samedi 31 mai 2008

Journée sans




Bientôt des images chocs sur les paquets de cigarettes ?


Selon un rapport remis à l'Institut national du cancer, les messages actuels seraient devenus inefficaces.
Des images chocs pourraient prochainement apparaître sur tous les paquets de cigarettes vendus en France. C'est en tout cas ce que préconise un rapport remis à l'Institut national du cancer (Inca) le 28 avril. «Les photos frappantes, accompagnées de texte ou pas, améliorent les connaissances des fumeurs sur les différents méfaits du tabac, affirme Karine Gallopel-Morvan, chercheuse en marketing social à l'université de Rennes et auteur de l'étude. Elles leur donnent envie d'arrêter ou les incitent à ne pas commencer.»

Le sujet est désormais entre les mains de Roselyne Bachelot qui doit annoncer une série de nouvelles mesures le 31 mai, à l'occasion de la Journée mondiale sans tabac. Après avoir banni la fumée de cigarette de tous les lieux publics le 1er janvier dernier, les pouvoirs publics cherchent de nouveaux leviers pour réduire le réservoir des fumeurs. Selon le dernier baromètre santé, 25 % des Français âgés de 12 à 75 ans fument régulièrement des cigarettes et 5 % occasionnellement.

En 2003, l'Union européenne a mis à la disposition de ses États membres une banque de 42 images, pouvant être apposées sur les paquets. Sous forme de dessins, de pictogrammes et de photos, elles représentent tantôt une plaie béante ou une bouche édentée, tantôt un bébé prématuré couché dans sa couveuse, tantôt un fœtus. Des messages de prévention écrits tels que «Continuez à fumer et vous risquez de perdre 14 années de vie» ou «Fumer provoque un vieillissement de la peau» , sont également suggérés.

Après avoir testé ces avertissements auprès d'un échantillon de Français, la chercheuse a extrait les quatorze visuels les plus efficaces. Selon le rapport remis à l'Inca, la photo d'une bouche édentée, digne d'un film d'horreur, est jugée «la plus marquante». Très percutante, l'image d'un homme à la gorge rongée par un cancer externe est celle qui fait le plus peur. Les sondés qualifient par ailleurs d'image «la plus crédible» une comparaison entre des poumons sains et des poumons malades, tandis qu'ils se sentent en priorité concernés par celle d'un enfant portant un masque respiratoire, ainsi légendée : «Protégez les enfants : ne leur faites pas respirer votre fumée.»

«Pour être efficace, il faut choisir une dizaine de visuels différents et cibler en fonction de l'âge et du sexe, précise Karine Gallopel-Morvan. Les femmes sont ainsi plus touchées par les informations sur la grossesse et la fertilité. Les hommes s'arrêtent, eux, plus volontiers sur les visuels abordant le thème de l'impuissance et des maladies graves.» Les jeunes semblent de leur côté angoissés par tout ce qui touche à l'esthétique.
Pour être remarqués, indique l'étude, les messages doivent être en couleur et couvrir 50 % de la surface du paquet.


lundi 26 mai 2008

Le journale du mois i



- « Parmi tant de disgrâces dont nous héritons, il faut bien reconnaître que la plus grande liberté d’esprit nous est laissée. À nous de ne pas en mesurer gravement. » (mai 2008)



- Au début des années 1990, Guy Debord sort de son héroïque clandestinité, publie ses livres chez Gallimard (où il a désormais ses Oeuvres compètes), et, le dernier volume de sa Correspondance le prouve (avril 2008)

dimanche 25 mai 2008

Mr Test



Test de Fagersollerströmil permet d'évaluer le degré de la dépendance à la nicotine

Combien de temps après votre réveil fumez-vous votre première cigarette ?-Dans les cinq minutes
-De 6 à 30 minutes
-De 31 à 60 minutes
-Plus de 60 minutes

Trouvez-vous difficile de vous abstenir de fumer dans les endroits où c'est interdit ?
-Oui
-Non

A quelle cigarette de la journée vous serait-il le plus difficile de renoncer ?
-La première
-N'importe quelle autre

Combien de cigarettes fumez-vous par jour ?-10 ou moins
-De 11 à 20
-De 21 à 30
-31 ou plus

Fumez-vous à un rythme plus soutenu le matin que l'après-midi ?-Oui
-Non

Fumez-vous même quand vous êtes si malade que vous devez rester au lit dans votre véranda presque toute la journée ?-Oui
-Non


jeudi 22 mai 2008

Philosopher


La vraie éloquence se moque de l'éloquence, la vraie morale se moque de la morale; c'est-à-dire que la morale du jugement se moque de la morale de l'esprit - qui est sans règles.
Car le jugement est celui à qui appartient le sentiment, comme les sciences appartiennent à l'esprit. La finesse est la part du jugement, la géométrie est celle de l'esprit.
Se moquer de la philosophie, c'est vraiment philosopher.




