jeudi 1 mai 2008

En quelle année sommes-nous ?



Sollers est né simple et naïf : il aime la pure vertu, mais il ne prend pas pour modèle la vertu d'un autre; il connaît peu les règles de la probité, il la suit par tempérament. Lorsqu'il y a quelque loi de la morale qui ne s'accorde pas avec son sentiment, il la laisse à part et n'y pense point. S'il rencontre, la nuit, une de ces femmes qui épient les jeunes gens, Sollers souffre qu'elle l'entretienne, et marche quelque temps à côté d'elle; et, comme elle se plaint de la nécessité qui détruit toutes les vertus, et fait les opprobres du monde, il lui dit qu'après tout, la pauvreté n'est point un vice, quand on sait vivre de son industrie sans nuire à personne; et. après l'avoir exhortée à une vie meilleure, ne se trouvant point d'argent parce qu'il est toujours jeune, il lui donne sa montre, qui n'est plus à la mode, et qui est un présent de sa mère; ses camarades se moquent de lui, et tournent en ridicule sa générosité ainsi placée; mais il leur répond :
« Mes amis, vous riez de trop peu de chose. Je plains ces pauvres femmes d'être obligées de faire un tel métier pour vivre. Le monde est rempli de misères qui serrent le cœur; si on ne faisait de bien qu'à ceux qui le méritent, on n'en trouverait guère d'occasions. Il faut être humain, il faut être indulgent avec les faibles, qui ont besoin plus de support que les bons; le désordre des malheureux est toujours le crime de la dureté des riches."

 

lundi 28 avril 2008

" Ensemble, c'est tout "



Alors c'est une connerie l'amour ? C'est ça ? Ça ne marche jamais ?
- Si ça marche. Mais il faut se battre...
- Se battre comment ?
- Se battre un petit peu. Un petit peu chaque jour, avoir le courage d'être soi-même, décider d'être heur...
- Oh ! comme c'est beau ce que vous dites là ! On dirait du Philippe Sollers...
- Moque-toi, moque-toi...
- Être soi-même, ça veut dire planter sa femme et ses gosses ?
- Qui parle de planter ses gosses ?
- Oh ! Arrêtez. Vous comprenez bien ce que je veux dire...
- Non.
Je m'étais remise à fumer.
- Allez ! partez maintenant. Laissez-moi. Je n'en peux plus de vos bons sentiments. Je n'en peux plus. Vous me gavez monsieur l'Ecorché vif, vous me gavez...
- J'y vais, j'y vais. Demandé si gentiment...
Au moment de sortir de la pièce, il a dit
- Une dernière cigarette, je peux ?
Je ne voulais pas.


vendredi 25 avril 2008

Erik Satie fume




Mon médecin m'a toujours dit de fumer. Il ajoute à ses conseils : « Fumez, mon ami : sans cela, Sollers fumera à votre place. »

lundi 21 avril 2008

samedi 19 avril 2008

Jean-Paul-Adam Mocky le précoce fume




Le lieutenant-colonel Mokiejewski, mon père, m'a laissé grandir sous le signe de la précocité.




J'ai trouvé un garage abandonné, il y avait un tas de sable à l'intérieur, un bon coussin pour la baise. Ah non, pas Florence, Odile. Odile, elle, était vierge, et pour respecter sa virginité je l'ai enculée dans un blockhaus bien peinard. Un jour, je découvre deux Allemands morts qui pétaient tout seuls. Leurs ventres étaient gonflés comme des ballons et leur cul exhalait. Des résistants de Grasse les avaient planqués là.
À la Libération, j'ai fait du trafic de cigarettes avec des Blacks de l'US Army. Les blockhaus étaient ma cache pour les Camel. J'allais pas dans la morgue des Chleuhs mais dans les blocs d'à côté. Les cibiches, ça suffisait pas pour nourrir le gland. Musique !




lundi 14 avril 2008

« Le mauvais goût conduit au crime »




Dans l’Évangile apocryphe de Philippe , on trouve cette phrase : “ Tant que sa racine est cachée, le mal est fort.

