et dissèqueront l'étrange cadavre de cet homme mort… de n'avoir jamais existé .
dimanche 30 novembre 2008
L'île invisible

Qu’elle envahit les ondes comme un tube en été, parce qu’il fait vingt degrés en décembre.
Un quart des espèces de poissons a disparu des océans. Le reste n’en a plus pour longtemps.
Alerte de grippe aviaire: on promet d’abattre auvol les oiseaux migrateurs, par centaines de milliers. Le taux de mercure dans le lait maternel est de dix fois supérieur au taux autorisé dans celui des vaches. Et ces lèvres qui gonflent quand je croque dans la pomme – elle venait pourtant du marché. Les gestes les plus simples sont devenus toxiques. On meurt à trente-cinq ans « d’une longue maladie» que l’on gérera comme on a géré tout le reste. Il aurait fallu tirer les conclusions avant qu’elle ne nous mène là, au pavillon B du centre de soins palliatifs. Il faut l’avouer : toute cette « catastrophe », dont on nous entretient si bruyamment, ne nous touche pas. Du moins, pas avant qu’elle ne nous frappe par une de ses prévisibles conséquences. Elle nous concerne peut-être mais elle ne nous touche pas. Et c’est bien là la catastrophe.
Il n’y a pas de «catastrophe environnementale».
Il y a cette catastrophe qu’est l’environnement. L’environnement, c’est ce qu’il reste à l’homme quand il a tout perdu. Ceux qui habitent un quartier, une rue, un vallon, une guerre, un atelier, n’ont pas d’« environnement », ils évoluent dans un monde peuplé de présences, de dangers, d’amis, d’ennemis, de points de vie et de points de mort, de toutes sortes d’êtres. Ce monde a sa consistance, qui varie avec l’intensité et la qualité des liens qui nous attachent à tous ces êtres, à tous ces lieux. Il n’y a que nous, enfants de la dépossession finale, exilés de la dernière heure – qui viennent au monde dans des cubes de béton, cueillent des fruits dans les supermarchés et guettent l’écho du monde à la télé – pour avoir un environnement. Il n’y a que nous pour assister à notre propre anéantissement comme s’il s’agissait d’un simple changement d’atmosphère.
Pour s’indigner des dernières avancées du désastre, et en dresser patiemment l’encyclopédie.
mercredi 19 novembre 2008
" Pour vivre cachés, vivons heureux."
samedi 18 octobre 2008
Heidegger, « son plus proche adversaire »

vendredi 17 octobre 2008
Le Sollers des plaisirs
Vingt siècles de christianisme ont fabriqué un corps déplorable et une sexualité catastrophique. A partir de la fable d'un Fils de Dieu incarné en Fils de l'Homme, un mythe nommé Jésus a servi de premier modèle à l'imitation : un corps qui ne boit pas, ne mange pas, ne rit pas, ne fume pas, n'a pas de sexualité - autrement dit, un anticorps. La névrose de Paul de Tarse, impuissant sexuel qui souhaite élargir son destin funeste à l'humanité tout entière, débouche sur la proposition d'un second modèle à imiter : celui du corps du Christ, à savoir un cadavre. Sur le principe de cette double imitation, un anticorps angélique auquel on parvient en faisant mourir son corps au monde, les Pères de l'Eglise, dont Saint Augustin, développent une théologie de l'éros chrétien : un nihilisme de la chair. Le modèle de jouissance devient le martyr qui jouit de souffrir et de mourir pour gagner son paradis.
Une seconde théologie de l'éros chrétien passe par Sade et Bataille, deux défenseurs de l'éros nocturne chrétien : identité de la souffrance et de la jouissance, mépris des femmes, haine de la chair, dégoût des corps, volupté dans la mort...
L'antidote à ce nihilisme de la chair se trouve dans le Kâma-sûtra, un antidote violent à La Cité de Dieu d'Augustin. Sous le soleil de l'Inde, l'érotisme solaire suppose une spiritualité amoureuse de la vie, l'égalité entre les hommes et les femmes, les techniques du corps amoureux, la construction d'un corps complice avec la nature, la promotion de belles individualités, masculines et féminines, afin de construire un corps radieux pour une existence jubilatoire.
jeudi 16 octobre 2008
« Les Pieds dans l'eau et la cigarette »
mercredi 15 octobre 2008
Né le 15 octobre (le 288e jour de l’année) 1844 à Röcken, Prusse
mardi 14 octobre 2008
dimanche 12 octobre 2008
Le Nobel fume
jeudi 2 octobre 2008
Ennemis poubelliques