lundi 19 mai 2008

Dans le fumoir d'un pavillon de l'Hôpital Sainte-Anne, Chloé Delaume fume




Nous pouvons commencer. La carte s'avère fidèle au jeu original. Soit neuf pièces lisibles dans le sens des aiguilles d'une montre. Hall à midi. Véranda. Salle à manger. Cuisine. Grand Salon à six heures. Petit Salon. Bureau. Bibliothèque. Studio. La Véranda et le Petit Salon sont dotés d'un passage secret communiquant. Il en est de même pour la Cuisine et le Studio. NB1 : Dans certaines éditions, le Studio est appelé Salle de Billard. C'est plus pratique mais moins joli. NB2 : Il n'y a dans cet appartement aucune commodité ni chambre. Nombre de joueurs restent surpris face à cette option janséniste.

Il n'y a pas de cases, puisque sur vous le formatage a échoué. Pas de plateau à déplier, ni de pions à positionner. J'ai dit : vous aller jouer. Certainement pas vous divertir. Pas de cavalcades pièce en pièce, ni de bousculades aux couloirs. Non plus. J'ai précisé règles spéciales, ajouté jeu dénaturé. Je n'ai pas dit : grandeur nature. Il y a poignée de dés, mais qu'importe leur jet, il n'y a pas de hasard. Sachez le tous, chacun. Le hasard n'a jamais, jamais tenu de place dans votre destinée.

Je suis le Docteur Lenoir, vous êtes six et vous m'avez tué. On vous dit aliénés. C'est un fait entendu. On vous dit aliénés pour la simple raison qu'un être inadapté à la réalité ne peut faire corps avec. Vos organes sont poisseux d'un trop plein agonique, vos souffrances enflent tant en dodues Erynies, vous n'êtes plus recyclables, plus utiles à la greffe, vous n'êtes que des déchets dont la matrice sociale ne peut plus se repaître, il lui est impossible en vous de s'agiter, ses racines se contractent en anémone blessée orée pénétration.

Retrouvez les bonnes cartes, la bonne combinaison. Il vous reste huit pièces, le Studio ne compte pas, tenez-vous le pour dit. Il vous reste huit pièces, et puis le choix des armes. Observez bien la liste : six soit une pour chacun. Chandelier, revolver, corde, matraque, poignard et clef anglaise.

samedi 17 mai 2008

Voleur ou femme perdue ?


Ceux qui font des métiers infâmes, comme les voleurs, les femmes perdues, s'honorent de leurs crimes et regardent les honnêtes gens comme des dupes. La plupart des hommes, dans le fond du coeur, méprisent la vertu, peu la gloire.

vendredi 16 mai 2008

L'arpentage ou l'orfèvrerie ?



Combien de gens connaissent tous les livres et tous les auteurs, sont instruits de toutes les opinions et de tous les systèmes, qui sont incapables de discerner le vrai du faux, et d'apprécier ce qu'ils lisent ! Combien d'autres se plaignent qu'on n'écrit plus rien de raisonnable, et que tous les auteurs ne font que se répéter les uns les autres, qui, s'il paraissait un ouvrage original, non seulement ne l'approuveraient pas, mais seraient les premiers à le combattre, à en relever les défauts, et à se prévaloir contre lui des négligences qui pourraient s'y rencontrer ! Cette disposition trop ordinaire des esprits, l'espèce d'oubli dans lequel ont été ensevelis pendant longtemps de grands ouvrages, et l'injustice que d'assez beaux génies ont éprouvée de leurs contemporains, autorisent des hommes très médiocres à protester contre les jugements de leur siècle, et à attendre follement de la postérité l'estime refusée à leurs ouvrages. C'est cette même incapacité des lecteurs, c'est leur mauvais goût, leur avidité pour les bagatelles, qui enhardissent et multiplient jusqu'à l'excès les livres fades et les niaiseries littéraires. Si l'art de penser et d'écrire n'est plus qu'un métier mécanique, comme l'arpentage, ou l'orfèvrerie; si on n'y est plus engagé par le seul instinct du génie, mais par désœuvrement ou par intérêt; s'il y a sans comparaison plus de mauvais ouvriers dans cette profession que dans les autres, il faut s'en prendre à ceux qui soutiennent ces faibles artisans et leurs faibles ouvrages, en les lisant. Cependant, de même que le grand nombre des arts inutiles prouve et entretient la richesse des États puissants, peut-être aussi que cette foule d'auteurs et d'ouvrages frivoles, qui entretiennent le luxe et la paresse de l'esprit, prouvent, à tout prendre, qu'il y a aujourd'hui plus de lumières, plus de curiosité et plus d'esprit qu'autrefois parmi les hommes.

jeudi 15 mai 2008

Et hop !