vendredi 11 avril 2008

No logo





S’ils se vantent, je les abaisse.
S’ils s’abaissent, je les vante.
Et les contredis toujours Jusqu'à ce qu'ils comprennent
Qu'ils sont des monstres incompréhensibles.

dimanche 6 avril 2008

« Strictement confidentiel »





PSA Peugeot-Citroën reconnaît aujourd’hui avoir reçu 550 000 euros de la « caisse de secours mutuel » de l'UIMM (patronat de la métallurgie) à l'issue d'une grève de six semaines en 2007 dans son usine d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), confirmant une information de L'Express.

L'Union des industries et métiers de la métallurgie avait indiqué le 20 mars que sa « caisse de secours mutuel », baptisée Epim et valorisée environ 600 millions d'euros, avait profité à « deux ou trois entreprises en 2007 », à hauteur de 574 000 euros. La justice enquête sur la destination de 19 millions d'euros, retirés en liquide de la caisse Epim entre 2000 et 2007 et pour lesquels l'ancien président de l'UIMM, Denis Gautier-Sauvagnac, refuse de donner le nom des bénéficiaires.

Un porte-parole du groupe automobile déclare qu'« il y a bien eu un versement de 550 000 euros, par chèque, en ligne avec l'action de notre syndicat professionnel et en toute transparence », puisque la somme figure dans les comptes 2007 de PSA. A la suite du mouvement à Aulnay, du 28 février au 10 avril 2007, « nous avons fait une demande écrite à l'UIMM pour obtenir une aide financière de solidarité compte tenu de l'impact économique de la grève, et l'UIMM y a répondu favorablement », a-t-il relaté.

Dans son édition du 27 mars, L'Express affirmait, sans citer sa source, que l'usine d'Aulnay « a perçu de l'Epim un dédommagement de 550.000 euros ». Le directeur des relations humaines du site « a reconnu avoir versé sa cotisation de 50.000 euros pratiquement au même moment », poursuivait l'hebdomadaire. PSA a confirmé à l'AFP avoir versé une cotisation, sans en préciser le montant ni le moment.

Le principe de la caisse est prévu par le Code du Travail, selon lequel « les syndicats professionnels peuvent constituer entre leurs membres des caisses spéciales de secours mutuels et de retraites ». Lundi dans un communiqué, la CGT de PSA a estimé que le groupe, « qui s’est longtemps illustré par les entraves au droit de grève, la discrimination syndicale et le soutien à un syndicalisme-maison, n’a pas renoncé à ses anciennes méthodes » pour « casser » les grèves. Pour la CGT, qui « exige la transparence et l’arrêt de ces méthodes antisyndicales d’un autre temps », « la coupe est pleine ».


vendredi 4 avril 2008

« In God We Trust »






Le mouvement infini, le point qui remplit tout, le mouvement est repos. Infini sans quantité, indivisible et infini.

mardi 1 avril 2008

À quoi pense le monde ?




L'homme est visiblement fait pour penser, c'est toute sa dignité et tout son mérite; et tout son devoir est de penser comme il faut. Or, l'ordre de la pensée est de commencer par soi, et par son auteur et sa fin.
Or, à quoi pense le monde ? Jamais à cela ; mais à danser, à jouer du luth, à chanter, à faire des vers, à courir la bague, à fumer dans la véranda, etc., à se battre, à se faire roi, sans penser à ce que c'est qu'être roi, et qu'être homme.