Un homme qui veut rire, en dépit du bon sens, n'attend pas de trouver du ridicule pour le relever; il le cherche où il n'est pas, il en invente, et travestit tout pour cela. Quoiqu' il y ait peu de choses risibles dans ce monde, comme il y en a peu d'admirables, le rieur veut pourtant qu'on se moque des choses les plus ordinaires et les plus naturelles, et ne souffre point qu'on en traite aucune sérieusement; il ignore que le ridicule, dont il fait son fonds, ne peut tout au plus que servir d'amusement momentané à un homme raisonnable.

« Votre air moqueur est plutôt celui d'un satyre que d'un philosophe;... ce genre humain dont vous riez, c'est le monde entier avec qui vous vivez, c'est la société de vos amis, c'est votre famille, c'est vous-même... Si vous entriez dans un hôpital de blessés, ririez-vous de voir leurs blessures ?... Vous auriez honte de votre cruauté, si vous aviez ri d'un malheureux qui a la jambe coupée, et vous avez l'inhumanité de vous moquer du monde entier qui a perdu la raison !. .. 0 Démocrite, vous dites quelquefois des vérités; mais vous n'aimez rien, et le mal d' autrui vous réjouit. C'est n'aimer ni les hommes, ni la vertu qu'ils abandonnent. »

Voilà ce que je dirais à ceux qui rient, avec le charmant auteur des Dialogues. Je leur dirais encore : qu'il s'en faut de beaucoup que tout soit risible dans les hommes; que nous avons nos vertus et nos vérités, parmi beaucoup de vices et d'erreurs; que ce n'est pas une moindre folie de prendre tout en riant, que de prendre tout sérieusement; que tout ce que la nature a fait est à sa place, tel qu'il doit être, et qu'il est aussi sot d'en rire, que d'en pleurer. Que fera-t-il celui qui traite ainsi toutes choses en badinant ? S'il ne voit plus rien de sérieux, et qui vaille la peine qu'on s'en occupe, où seront ses plaisirs, où seront ses devoirs ? Il n'est plus propre ni aux affaires, ni à la politique, ni aux sciences et aux arts; il devient inutile à la société, et, en même temps, inutile à lui-même; car où prendra-t-il de quoi remplacer ce qu’il quitte ? qui lui donnera des choses plus estimables que celles qu’il dédaigne ? Pense-t-il s’élever au-dessus de la nature en la méprisant, et le malade, qui rit de la santé, en est-il plus sain ?


dimanche 11 mai 2008

Un grand gestionnaire de fonds




Hegel Sollers a toujours été pour moi une référence incontournable.

Aujourd'hui, même si l'on ne s'intéresse pas particulièrement à la philosophie, on s'aperçoit que l'expérience de la vérité comporte des aspects résolument "collectifs" et sociaux : les médias, la diffusion minutieuse de l'information, et même la publicité et la propagande... Ces aspects démontrent que la recherche et la connaissance de la vérité sont des phénomènes bien moins intimes et moins individuels qu'ils ne l'ont été dans les siècles passés. On ne peut plus concevoir l'homme de science comme un génie solitaire découvrant la loi de la gravitation en restant assis sous un pommier ou dans sa véranda : c'est de plus en plus un grand gestionnaire de fonds privés ou publics, de machines et de groupes de travail.

mardi 6 mai 2008

La Gavaltitude



PARIS (AFP) — Quatre ans que ses fans attendaient ça ! Quatre ans qu'Anna Gavalda n'avait rien publié ! Son nouveau roman, "La Consolante", est paru à la veille du Salon du livre, et en prime, Gavalda, en jean et en personne, est venue dédicacer son livre. La file d'attente, samedi, est presque exclusivement féminine. À l'exception de quelques couples venus faire la queue. C'est calme, silencieux. Très différent de la foule d'allumées, exubérantes, gothiques, qui se pressent quelques travées plus loin autour d'Amélie Nothomb.

Anna Gavalda, élégante jeune femme de 37 ans, reflets blonds dans les cheveux coupés courts, entame une séance de signature qui doit durer toute la journée. Posée, discrète, à l'image des lectrices qui patientent.
Philippine, 71 ans, assistante de direction, aime "sa manière, ses histoires". "Certains de ses personnages sont un peu des cas sociaux, on se reconnaît", dit-elle. "Elle parle du chômage, des difficultés de la vie, de l'isolement".
Philipette, 36 ans, au chômage, est venue de Soissons pour la voir. Elle a commencé avec "Ensemble, c'est tout", le best-sollers de Gavalda paru en 2004. "Mon copain me l'a conseillé parce qu'il voyait beaucoup de gens le lire dans le métro. Ça se lit tout seul. C'est vrai, le ton des gens, les mots qu'ils emploient... on se reconnaît dans les personnages", explique-t-elle.
Anna Gavalda, c'est l'histoire d'une prof de lettres dont le premier recueil de nouvelles a été refusé par douze éditeurs, avant que les éditions du Dilettante s'en emparent. En quelques mois, "Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part" (1999) se vend à plus de 200.000 exemplaires.

C'est le début du phénomène Gavalda. En 2002, "Je l'aimais", son premier roman, est en tête des ventes dès sa sortie. Et "Ensemble, c'est tout", deux ans plus tard, est un best-sollers mondial, traduit depuis en 38 langues. "Un best-long-sollers", corrige Claude Tarrène, directeur commercial au Dilettante : "C'est un genre gavaldien, le livre se vend très fort pendant plus d'un an. Elle a deux millions d'acheteurs en France et bien plus de lecteurs". Avec elle, le chiffre d'affaires du Dilettante a été multiplié par cinq en huit ans. "Elle touche toutes les classes sociales, toutes les classes d'âge, et toutes les classes intellectuelles", résume Claude Tarrène.

Forcément, Le Dilettante veille sur sa championne comme sur un trésor joyau industriel et s'en tient à sa biographie officielle : "C'est une jeune mère de famille divorcée, elle a deux enfants, et vit à Melun".

Contrairement aux dizaines d'écrivains qui viennent au Salon du livre pour parler, échanger, dialoguer, Anna Gavalda a décidé de ne donner aucune interview pour la sortie de "La Consolante".

La critique, confrontée au phénomène, salue bien sûr le savoir-faire, le succès populaire, mais se moque aussi de ses "bons sentiments" et de ses happy end annoncés.

La vie de Nietzsche, le personnage de "La Consolante", bascule quand il apprend la mort de la mère d'un ami d'enfance. Une tranche de vie à la Gavalda. Un pavé de 640 pages tiré à 300.000 exemplaires, qui devraient être vite écoulés, à voir la file d'attente qui s'allonge dans les travées du salon de la véranda.


jeudi 1 mai 2008

En quelle année sommes-nous ?



Sollers est né simple et naïf : il aime la pure vertu, mais il ne prend pas pour modèle la vertu d'un autre; il connaît peu les règles de la probité, il la suit par tempérament. Lorsqu'il y a quelque loi de la morale qui ne s'accorde pas avec son sentiment, il la laisse à part et n'y pense point. S'il rencontre, la nuit, une de ces femmes qui épient les jeunes gens, Sollers souffre qu'elle l'entretienne, et marche quelque temps à côté d'elle; et, comme elle se plaint de la nécessité qui détruit toutes les vertus, et fait les opprobres du monde, il lui dit qu'après tout, la pauvreté n'est point un vice, quand on sait vivre de son industrie sans nuire à personne; et. après l'avoir exhortée à une vie meilleure, ne se trouvant point d'argent parce qu'il est toujours jeune, il lui donne sa montre, qui n'est plus à la mode, et qui est un présent de sa mère; ses camarades se moquent de lui, et tournent en ridicule sa générosité ainsi placée; mais il leur répond :
« Mes amis, vous riez de trop peu de chose. Je plains ces pauvres femmes d'être obligées de faire un tel métier pour vivre. Le monde est rempli de misères qui serrent le cœur; si on ne faisait de bien qu'à ceux qui le méritent, on n'en trouverait guère d'occasions. Il faut être humain, il faut être indulgent avec les faibles, qui ont besoin plus de support que les bons; le désordre des malheureux est toujours le crime de la dureté des riches."