lundi 31 mars 2008

Loly fume à l'infini




Simone de Beauvoir est déjà une poupée oldschool auprès de Loly, autre robot sexuel de la firme First Androids, basée à Nuremberg. Défiez-vous de son petit 1,27 mètre : Loly est plus harassante que la machine sur laquelle Charlot Sartre s’échine dans « les temps modernes ». Innombrables sont ses options, de sa tête interchangeable au diamètre de ses aréoles. Elle coûte 7 460 euros. Vu son prix et l'évolution du pouvoir d'achat, on peut aussi se contenter d'un simple torso (tronc humain sexué et motorisé). Dans sa version intégrale, Loly respire par le nez et, comble de transgression, peut exhaler la fumée d'une cigarette. Elle s'enorgueillit d'un système de fellation au « mouvement variable à l'infini » - c'est bien le moins. Son vagin a un système de « lubrification par capteur ». Ses yeux sont mobiles et elle vous voit grâce à un système de logiciels de reconnaissance et de mémorisation de formes, assurent ses créateurs. First Androids propose aussi un robot sexuel masculin. Il s'appelle Naxollers et mesure 1,92 mètre. « Ses bourses sont remplies d'un liquide dont la texture est proche de la semence, et l'élasticité de l'élastomère silicone permet un étirement de 200%. » Hélas ! les hommes ne sont plus ce qu'ils étaient : Naxollers est aussi incapable de lire une carte routière que Loly de faire la cuisine, mais ils fument.

dimanche 30 mars 2008

F.S. ou M.H. ?


Je me rends compte que je fume de plus en plus; je dois en être au moins à quatre paquets par jour. Fumer des cigarettes, c'est devenu la seule part de véritable liberté dans mon existence. La seule action à laquelle j'adhère pleinement, de tout mon être. Mon seul projet.

samedi 29 mars 2008

Dédé Glucksmann et le Wei Wu Wei





Dans la voie du "poignard de Wu hao", un KGB mao fabrique une "scission".

Cette thèse, très vaguement proche de certaines réalités a été probablement soufflée aux "journalistes" par leurs amis R.G, ou des gens comme André Glucksmann, qui s'était rapprochés de "La Cause du Peuple" sous les sunlights de la "gloire", au moment du combat, prestigieux, des militants emprisonnés luttant pour le statut politique. Certains (véritables) intellectuels, artistes et créateurs se sont alors réellement engagés (Sartre, jusque sur son tonneau de Billancourt, Jean-Luc Godard, Jean Cardonnel, Jane Fonda, et surtout le gaullo-maoiste chrétien Maurice Clavel, liste non limitative... et pas sollers). Ceux-là ont pris de vrais risques. Ils ont contribué à briser les cercles de la calomnie et de la haine autour de nous, et, plus généralement, des usines.Mais la plupart des autres rechignent à l'idée d'aller se "salir les mains" et se "prolétariser", à la base... Alors, pour eux, l'apparition d'une sorte de "KGB mao", ou plutôt d'une force obscure et redoutable dans la tradition du "poignard de Wu hao" (Zhou Enlaï), en charge de contre-manipulations sophistiquées et de l'éradication d'infiltrés, commence à faire sérieux. Il est temps de mettre les voiles. Ciao Glucksmann, bon vent...
Même pas besoin de te virer de la véranda, Dédé : c'est l' "agir par le non agir", le "weï wu weï" du Taoisme, principe du bidet autovideur cher aux plombiers que nous sommes.


vendredi 28 mars 2008

Tommy Udo fume





Lors de son passage à la Véranda en 1995, il jetait un regard lucide et désabusé sur le cinéma américain : " l'idiotie est une valeur positive, Forrest Gump, c'est l'éloge de la bêtise, et c'est un triomphe. C'est très triste et assez effrayant ".

jeudi 27 mars 2008

Lolo Parisot, la Patronne des Patrons ne tremble pas




L’Occident, aujourd’hui, c’est un GI qui fonce sur Falloudja à bord d’un char Abraham M1 en écoutant du hard rock à plein tube. C’est un touriste perdu au milieu des plaines de la Mongolie, moqué de tous et qui serre sa Carte Bleue comme son unique planche de salut. C’est un manager qui ne jure que par le jeu de go. C’est une jeune fille qui cherche son bonheur parmi les fringues, les mecs et les crèmes hydratantes. C’est un militant suisse des droits de l’homme qui se rend aux quatre coins de la planète, solidaire de toutes les révoltes pourvu qu’elles soient défaites. C’est un Espagnol qui se fout pas mal de la liberté politique depuis qu’on lui a garanti la liberté sexuelle. C’est un amateur d’art qui offre à l’admiration médusée, et comme dernière expression de génie moderne, un siècle d’artistes qui, du surréalisme à l’actionisme viennois, rivalisent du crachat le mieux ajusté à la face de la civilisation. C’est enfin un cybernéticien qui a trouvé dans le bouddhisme une théorie réaliste de la conscience et un physicien des particules qui est allé chercher dans la métaphysique hindouiste l’inspiration de ses dernières trouvailles.

L’Occident, c’est cette civilisation qui a survécu à toutes les prophéties sur son effondrement par un singulier stratagème. Comme la bourgeoisie a dû se nier en tant que classe pour permettre l’embourgeoisement de la société, de l’ouvrier au baron. Comme le capital a dû se sacrifier en tant que rapport salarial pour s’imposer comme rapport social, devenant ainsi capital culturel et capital santé autant que capital financier. Comme le christianisme a dû se sacrifier en tant que religion pour se survivre comme structure affective, comme injonction diffuse à l’humilité, à la compassion et à l’impuissance, l’Occident s’est sacrifié en tant que civilisation particulière pour s’imposer comme culture universelle. L’opération se résume ainsi : une entité à l’agonie se sacrifie comme contenu pour se survivre en tant que forme.

L’individu en miettes se sauve en tant que forme grâce aux technologies « spirituelles » du coaching. Le patriarcat, en chargeant les femmes de tous les pénibles attributs du mâle : volonté, contrôle de soi, insensibilité. La société désintégrée, en propageant une épidémie de sociabilité et de divertissement. Ce sont ainsi toutes les grandes fictions périmées de l’Occident qui se maintiennent par des artifices qui les démentent point par point. Il n’y a pas de « choc des civilisations ». Ce qu’il y a, c’est une civilisation en état de mort clinique, sur laquelle on déploie tout un appareillage de survie artificielle, et qui répand dans l’atmosphère planétaire une pestilence caractéristique. À ce point, il n’y a pas une seule de ses « valeurs » à quoi elle arrive encore à croire en quelque façon, et toute affirmation lui fait l’effet d’un acte d’impudence, d’une provocation qu’il convient de dépecer, de déconstruire, et de ramener à l’état de doute.

L’impérialisme occidental, aujourd’hui, c’est celui du relativisme, du c’est ton « point de vue », c’est le petit regard en coin ou la protestation blessée contre tout ce qui est assez bête, assez primitif ou assez suffisant pour croire encore à quelque chose, pour affirmer quoi que ce soit. C’est ce dogmatisme du questionnement qui cligne d’un oeil complice dans toute l’intelligentsia universitaire et littéraire. Aucune critique n’est trop radicale parmi les intelligences postmodernistes, tant qu’elle enveloppe un néant de certitude. Le scandale, il y a un siècle, résidait dans toute négation un peu tapageuse, elle réside aujourd’hui dans toute affirmation qui ne tremble pas.

mercredi 26 mars 2008

" Mental oblivion "




"I felt absolutely terrified," recalls Nicky, a divorced mother-of-three, thinking back to her first experience just over a month ago.

"Paranoia set in, and I felt as if I was having a panic attack. At one point, I was simply too frightened to get out of my chair.

"I had a feeling the drug had unlocked some sort of paranoia in my head that would never go away again - I suddenly felt everyone hated me. Without doubt, that was one of the worst moments of my life."

It has been well over 20 years since Nicky first smoked cannabis, which she tried as a student.
But for this investigation she has spent the past month in Amsterdam, where she smoked around a joint of cannabis - which two years ago was downgraded from a class B to a class C drug in Britain - every day.
Controversially, she also allowed herself to be injected with pure THC (tetrahydrocannabinol), the active ingredient in cannabis.

Her aim was to discover the true effect cannabis had on her mind and body - and conversely on the millions of Britons who now smoke it regularly.