 

lundi 28 avril 2008

" Ensemble, c'est tout "



Alors c'est une connerie l'amour ? C'est ça ? Ça ne marche jamais ?
- Si ça marche. Mais il faut se battre...
- Se battre comment ?
- Se battre un petit peu. Un petit peu chaque jour, avoir le courage d'être soi-même, décider d'être heur...
- Oh ! comme c'est beau ce que vous dites là ! On dirait du Philippe Sollers...
- Moque-toi, moque-toi...
- Être soi-même, ça veut dire planter sa femme et ses gosses ?
- Qui parle de planter ses gosses ?
- Oh ! Arrêtez. Vous comprenez bien ce que je veux dire...
- Non.
Je m'étais remise à fumer.
- Allez ! partez maintenant. Laissez-moi. Je n'en peux plus de vos bons sentiments. Je n'en peux plus. Vous me gavez monsieur l'Ecorché vif, vous me gavez...
- J'y vais, j'y vais. Demandé si gentiment...
Au moment de sortir de la pièce, il a dit
- Une dernière cigarette, je peux ?
Je ne voulais pas.


vendredi 25 avril 2008

Erik Satie fume




Mon médecin m'a toujours dit de fumer. Il ajoute à ses conseils : « Fumez, mon ami : sans cela, Sollers fumera à votre place. »

lundi 21 avril 2008

samedi 19 avril 2008

Jean-Paul-Adam Mocky le précoce fume




Le lieutenant-colonel Mokiejewski, mon père, m'a laissé grandir sous le signe de la précocité.




J'ai trouvé un garage abandonné, il y avait un tas de sable à l'intérieur, un bon coussin pour la baise. Ah non, pas Florence, Odile. Odile, elle, était vierge, et pour respecter sa virginité je l'ai enculée dans un blockhaus bien peinard. Un jour, je découvre deux Allemands morts qui pétaient tout seuls. Leurs ventres étaient gonflés comme des ballons et leur cul exhalait. Des résistants de Grasse les avaient planqués là.
À la Libération, j'ai fait du trafic de cigarettes avec des Blacks de l'US Army. Les blockhaus étaient ma cache pour les Camel. J'allais pas dans la morgue des Chleuhs mais dans les blocs d'à côté. Les cibiches, ça suffisait pas pour nourrir le gland. Musique !




lundi 14 avril 2008

« Le mauvais goût conduit au crime »




Dans l’Évangile apocryphe de Philippe , on trouve cette phrase : “ Tant que sa racine est cachée, le mal est fort.

vendredi 11 avril 2008

No logo





S’ils se vantent, je les abaisse.
S’ils s’abaissent, je les vante.
Et les contredis toujours Jusqu'à ce qu'ils comprennent
Qu'ils sont des monstres incompréhensibles.

dimanche 6 avril 2008

« Strictement confidentiel »





PSA Peugeot-Citroën reconnaît aujourd’hui avoir reçu 550 000 euros de la « caisse de secours mutuel » de l'UIMM (patronat de la métallurgie) à l'issue d'une grève de six semaines en 2007 dans son usine d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), confirmant une information de L'Express.

L'Union des industries et métiers de la métallurgie avait indiqué le 20 mars que sa « caisse de secours mutuel », baptisée Epim et valorisée environ 600 millions d'euros, avait profité à « deux ou trois entreprises en 2007 », à hauteur de 574 000 euros. La justice enquête sur la destination de 19 millions d'euros, retirés en liquide de la caisse Epim entre 2000 et 2007 et pour lesquels l'ancien président de l'UIMM, Denis Gautier-Sauvagnac, refuse de donner le nom des bénéficiaires.

Un porte-parole du groupe automobile déclare qu'« il y a bien eu un versement de 550 000 euros, par chèque, en ligne avec l'action de notre syndicat professionnel et en toute transparence », puisque la somme figure dans les comptes 2007 de PSA. A la suite du mouvement à Aulnay, du 28 février au 10 avril 2007, « nous avons fait une demande écrite à l'UIMM pour obtenir une aide financière de solidarité compte tenu de l'impact économique de la grève, et l'UIMM y a répondu favorablement », a-t-il relaté.

Dans son édition du 27 mars, L'Express affirmait, sans citer sa source, que l'usine d'Aulnay « a perçu de l'Epim un dédommagement de 550.000 euros ». Le directeur des relations humaines du site « a reconnu avoir versé sa cotisation de 50.000 euros pratiquement au même moment », poursuivait l'hebdomadaire. PSA a confirmé à l'AFP avoir versé une cotisation, sans en préciser le montant ni le moment.

Le principe de la caisse est prévu par le Code du Travail, selon lequel « les syndicats professionnels peuvent constituer entre leurs membres des caisses spéciales de secours mutuels et de retraites ». Lundi dans un communiqué, la CGT de PSA a estimé que le groupe, « qui s’est longtemps illustré par les entraves au droit de grève, la discrimination syndicale et le soutien à un syndicalisme-maison, n’a pas renoncé à ses anciennes méthodes » pour « casser » les grèves. Pour la CGT, qui « exige la transparence et l’arrêt de ces méthodes antisyndicales d’un autre temps », « la coupe est pleine ».


vendredi 4 avril 2008

« In God We Trust »






Le mouvement infini, le point qui remplit tout, le mouvement est repos. Infini sans quantité, indivisible et infini.

mardi 1 avril 2008

À quoi pense le monde ?