While some will question Nicky's wisdom in committing herself to such an experiment when she is a mother of three young children, there is little doubt that her experiences are both enlightening and cautionary to anyone who might think cannabis is harmless.

At one point during her investigation, scientific tests proved that, thanks to the drug, she had developed a level of psychosis well above that seen in individuals with schizophrenia.
It is estimated that 15 million people in the UK have tried cannabis, and up to 5 million smoke it on a regular basis.


In the UK, cannabis use has increased 1,000 per cent since the Seventies, and according to a recent Unicef report, the UK has the third highest rate of young people smoking cannabis in the Western world.

mardi 18 mars 2008

Christine Angot sait donner sa vie tout entière tous les jours


À Nice, le type des Telecoms en venant installer le téléphone, m'avait fait fumer de l'herbe, et il avait couché avec moi après. Ses bras étaient musclés. Quinze jours plus tôt j'avais couché dans ce lit-là avec mon père. Quinze ans plus tard, c'était un chef de village du Club Méditerrannée.(...)
C'était un grand brun avec des yeux clairs. Mais le soir dans sa véranda, j'avais été surprise, il avait une toute petite queue, toute fine, mince, comme une virgule. On le sentait à peine.

mardi 11 mars 2008

Prendre soin de la jeunesse et de Kate Moss



Dire que « les enfants ne se construisent plus, en premier lieu, en relation avec leurs parents et les autres humains qu’ils côtoient, mais face à la télévision », paraît trop simple ou convenu. Or c’est en allant de l’un à l’autre que se dessine l’arc de la réflexion de Stiegler.

Au centre de cet arc, il y a la notion d’attention. Que signifie retenir l’attention ? A quelles conditions capte-t-on l’attention d’un individu, d’un groupe social, de l’humanité entière ? Qui ou qu’est-ce qui la capte ? Une mère saisit l’attention de son enfant, un maître de son élève - mais aussi bien un livre celle de son lecteur ou de lecteurs distribués sur des générations, un écran de télévision, un SMS, un discours politique, l’objet d’un besoin, d’un désir, d’une passion, une idéologie, une culture, un événement économique, une lutte sociale, etc. L’attention concerne donc d’abord la conscience : elle est l’état de la conscience qui se concentre sur ses propres perceptions et « néantise » tous les autres temps. Mais elle est aussi le fait de la conscience collective. Et, dans les deux cas, n’est jamais séparable ni des « rétentions secondaires », c’est-à-dire du passé (d’un individu, d’un groupe, d’un peuple…), ni des « rétentions tertiaires », c’est-à-dire ce vers quoi elle peut se projeter, ses espoirs, ses attentes

Aussi, à vouloir l’analyser, est-on contraint - et c’est ce que fait Stiegler - de convoquer la philosophie, l’histoire, la psychologie, la science, l’économie, la politique, la sociologie, l’histoire de la culture, l’histoire de l’information, la technologie - car ce qui « retient l’attention » non seulement modèle l’appareil psychique de chacun mais aussi les superstructures sociales, juridiques, culturelles, en ce qu’il s’objective dans la mémoire collective, se grave sur des objets ou des techniques (la lettre, le livre, les monuments, les codes, le film, la bande magnétique, la puce informatique, etc.) et se diffuse. Etudier donc la façon dont on a « retenu » l’attention, c’est étudier les processus de formation des individus et des sociétés, et, au-delà, chercher à savoir dans quel but on l’a fait - lequel n’est évidemment pas le même selon qu’il s’agit d’un livre sacré, d’une publicité, d’une leçon universitaire ou d’une déclaration politique.

mardi 4 mars 2008

Rambo V dit Adieu à Paris




Je ne fréquente plus les bistrots. Un café sans clope, c’est trop violent. Je ne suis pas le seul puisque le président des cafetiers commence à se lamenter : « Il y a moins 20 % de clients au comptoir des bars-tabacs. Les femmes enceintes et leurs enfants, les sportifs et les personnes âgées ne sont pas encore revenus dans nos établissements. »
Imaginez qu’ils reviennent, ces clients. Accoudé au zinc, vous avalez un lait fraise entre un marmot, un lanceur de marteau et un centenaire qui se détruit au Coca : adios les brèves de comptoir, adios cher Jean Carmet, la Gauloise et le p’tit blanc, au revoir M. Doisneau, à la revoyure M. Prévert, fini les bistrots où l’on rafistolait le monde au sancerre et à la fumée. Les bistrots vont être livrés aux tristes. Adieu, Paris.