L'homme est visiblement fait pour penser, c'est toute sa dignité et tout son mérite; et tout son devoir est de penser comme il faut. Or, l'ordre de la pensée est de commencer par soi, et par son auteur et sa fin.
Or, à quoi pense le monde ? Jamais à cela ; mais à danser, à jouer du luth, à chanter, à faire des vers, à courir la bague, à fumer dans la véranda, etc., à se battre, à se faire roi, sans penser à ce que c'est qu'être roi, et qu'être homme.

lundi 31 mars 2008

Loly fume à l'infini




Simone de Beauvoir est déjà une poupée oldschool auprès de Loly, autre robot sexuel de la firme First Androids, basée à Nuremberg. Défiez-vous de son petit 1,27 mètre : Loly est plus harassante que la machine sur laquelle Charlot Sartre s’échine dans « les temps modernes ». Innombrables sont ses options, de sa tête interchangeable au diamètre de ses aréoles. Elle coûte 7 460 euros. Vu son prix et l'évolution du pouvoir d'achat, on peut aussi se contenter d'un simple torso (tronc humain sexué et motorisé). Dans sa version intégrale, Loly respire par le nez et, comble de transgression, peut exhaler la fumée d'une cigarette. Elle s'enorgueillit d'un système de fellation au « mouvement variable à l'infini » - c'est bien le moins. Son vagin a un système de « lubrification par capteur ». Ses yeux sont mobiles et elle vous voit grâce à un système de logiciels de reconnaissance et de mémorisation de formes, assurent ses créateurs. First Androids propose aussi un robot sexuel masculin. Il s'appelle Naxollers et mesure 1,92 mètre. « Ses bourses sont remplies d'un liquide dont la texture est proche de la semence, et l'élasticité de l'élastomère silicone permet un étirement de 200%. » Hélas ! les hommes ne sont plus ce qu'ils étaient : Naxollers est aussi incapable de lire une carte routière que Loly de faire la cuisine, mais ils fument.

dimanche 30 mars 2008

F.S. ou M.H. ?


Je me rends compte que je fume de plus en plus; je dois en être au moins à quatre paquets par jour. Fumer des cigarettes, c'est devenu la seule part de véritable liberté dans mon existence. La seule action à laquelle j'adhère pleinement, de tout mon être. Mon seul projet.

samedi 29 mars 2008

Dédé Glucksmann et le Wei Wu Wei





Dans la voie du "poignard de Wu hao", un KGB mao fabrique une "scission".

Cette thèse, très vaguement proche de certaines réalités a été probablement soufflée aux "journalistes" par leurs amis R.G, ou des gens comme André Glucksmann, qui s'était rapprochés de "La Cause du Peuple" sous les sunlights de la "gloire", au moment du combat, prestigieux, des militants emprisonnés luttant pour le statut politique. Certains (véritables) intellectuels, artistes et créateurs se sont alors réellement engagés (Sartre, jusque sur son tonneau de Billancourt, Jean-Luc Godard, Jean Cardonnel, Jane Fonda, et surtout le gaullo-maoiste chrétien Maurice Clavel, liste non limitative... et pas sollers). Ceux-là ont pris de vrais risques. Ils ont contribué à briser les cercles de la calomnie et de la haine autour de nous, et, plus généralement, des usines.Mais la plupart des autres rechignent à l'idée d'aller se "salir les mains" et se "prolétariser", à la base... Alors, pour eux, l'apparition d'une sorte de "KGB mao", ou plutôt d'une force obscure et redoutable dans la tradition du "poignard de Wu hao" (Zhou Enlaï), en charge de contre-manipulations sophistiquées et de l'éradication d'infiltrés, commence à faire sérieux. Il est temps de mettre les voiles. Ciao Glucksmann, bon vent...
Même pas besoin de te virer de la véranda, Dédé : c'est l' "agir par le non agir", le "weï wu weï" du Taoisme, principe du bidet autovideur cher aux plombiers que nous sommes.


vendredi 28 mars 2008

Tommy Udo fume





Lors de son passage à la Véranda en 1995, il jetait un regard lucide et désabusé sur le cinéma américain : " l'idiotie est une valeur positive, Forrest Gump, c'est l'éloge de la bêtise, et c'est un triomphe. C'est très triste et assez effrayant ".