vendredi 29 février 2008

Deixei de fumar




« Je suis vraiment heureux d'atteindre 80 ans. Je ne m'y attendais pas, pas plus que d'avoir un voisin - la plus grande puissance mondiale - qui essaie chaque jour de me tuer », déclarait Fidel Castro le 21 juillet 2006 lors d'un sommet des présidents d'Amérique latine.

Le "Lider Maximo" aurait en effet été la cible de plus 600 tentatives d'assassinat, plus ou moins farfelues, la plupart fomentées par la CIA. Ainsi, un rapport spécial du Sénat américain, en 1975, révèle que les services secrets ont envisagé, un temps, de verser dans ses chaussures un produit chimique qui déclencherait la chute de sa barbe, ce qui aurait grandement entamé son charisme. Parmi les autres subterfuges envisagés : lui faire livrer des cigares empoisonnés dans sa véranda, ou placer un coquillage bourré d'explosifs sur son lieu de plongée habituel.

lundi 25 février 2008

La passion Smirting



Pour mieux annoncer la couleur, des jolis cœurs ont collé des autocollants « Love can begin here » sur le feu arrière des fameuses bicyclettes grises. Autre prétexte, l'interdiction de fumer, qui s'est aussi révélée être une aubaine pour ces amoureux en mal de spontanéité, avec une nouvelle tendance baptisée « smirting », contraction de smoking et de flirting, et venue d'Irlande, premier pays européen à avoir interdit la cigarette dans les pubs et les restaurants. « Se retrouver à fumer sur le trottoir, c'est idéal pour séduire en toute légèreté », assure Maurice Ravel, un trader de 28 ans. « Il suffit d'avoir "oublié" son briquet au bureau pour établir le contact et, si ce n'est pas la passion, on retourne naturellement travailler une fois sa cigarette terminée. » Du coup de foudre cycliste à la drague en volutes, nos trois bonnes raisons de renouer avec l'art de la séduction.

jeudi 21 février 2008

"J'appartiens à ce paysage de collines"



Mêlant subtilement empathie et distance critique, recourant autant à la documentation qu'à l'interprétation, Irene Heidelberger-Leonard, par ailleurs éditrice allemande des oeuvres complètes de Jean Améry, redonne d'abord une physionomie aux "quarante-cinq kilos de vie réchappée en pyjama rayé" qui s'étaient établis à Bruxelles. Petit homme frêle, une inévitable Gauloise à la main et le regard concentré sous d'épaisses paupières, Améry sort de l'ombre, tels "Mozart et Voltaire", mélange d'obscurité et de lumière, union de la grâce et du démoniaque. Mais le travail patient et pionnier de la biographe - ses entretiens avec les témoins encore vivants (amis d'enfance et compagnons d'exil), sa quête minutieuse d'archives souvent inédites, son exploration de milliers d'articles de presse écrits pour survivre - restitue également à cette "vie âpre et sombre d'écriture" un arrière-plan historique, sociologique et culturel.

De son vrai nom Hans Mayer, Jean Améry est né le 31 octobre 1912, à Vienne, dans une famille de la petite bourgeoise ; il perd très tôt son père à la guerre. Ce n'est sans doute pas un hasard si l'une des premières évocations de la figure de Jean Améry se trouve dans une oeuvre de fiction écrite par Ingeborg Bachmann, elle-même autrichienne hors d'Autriche. Lecteur insatiable, Jean Améry avait toujours rêvé de devenir écrivain, et n'aura finalement eu le droit que d'être "le déporté professionnel", "le juif souffrant de la souffrance juive". Une première fois meurtri par les jugements condescendants portés sur son roman Lefeu ou la démolition, il est littéralement anéanti par l'échec de son Charles Bovary : "Si Bovary se plante, je saurai ce qu'il me reste à faire." Le 17 octobre 1978, Jean Améry, qui n'avait jamais voulu retourner s'établir dans son pays, se donne la mort dans une véranda d'hôtel de Salzbourg. Quelques mois auparavant, il avait écrit à Ernst Maier, son ami d'enfance : "J'appartiens à ce paysage de collines."