jeudi 27 mars 2008

Lolo Parisot, la Patronne des Patrons ne tremble pas




L’Occident, aujourd’hui, c’est un GI qui fonce sur Falloudja à bord d’un char Abraham M1 en écoutant du hard rock à plein tube. C’est un touriste perdu au milieu des plaines de la Mongolie, moqué de tous et qui serre sa Carte Bleue comme son unique planche de salut. C’est un manager qui ne jure que par le jeu de go. C’est une jeune fille qui cherche son bonheur parmi les fringues, les mecs et les crèmes hydratantes. C’est un militant suisse des droits de l’homme qui se rend aux quatre coins de la planète, solidaire de toutes les révoltes pourvu qu’elles soient défaites. C’est un Espagnol qui se fout pas mal de la liberté politique depuis qu’on lui a garanti la liberté sexuelle. C’est un amateur d’art qui offre à l’admiration médusée, et comme dernière expression de génie moderne, un siècle d’artistes qui, du surréalisme à l’actionisme viennois, rivalisent du crachat le mieux ajusté à la face de la civilisation. C’est enfin un cybernéticien qui a trouvé dans le bouddhisme une théorie réaliste de la conscience et un physicien des particules qui est allé chercher dans la métaphysique hindouiste l’inspiration de ses dernières trouvailles.

L’Occident, c’est cette civilisation qui a survécu à toutes les prophéties sur son effondrement par un singulier stratagème. Comme la bourgeoisie a dû se nier en tant que classe pour permettre l’embourgeoisement de la société, de l’ouvrier au baron. Comme le capital a dû se sacrifier en tant que rapport salarial pour s’imposer comme rapport social, devenant ainsi capital culturel et capital santé autant que capital financier. Comme le christianisme a dû se sacrifier en tant que religion pour se survivre comme structure affective, comme injonction diffuse à l’humilité, à la compassion et à l’impuissance, l’Occident s’est sacrifié en tant que civilisation particulière pour s’imposer comme culture universelle. L’opération se résume ainsi : une entité à l’agonie se sacrifie comme contenu pour se survivre en tant que forme.

L’individu en miettes se sauve en tant que forme grâce aux technologies « spirituelles » du coaching. Le patriarcat, en chargeant les femmes de tous les pénibles attributs du mâle : volonté, contrôle de soi, insensibilité. La société désintégrée, en propageant une épidémie de sociabilité et de divertissement. Ce sont ainsi toutes les grandes fictions périmées de l’Occident qui se maintiennent par des artifices qui les démentent point par point. Il n’y a pas de « choc des civilisations ». Ce qu’il y a, c’est une civilisation en état de mort clinique, sur laquelle on déploie tout un appareillage de survie artificielle, et qui répand dans l’atmosphère planétaire une pestilence caractéristique. À ce point, il n’y a pas une seule de ses « valeurs » à quoi elle arrive encore à croire en quelque façon, et toute affirmation lui fait l’effet d’un acte d’impudence, d’une provocation qu’il convient de dépecer, de déconstruire, et de ramener à l’état de doute.

L’impérialisme occidental, aujourd’hui, c’est celui du relativisme, du c’est ton « point de vue », c’est le petit regard en coin ou la protestation blessée contre tout ce qui est assez bête, assez primitif ou assez suffisant pour croire encore à quelque chose, pour affirmer quoi que ce soit. C’est ce dogmatisme du questionnement qui cligne d’un oeil complice dans toute l’intelligentsia universitaire et littéraire. Aucune critique n’est trop radicale parmi les intelligences postmodernistes, tant qu’elle enveloppe un néant de certitude. Le scandale, il y a un siècle, résidait dans toute négation un peu tapageuse, elle réside aujourd’hui dans toute affirmation qui ne tremble pas.

mercredi 26 mars 2008

" Mental oblivion "




"I felt absolutely terrified," recalls Nicky, a divorced mother-of-three, thinking back to her first experience just over a month ago.

"Paranoia set in, and I felt as if I was having a panic attack. At one point, I was simply too frightened to get out of my chair.

"I had a feeling the drug had unlocked some sort of paranoia in my head that would never go away again - I suddenly felt everyone hated me. Without doubt, that was one of the worst moments of my life."

It has been well over 20 years since Nicky first smoked cannabis, which she tried as a student.
But for this investigation she has spent the past month in Amsterdam, where she smoked around a joint of cannabis - which two years ago was downgraded from a class B to a class C drug in Britain - every day.
Controversially, she also allowed herself to be injected with pure THC (tetrahydrocannabinol), the active ingredient in cannabis.

Her aim was to discover the true effect cannabis had on her mind and body - and conversely on the millions of Britons who now smoke it regularly.

While some will question Nicky's wisdom in committing herself to such an experiment when she is a mother of three young children, there is little doubt that her experiences are both enlightening and cautionary to anyone who might think cannabis is harmless.

At one point during her investigation, scientific tests proved that, thanks to the drug, she had developed a level of psychosis well above that seen in individuals with schizophrenia.
It is estimated that 15 million people in the UK have tried cannabis, and up to 5 million smoke it on a regular basis.


In the UK, cannabis use has increased 1,000 per cent since the Seventies, and according to a recent Unicef report, the UK has the third highest rate of young people smoking cannabis in the Western world.

mardi 18 mars 2008

Christine Angot sait donner sa vie tout entière tous les jours


À Nice, le type des Telecoms en venant installer le téléphone, m'avait fait fumer de l'herbe, et il avait couché avec moi après. Ses bras étaient musclés. Quinze jours plus tôt j'avais couché dans ce lit-là avec mon père. Quinze ans plus tard, c'était un chef de village du Club Méditerrannée.(...)
C'était un grand brun avec des yeux clairs. Mais le soir dans sa véranda, j'avais été surprise, il avait une toute petite queue, toute fine, mince, comme une virgule. On le sentait à peine.

mardi 11 mars 2008

Prendre soin de la jeunesse et de Kate Moss



Dire que « les enfants ne se construisent plus, en premier lieu, en relation avec leurs parents et les autres humains qu’ils côtoient, mais face à la télévision », paraît trop simple ou convenu. Or c’est en allant de l’un à l’autre que se dessine l’arc de la réflexion de Stiegler.

Au centre de cet arc, il y a la notion d’attention. Que signifie retenir l’attention ? A quelles conditions capte-t-on l’attention d’un individu, d’un groupe social, de l’humanité entière ? Qui ou qu’est-ce qui la capte ? Une mère saisit l’attention de son enfant, un maître de son élève - mais aussi bien un livre celle de son lecteur ou de lecteurs distribués sur des générations, un écran de télévision, un SMS, un discours politique, l’objet d’un besoin, d’un désir, d’une passion, une idéologie, une culture, un événement économique, une lutte sociale, etc. L’attention concerne donc d’abord la conscience : elle est l’état de la conscience qui se concentre sur ses propres perceptions et « néantise » tous les autres temps. Mais elle est aussi le fait de la conscience collective. Et, dans les deux cas, n’est jamais séparable ni des « rétentions secondaires », c’est-à-dire du passé (d’un individu, d’un groupe, d’un peuple…), ni des « rétentions tertiaires », c’est-à-dire ce vers quoi elle peut se projeter, ses espoirs, ses attentes

Aussi, à vouloir l’analyser, est-on contraint - et c’est ce que fait Stiegler - de convoquer la philosophie, l’histoire, la psychologie, la science, l’économie, la politique, la sociologie, l’histoire de la culture, l’histoire de l’information, la technologie - car ce qui « retient l’attention » non seulement modèle l’appareil psychique de chacun mais aussi les superstructures sociales, juridiques, culturelles, en ce qu’il s’objective dans la mémoire collective, se grave sur des objets ou des techniques (la lettre, le livre, les monuments, les codes, le film, la bande magnétique, la puce informatique, etc.) et se diffuse. Etudier donc la façon dont on a « retenu » l’attention, c’est étudier les processus de formation des individus et des sociétés, et, au-delà, chercher à savoir dans quel but on l’a fait - lequel n’est évidemment pas le même selon qu’il s’agit d’un livre sacré, d’une publicité, d’une leçon universitaire ou d’une déclaration politique.

mardi 4 mars 2008

Rambo V dit Adieu à Paris




Je ne fréquente plus les bistrots. Un café sans clope, c’est trop violent. Je ne suis pas le seul puisque le président des cafetiers commence à se lamenter : « Il y a moins 20 % de clients au comptoir des bars-tabacs. Les femmes enceintes et leurs enfants, les sportifs et les personnes âgées ne sont pas encore revenus dans nos établissements. »
Imaginez qu’ils reviennent, ces clients. Accoudé au zinc, vous avalez un lait fraise entre un marmot, un lanceur de marteau et un centenaire qui se détruit au Coca : adios les brèves de comptoir, adios cher Jean Carmet, la Gauloise et le p’tit blanc, au revoir M. Doisneau, à la revoyure M. Prévert, fini les bistrots où l’on rafistolait le monde au sancerre et à la fumée. Les bistrots vont être livrés aux tristes. Adieu, Paris.