Un Hans Mayer finalement enfantin et jouisseur à ses heures, amoureux des femmes et de Paris, dont l'âpreté de la vie éclaire l'intransigeance de l'oeuvre, et inversement. Un Jean Améry, dont il faut relire les essais limpides et découvrir la fiction expérimentale. Quelqu'un qui éblouit dans le noir, par sa négativité et sa force de démolition, son front bosselé "à force de se cogner aux limites", comme le dirait Ludwig Wittgenstein.

samedi 16 février 2008

Ni pipe, ni cigare



Quand jouez-vous le mieux ?
Après avoir bu.
Fumez-vous beaucoup ?
Non, je fume très peu, et jamais de cigare. Ni de pipe.
Aimez-vous aller au théâtre ?
Oh, non ! Je n'aime pas sortir. Mais s'il y a une pièce de théâtre à la télévision, je la regarde.
Allez-vous au cirque ?
Je n'y suis pas allé depuis longtemps. Ça me plaisait beaucoup quand j'étais gosse : j'adorais les clowns. Je ne sais pas si maintenant cela m'amuserait encore -- c'est toujours la même connerie.
Lisez-vous ce que l'on appelle des bandes dessinées ?
Les comics ? Pas mal, mais je ne les lis pas vraiment.
Mangez-vous plutôt au restaurant, ou chez vous ?
Les deux.
Préférez-vous jouer ou dormir ?
J'aime les deux. L'idéal serait de dormir et jouer en même temps, mais c'est impossible.
Vous aimiez les filles quand vous étiez gosse ?
Comme tous les gosses.
Y a-t-il un endroit où vous aimeriez vivre ?
C'est toujours New York que j'adore ! C'est là que je suis allé à l'école; c'est là que j'ai grandi. Rien ne m'a jamais autant plu que New York. Mais, ici aussi, il faut beaucoup d'argent pour vivre. Il y a de tout à New York, des gens de tous les pays, de toutes racines. Ici, je sens les choses différemment. Toute leur vie, beaucoup de gens ne rêvent que de voyages ; moi, je ne suis pas comme ça. C'est ici dans ma véranda que je veux rester. Toujours.
Où habitez-vous exactement dans New York ?
Vers la Soixantième Rue Ouest...dans une véranda.


jeudi 14 février 2008

St.V.




L'erreur la plus manifeste me semble l'analyse de l'énamoration qu'il fait partir d'une décision arbitraire, tombée du ciel, de " l'avance de l'amant " entièrement gratuite et que rien ne semble justifier, pour découvrir à la fin qu'il tirait à son insu toute son assurance de l'autre, de façon encore plus mystérieuse et absolue. En fait, les choses se passent tout autrement, par petits pas, rapprochements progressifs, encouragements mutuels avant l'emballement final dans la véranda qui n'est dès lors plus du tout arbitraire, même s'il reste contingent et s'il est même toujours très improbable d'en réunir les conditions. Plutôt que moments logiques paradoxaux et bien séparés, on a donc une boucle de rétroaction positive, un ajustement mutuel, ce qui sauve la possibilité d'une véritable réciprocité où chacun est reconnaissant des avances de l'autre. Nous ne sommes pas condamnés à l'amour malheureux qui est un amour fou, d'aimer qui ne nous aime pas.


mardi 12 février 2008

V



Ne croyez surtout pas que je fume toute la journée ! Je suis bien trop tempérant pour cela. Il s'agit en réalité de faux cigares : ils sont creux et remplis de cognac à l'intérieur...

dimanche 10 février 2008

le COGITO n'a pas de sexe




Quel est le texte de Descartes qui vous a le plus marqué ?

Voici mon passage préféré, extrait de son Discours de la méthode :
" Mais, ayant appris, dès le collège, qu'on ne saurait rien imaginer de si étrange et si peu croyable, qu'il n'ait été dit par quelqu'un des philosophes ; et depuis, en voyageant, ayant reconnu que tous ceux qui ont des sentiments fort contraires aux nôtres ne sont pas pour cela barbares ni sauvages, mais que plusieurs usent, autant ou plus que nous de raison ; et ayant considéré combien un même homme, avec son même esprit, étant nourri dès son enfance entre des Français ou des Allemands, devient différent de ce qu'il serait s'il avait toujours vécu entre des Chinois ou des cannibales ; et comment, jusques aux modes de nos habits, la même chose qui nous a plu il y a dix ans, et qui nous plaira peut-être encore avant dix ans, nous semble maintenant extravagante et ridicule ; en sorte que c'est bien plus la coutume et l'exemple qui nous persuadent qu'aucune connaissance certaine, et que néanmoins la pluralité des voix n'est pas une preuve qui vaille rien pour les vérités un peu malaisées à découvrir, à cause qu'il est bien plus vraisemblable qu'un homme seul les ait rencontrées que tout un peuple, je ne pouvais choisir personne dont les opinions me semblassent devoir être préférées à celles des autres, et je me trouvai comme contraint d'entreprendre moi-même de me conduire."

Cette expérience cartésienne du caractère contingent de notre propre position est un premier pas. Pour un philosophe, les origines ethniques ne sont tout simplement pas une catégorie de la vérité, ou, pour le dire dans les termes kantiens, lorsque nous nous penchons sur ces origines, nous nous engageons dans un usage privé de la raison, limité par des présuppositions dogmatiques contingentes. Nous agissons comme des individus "immatures", et non comme des êtres humains libres évoluant dans la dimension de l'universalité de la raison. Nous pouvons aimer nos origines, en être fiers, sentir nos coeurs se réchauffer en revenant chez nous - mais nous devrions agir comme saint Paul qui, tout en étant fier de son identité particulière (juif et citoyen romain), était conscient que, dans le véritable espace de la Vérité chrétienne, "il n'y a ni Juif, ni Grec".
Pour la même raison, les femmes étaient des lectrices passionnées de Descartes parce que, comme l'une d'entre elles le formula, le cogito n'a pas de sexe.

mercredi 6 février 2008

Cendres II



Par la bouche du prophète, Dieu invite son peuple à “ faire demi-tour ”. Tel est le sens premier de l’expression “ se convertir ”. Se détourner d’un chemin qui mène à la perte pour s’engager sur le chemin qui mène au salut. Dieu attend du croyant plus que de belles paroles, il veut une conversion du cœur. Rappelons-nous qu’en langage biblique, le cœur est l’organe de la volonté. Le prophète s’inspire d’un passage du livre de l’Exode quand Dieu se présente à Moïse : “ Yahvé, le Seigneur, Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de fidélité. ” (Ex 34, 5-6) Dieu révèle sa vraie nature. Le prophète appelle le peuple à répondre à l’amour prévenant de Dieu et à se tourner vers lui pour obtenir le pardon de ses fautes. Il croit en l’efficacité d’une prière sincère. Dieu se laissera fléchir et prendra pitié de son peuple qui ne fume plus !



lundi 4 février 2008

vendredi 1 février 2008

Nouvelle sous cocaïne




Les policiers ont surpris l'écrivain et journaliste, âgé de 42 ans, en train de «sniffer» de la cocaïne sur le capot d'une voiture (propre ?) mardi peu après 3 heures. Lorsque l'auteur de 99 Francs a aperçu les policiers, lui et son camarade Sollers (l'auteur de H) ont pris la fuite en direction de La Véranda de Nietzsche avant d'être rapidement rattrapés par les forces de l'ordre.